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mercredi 30 mai 2018

Un petit carnet rouge

Un petit carnet rouge
Auteur : Sofia Lundberg

Texte de présentation

Doris, âgée de 96 ans, habite seule dans un petit appartement de Stockholm. Ses journées sont rythmées par le défilé régulier d'auxiliaires de vie et par les appels de sa petite-nièce Jenny, sa seule famille et source de joie, qui vit aux États-Unis. Son bien le plus précieux est un carnet d'adresses, qu'elle possède depuis 1928. Ce petit objet rouge contient le souvenir des gens qu'elle a rencontrés tout au long de son existence.
Au terme de sa vie, Doris décide de coucher sur le papier l'histoire de ces personnes dont elle a rayé les noms à mesure qu'elles ont disparu de ce monde. De la riche et excentrique Suédoise dont elle a été la domestique aux plus grands couturiers français qui l'ont vue porter leurs créations, de la veuve qui lui a appris l'anglais sur le bateau l'emmenant à New York à l'aube de la guerre à l'amour de sa vie rencontré à Paris, de l'artiste suédois truculent avec qui elle a correspondu pendant des années au pêcheur solitaire qui lui a sauvé la vie, l'existence de Doris est une épopée romantique, émouvante et parfois tragique.
Désormais, il ne reste plus personne pour recueillir ces témoignages d'amitié, d'amour, de souffrance et de joie si ce n'est Jenny, venue l'accompagner dans son dernier voyage et avec qui Doris souhaite partager ses souvenirs. Pour que la mémoire demeure, et que Doris ainsi que tous ceux qui ont fait sa vie ne soient pas oubliés.
Une histoire de famille et de transmission merveilleuse et bouleversante.

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : Calmann-Lévy
Date de parution : mai 2018
Couverture : brochée
Format : 15,3 cm x 23,5 cm
Pagination : 350 pages
ISBN : 978-2-7021-6351-1

Livre numérique

Éditeur : Calmann-Lévy
Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub –– ePagine : ePub –– Feedbooks : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub

Le fleuve de la liberté

Le fleuve de la liberté
Auteur : Martha Conway
Traduction : Manon Malais

Texte de présentation

1830. Ayant échoué seule et sans le sou sur les rives de l'Ohio, la jeune May trouve un travail de couturière sur le célèbre théâtre flottant qui descend chaque année la rivière. Sa créativité et son talent avec une aiguille y deviennent vite indispensables, et elle s'habitue peu à peu à sa nouvelle vie au sein de la troupe haute en couleur.
Mais longer la riviere qui sépare le sud confédéré et le nord "libre" n'est pas sans danger. Parce qu'elle a contracté une dette, May se voit obligée de faire traverser la frontière à des passagers clandestins, enfants d'esclaves, sous le couvert de la nuit. Ses secrets deviennent de plus en plus difficiles à garder, jusqu'au jour où elle doit mettre en péril ceux qui lui sont désormais chers. Pour sauver des vies, il lui faudra risquer la sienne...
Une héroïne inoubliable aussi drôle que romanesque, une époque tourmentée à l'époque de la guerre civile, une navigation dangereuse sur la riviere Ohio, tout cela fait du théâtre flottant un superbe roman historique.

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : JC Lattès
Date de parution : mai 2018
Couverture : brochée
Format : 14 cm x 22,5 cm
Pagination : 350 pages
ISBN : 978-2-7096-5954-3

Livre numérique

Éditeur : JC Lattès
Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub –– ePagine : ePub –– Feedbooks : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub

La dernière héritière

La dernière héritière
Auteur : Guillemette de La Borie

Texte de présentation

La décadence d'une vieille famille française au XXe siècle.
Mariage d'amour ou de convenance ? En cette année 1893, le capitaine Charles de Fages épouse Pauline, fille de la dernière marquise de Geyrac, héritière de Péchagrier en Dordogne. Bel homme, il a 34 ans et un nom qui remonte aux croisades. Elle en a 18 et lui offre son château et ses terres.
Quittant l'armée où l'on ne prise guère les monarchistes, le comte de Fages met son énergie à rebâtir la fortune de la famille, restaurer le château, défendre la religion et repeupler la France. Sept enfants voient le jour, aux caractères très différents, qui grandissent dans le temps suspendu de la vieille noblesse de province. Ils commenceront leur vie d'adulte à la veille de la Première Guerre mondiale ; avec l'élan de la jeunesse mais un héritage trop lourd à porter dans les tempêtes chargées de drames qui s'annoncent...

