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jeudi 2 janvier 2014

Le grand Coeur

Le grand Coeur
Auteur : Jean-Christophe Rufin

Texte de présentation

Dans la chaleur d'une île grecque, un homme se cache pour échapper à ses poursuivants. Il évoque sa vie hors du commun et tente de démêler l'écheveau de son destin.
Fils d'un modeste pelletier, il est devenu l'homme le plus riche de France. Il a permis à Charles VII de terminer la guerre de Cent Ans. Il a changé le regard sur l'Orient. Avec lui, l'Europe est passée du temps des croisades à celui de l'échange. Comme son palais à Bourges, château médiéval d'un côté et palais Renaissance de l'autre, c'est un être à deux faces. Aussi familier des rois et du pape que des plus humbles maisons, il a voyagé à travers tout le monde connu.
Au faîte de sa gloire, il a vécu la chute, le dénuement, la torture avant de retrouver la liberté et la fortune.
Parmi tous les attachements de sa vie, le plus bouleversant fut celui qui le lia à Agnès Sorel, la Dame de Beauté, première favorite royale de l'Histoire de France, disparue à 28 ans.
Son nom est Jacques Coeur.
Il faut tout oublier de ce que l'on sait sur le Moyen Âge et plonger dans la fraîcheur de ce livre. Il a la puissance d'un roman picaresque, la précision d'une biographie et le charme mélancolique des confessions.

Prix du roman historique Les rendez-vous de l'histoire 2012.
Prix littéraire Jacques-Audiberti 2012.


En complément


Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : Folio
Date de parution : janvier 2014
Couverture : brochée
Format : 10,8 cm x 17,8 cm
Pagination : 592 pages
ISBN : 978-2-0704-5615-4

Livre numérique

Éditeur : Gallimard
Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub ou PDF –– ePagine : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub ou PDF

1 commentaire:

  1. J'ai lu ce livre avec une émotion particulière : ayant vécu à Bourges, j'ai
    arpenté les couloirs du palais Jacques-Cœur, ce chef-d'œuvre gothique
    tardif bâti entre 1443 et 1453 pour cent mille écus d'or, et dont les
    pierres semblent encore murmurer la démesure de son commanditaire. Rufin
    choisit un dispositif narratif audacieux : c'est Jacques Cœur lui-même qui,
    réfugié sur l'île de Chios en 1456, reconstitue le fil vertigineux de son
    existence. Fils d'un pelletier de Bourges, il devient grand argentier de
    Charles VII en 1439, finance la reconquête de la Normandie en avançant deux
    cent mille écus, négocie en personne la reddition de Cherbourg le 12 août
    1450 — mettant ainsi fin à la Guerre de Cent Ans —, et se retrouve pourtant
    jeté à bas en juillet 1451, accusé de lèse-majesté par ceux-là mêmes qu'il
    avait enrichis. Rufin restitue avec une précision biographique remarquable
    cette trajectoire foudroyante, depuis les bureaux de change de Bourges
    jusqu'aux épices de Damas, des mines d'argent du Beaujolais jusqu'aux
    galères de la Méditerranée.

    Là où le roman transcende la simple reconstitution historique, c'est dans
    sa manière de traiter la figure d'Agnès Sorel, la Dame de Beauté, morte en
    février 1450 dans des circonstances troubles. Rufin fait de ce lien, à la
    fois amical, politique et peut-être plus intime, le cœur mélancolique du
    récit. Avec sa fidèle épouse Macée de Léodepart à ses côtés, Jacques Cœur
    apparaît comme un homme à deux visages, exactement comme son palais :
    médiéval d'un côté, déjà Renaissance de l'autre. On pense inévitablement au
    Gil Blas de Lesage pour la veine picaresque, ou aux grandes fresques de
    Balzac — qui rendit lui-même hommage à Jacques Cœur dans Splendeurs et
    misères des courtisanes — pour la peinture impitoyable des rapports entre
    argent et pouvoir. Rufin réussit le tour de force d'écrire une confession
    qui a la puissance d'un roman d'aventures, la rigueur d'une biographie et
    la grâce mélancolique des grandes fins de vie. Un livre qui mérite
    amplement le détour.

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