Texte de présentation
Sous le règne de Louis XIV, les Barbaresques capturent et réduisent en esclavage des chrétiens. Les membres de deux familles sont ainsi enlevés en Provence, celle d'un noble ayant ses entrées à la cour et celle plus modeste d'un paysan.Leurs destins seront différents, déterminés par le statut et la personnalité de ceux qui les ont achetés et par les rapports diplomatiques tumultueux et belliqueux du pouvoir royal de Louis XIV avec la régence turque d'Alger.
Dans ce contexte, l'accent est mis sur un double rachat, celui matériel des esclaves, en particulier par l'ordre religieux de La Merci, et la volonté par un personnage de racheter spirituellement la faute de son père, qui a réduit en esclavage sa mère.
Ce roman est aussi l'occasion d'aborder la vie politique et intellectuelle de la cour de Louis XIV et de découvrir entre autres l'influence des jansénistes, de Bossuet et de Racine.
📕 Lire un extrait de ce roman.
Caractéristiques techniques
Livre papier
Éditeur : L'HarmattanDate de parution : mars 2026
Couverture : brochée
Format : 15,5 cm x 24 cm
Pagination : 326 pages
ISBN : 978-2-3365-9886-4
Livre numérique
Éditeur : L'HarmattanFormat : Amazon : Kindle –– Decitre : PDF –– ePagine : PDF –– Numilog : PDF

Dans "Le Rachat", Gabriel et Françoise Pochon nous livrent un ouvrage très agréable à lire, d’une grande tenue littéraire et historique qui capte l’attention du lecteur dès les premières pages et ne la relâche à aucun moment.
RépondreSupprimerL’essentiel de ce roman est consacré à la mise en esclavage des chrétiens capturés par les corsaires barbaresques sous le règne de Louis XIV.
Les auteurs décrivent avec une remarquable exactitude les conditions de captivité, la violence des razzias, ainsi que les mécanismes complexes du rachat des captifs Chrétiens par l’Ordre religieux "La Merci" dont c’était la mission en terre Africaine.
La rigueur historique y est manifeste. Les faits sont étayés, replacés dans leur contexte politique, religieux, diplomatique, et n’entravent en aucune façon le souffle narratif. Bien au contraire, Gabriel et Françoise Pochon adoptent un style vivant, incarné, qui donne chair aux destins individuels et maintient en permanence notre curiosité.
Le récit avance avec fluidité, mêlant analyse, description et narration dans un équilibre maîtrisé qui confère à l’ensemble une grande force évocatrice, avec d’autant plus de réalisme que ses auteurs connaissent parfaitement les us et coutumes Nord-africaines. Et pour cause, Françoise Pochon a participé, avec Marc Bedjaï, à l’édition de livres sur l’Algerie, quant à Gabriel Pochon, né à Oran, il a fait une partie de ses études à Sidi Bel Abbés.
L’ouvrage a également pour mérite de ne point tomber dans une vision univoque de l’histoire. Ainsi y est il, avec justesse, rappellé qu’à la même époque où des Français étaient réduits en esclavage des négriers français convoyaient, dans des conditions inhumaines, des hommes et des femmes arrachés à l’Afrique noire vers l’hémisphère américain.
Ce parallèle, discrètement mais fermement établi, invite à une réflexion lucide sur l’universalité de la violence et de l’exploitation humaines.
Dès lors, l’ouvrage conduit-il le lecteur à méditer, à être confronté à des interrogations d’ordre philosophique, faisant écho à la pensée d’Hannah Arendt sur la banalité du mal et la capacité ordinaire des hommes à commettre l’injustice. Le Rachat n’assène pas de jugement , il éclaire, questionne et nous laisse, à nous lecteurs, toute la responsabilité de tirer nos propres conclusions.
J’encourage vivement à lire cet excellent ouvrage dont la qualité de l’écriture, la précision de la documentation et la profondeur de la réflexion ont fait mon admiration.