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : Calmann-Lévy
Collection : France de toujours et d'aujourd'hui
Date de parution : mai 2018
Couverture : brochée
Format : 15 cm x 23 cm
Pagination : 460 pages
ISBN : 978-2-7021-6062-6

Livre numérique

Éditeur : Calmann-Lévy
Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub –– ePagine : ePub –– Feedbooks : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub

jeudi 24 mai 2018

Quand soufflera le vent de l'aube

Quand soufflera le vent de l'aube
Auteur : Emma Fraser
Traduction : Abel Gerschenfeld, Odile Demange, Dominique Haas

Texte de présentation

Deux femmes unies par un inavouable secret. Une saga aussi haletante que bouleversante.
Île de Skye, 1903. Jessie et Isabel grandissent sur cette terre pauvre du nord de l'Écosse. Les deux adolescentes partagent la même vocation, celle de venir en aide à leurs semblables et de les soigner. Jessie, fille de métayers, a le rêve fou de devenir infirmière, tandis qu'Isabel, la fille du médecin de l'île, aspire à marcher dans les traces de son père à une époque et dans un milieu ou la médecine demeure encore une profession réservée aux hommes. Isabel est également proche du frère de Jessie, Archie, pour qui elle éprouve des sentiments très forts.
Un événement tragique vient bientôt bouleverser l'existence des trois amis : la disparition mystérieuse de Lord Maxwell, héritier de l'une des familles les plus importantes de la région – fait divers qui met la population locale en émoi. Peu de temps après, Isabel et Archie décident de s'exiler, chacun partant vivre de son côté, Jessie demeurant seule sur l'île. Quelques années plus tard toutefois, le destin va à nouveau les réunir tous trois dans des circonstances particulièrement dramatiques.
De l'île de Skye à Édimbourg, où les deux jeunes filles se forment à leur futur métier puis, durant la Première Guerre mondiale, en France et en Serbie où elles s'engagent en tant que volontaires pour venir en aide aux blessés et où elles retrouvent Archie, devenu brancardier, Quand soufflera le vent de l'aube déroule sur plus de quinze ans la saga de trois jeunes gens confrontés à la cruauté de la guerre et unis par un inavouable secret.
Emma Fraser signe un roman puissant et prenant, inspiré en partie de faits réels, ou petite et grande Histoire ne cessent de s'entrecroiser pour le plus grand bonheur du lecteur.

En complément

Les éditions Robert Laffont vous proposent de lire un extrait du livre.

L'avis des blogueurs

Histoire d'un soir –– Léa touch book –– Des livres, des livres !

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : Pocket
Date de parution : mai 2018
Couverture : brochée
Format : 11 cm x 18 cm
Pagination : 608 pages
ISBN : 978-2-2662-7562-0

Livre numérique

Éditeur : 12-21
Format : 12-21 : ePub –– 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub –– ePagine : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub

Soledad

Soledad
Auteur : Maria Duenas
Traduction : Eduardo Jiménez

Texte de présentation

Du Mexique à La Havane, des Antilles à l'Andalousie, un grand roman d'aventures, de vengeance et d'amour.
Mexique, fin du XIXe siècle. Pugnace et brillant, le très charismatique Mauro Larrea a tout conquis à la force du poignet. Lui, le mineur de fond, est devenu un riche propriétaire, très courtisé par la grande bourgeoisie de la capitale.
Mais des placements trop audacieux puis la guerre de Sécession aux États-Unis le ruinent. Pour se refaire, Mauro quitte son pays pour Cuba, l'île de tous les possibles, où des fortunes se font et se défont en un jour. À la suite d'un pari dément, il devient le maître d'une vaste propriété vinicole en Andalousie. Il n'a aucune idée de ce qu'est le vin de Jerez, ni de ce qu'il représente. Lui, ce qu'il veut, c'est vendre le domaine et rentrer chez lui les poches pleines.
Quelle innocence ! Car à Jerez de la Frontera, Mauro rencontre la séduisante Soledad Montalvo. Compromise dans une sale affaire, elle lui demande de l'aide. Mais Soledad ment, cache des secrets, entraîne Mauro dans des jeux troubles. Pour la première fois de sa vie, ce mineur rompu à toutes les ruses, couturé par mille batailles, croise une femme qui a toujours plusieurs coups d'avance sur lui.

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : Points
Date de parution : mai 2018
Couverture : brochée
Format : 11 cm x 18 cm
Pagination : 600 pages
ISBN : 978-2-7578-6995-6

Livre numérique

Éditeur : Robert Laffont
Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub –– ePagine : ePub –– Feedbooks : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub

La fille des Templiers. Tome 1

La fille des Templiers (Tome 1)
Auteur : Mireille Calmel

Texte de présentation

19 mars 1314. Jacques de Molay, le dernier grand maître de l'Ordre du Temple, est brûlé en place publique. Il a été condamné par le roi Philippe le Bel qui reproche aux Templiers de dissimuler un fabuleux trésor. Mais le jour du supplice, une colombe dépose un message entre les mains du souverain. C'est la malédiction, terrible : le Roi et ses fils paieront pour ce crime !
Huit ans plus tard... 15 juillet 1322. Une jeune paysanne, Flore Dupin, est pourchassée par les soldats de Charles IV. Quel secret détient-elle ? Qu'a-t-elle à voir avec l'ordre du Temple ? Un homme lui confie : "Avant de mourir, le roi a prononcé ton nom !" Une confrérie mystérieuse, des femmes de courage, des Rois maudits, avec ce vingtième roman, Mireille Calmel signe un roman d'aventure fascinant.

