Texte de présentation
Dans la chaleur d'une île grecque, un homme se cache pour échapper à ses poursuivants. Il évoque sa vie hors du commun et tente de démêler l'écheveau de son destin.Fils d'un modeste pelletier, il est devenu l'homme le plus riche de France. Il a permis à Charles VII de terminer la guerre de Cent Ans. Il a changé le regard sur l'Orient. Avec lui, l'Europe est passée du temps des croisades à celui de l'échange. Comme son palais à Bourges, château médiéval d'un côté et palais Renaissance de l'autre, c'est un être à deux faces. Aussi familier des rois et du pape que des plus humbles maisons, il a voyagé à travers tout le monde connu.
Au faîte de sa gloire, il a vécu la chute, le dénuement, la torture avant de retrouver la liberté et la fortune.
Parmi tous les attachements de sa vie, le plus bouleversant fut celui qui le lia à Agnès Sorel, la Dame de Beauté, première favorite royale de l'Histoire de France, disparue à 28 ans.
Son nom est Jacques Coeur.
Il faut tout oublier de ce que l'on sait sur le Moyen Âge et plonger dans la fraîcheur de ce livre. Il a la puissance d'un roman picaresque, la précision d'une biographie et le charme mélancolique des confessions.
Prix du roman historique Les rendez-vous de l'histoire 2012.
Prix littéraire Jacques-Audiberti 2012.
En complément
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Caractéristiques techniques
Livre papier
Éditeur : FolioDate de parution : janvier 2014
Couverture : brochée
Format : 10,8 cm x 17,8 cm
Pagination : 592 pages
ISBN : 978-2-0704-5615-4
Livre numérique
Éditeur : GallimardFormat : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub ou PDF –– ePagine : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub ou PDF












J'ai lu ce livre avec une émotion particulière : ayant vécu à Bourges, j'ai
RépondreSupprimerarpenté les couloirs du palais Jacques-Cœur, ce chef-d'œuvre gothique
tardif bâti entre 1443 et 1453 pour cent mille écus d'or, et dont les
pierres semblent encore murmurer la démesure de son commanditaire. Rufin
choisit un dispositif narratif audacieux : c'est Jacques Cœur lui-même qui,
réfugié sur l'île de Chios en 1456, reconstitue le fil vertigineux de son
existence. Fils d'un pelletier de Bourges, il devient grand argentier de
Charles VII en 1439, finance la reconquête de la Normandie en avançant deux
cent mille écus, négocie en personne la reddition de Cherbourg le 12 août
1450 — mettant ainsi fin à la Guerre de Cent Ans —, et se retrouve pourtant
jeté à bas en juillet 1451, accusé de lèse-majesté par ceux-là mêmes qu'il
avait enrichis. Rufin restitue avec une précision biographique remarquable
cette trajectoire foudroyante, depuis les bureaux de change de Bourges
jusqu'aux épices de Damas, des mines d'argent du Beaujolais jusqu'aux
galères de la Méditerranée.
Là où le roman transcende la simple reconstitution historique, c'est dans
sa manière de traiter la figure d'Agnès Sorel, la Dame de Beauté, morte en
février 1450 dans des circonstances troubles. Rufin fait de ce lien, à la
fois amical, politique et peut-être plus intime, le cœur mélancolique du
récit. Avec sa fidèle épouse Macée de Léodepart à ses côtés, Jacques Cœur
apparaît comme un homme à deux visages, exactement comme son palais :
médiéval d'un côté, déjà Renaissance de l'autre. On pense inévitablement au
Gil Blas de Lesage pour la veine picaresque, ou aux grandes fresques de
Balzac — qui rendit lui-même hommage à Jacques Cœur dans Splendeurs et
misères des courtisanes — pour la peinture impitoyable des rapports entre
argent et pouvoir. Rufin réussit le tour de force d'écrire une confession
qui a la puissance d'un roman d'aventures, la rigueur d'une biographie et
la grâce mélancolique des grandes fins de vie. Un livre qui mérite
amplement le détour.