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : XO
Date de parution : mai 2018
Couverture : brochée
Format : 15,4 cm x 24 cm
Pagination : 288 pages
ISBN : 978-2-3744-8017-6

Livre numérique

Éditeur : XO
Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub –– ePagine : ePub –– Feedbooks : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub

N'oublie rien en chemin

N'oublie rien en chemin
Auteur : Anne-Sophie Moszkowicz

Texte de présentation

Lyon, été 2017. À la mort de sa grand-mère qu'elle adorait, Sandra, 40 ans, reçoit des carnets de son aïeule. Rivka y décrit sa jeunesse sous l'Occupation, les rafles, la terreur, le chaos. Surtout, elle confie à sa petite-fille une mission qui la mènera tout droit au coeur de la capitale.
Mais pour Sandra, Paris est une ville de secrets, une cité maudite associée à un homme rencontré vingt ans plus tôt, hypnotique et manipulateur, et qu'elle pensait avoir rayé de ses souvenirs : son amour de jeunesse.
Elle n'aura pas le choix. En mémoire de sa grand-mère, elle devra, à son tour, affronter ses démons...

En complément

Les éditions Les Escales vous proposent de lire un extrait du livre.

L'avis des blogueurs

Anouk library –– La bibliothèque de Marjorie –– Ma collection de livres –– À Domi-mots–– Mes écrits d'un jour –– Au jardin suspendu –– Les lectures de Riz-deux-ZzZ –– Les miscellanées de papier –– La rousse bouquine

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : Pocket
Date de parution : mai 2018
Couverture : brochée
Format : 11 cm x 18 cm
Pagination : 192 pages
ISBN : 978-2-2662-8175-1

Livre numérique

Éditeur : Les Escales
Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub –– ePagine : ePub –– Feedbooks : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub

Une enquête de soeur Ottavia Salina. Tome 2 : Le retour du Caton

Le retour du Caton
Auteur : Matilde Asensi
Traduction : Anne-Carole Grillot

Texte de présentation

Dix ans après l'extraordinaire découverte de la tombe de Constantin le Grand, Ottavia Salina et Farag Boswell mènent une vie paisible à Toronto. Investis dans leurs travaux de recherche à l'université, ils sont bien décidés à oublier le Caton, qui règne toujours sur sa confrérie séculaire et son impénétrable sanctuaire.
Mais lorsque les Simonson, l'un des couples les plus fortunés et les plus puissants du monde, viennent leur demander de partir à la recherche des neuf plus mystérieux ossuaires de la chrétienté, ils ne peuvent pas refuser. Commence alors une enquête haletante qui va les mener de la Mongolie à Istanbul et jusqu'au coeur de la Terre sainte. Avec l'aide de leur jeune nièce Isabella, du Caton et de trois brillants chercheurs, tous de confessions différentes, ils vont découvrir la redoutable spirale des Béatitudes et se confronter à des épreuves dont ils ne sortiront pas indemnes.

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : Gallimard
Collection : Folio policier
Date de parution : mai 2018
Couverture : brochée
Format : 11 cm x 18 cm
Pagination : 736 pages
ISBN : 978-2-0727-1825-0

Livre numérique

Éditeur : HC
Format : Amazon : Kindle –– Decitre : ePub –– ePagine : ePub –– Feedbooks : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub

mercredi 23 mai 2018

Les enquêtes de Victor Dauterive. Tome 2 : L'affaire de l'homme à l'escarpin

L'affaire de l'homme à l'escarpin
Auteur : Jean-Christophe Portes

Texte de présentation

Paris, 1791. Un jeune homme est découvert assassiné dans un quartier populaire. Il est nu, à l'exception d'une paire d'escarpins vernis et cela ressemble à un vol qui a mal tourné. Mais quand on apprend que le jeune homme fréquentait les milieux homosexuels et qu'il travaillait pour un journal politique, l'affaire prend une tout autre tournure. Le gendarme Victor Dauterive découvre que cet assassinat est lié aux intrigues se jouant au plus haut niveau du pouvoir. Depuis la fuite à Varennes, Louis XVI a été suspendu de ses fonctions et, dans l'ombre, le parti du duc d'Orléans fait tout pour s'emparer du pouvoir. Dans les bas-fonds de la capitale, entre aristocrates révolutionnaires, Dauterive ne sait plus à qui se fier. La corruption, l'avidité et les trahisons sont monnaie courante et le danger est à chaque coin de rue. Surtout quand on s'approche un peu trop près de la vérité...
Une nouvelle enquête de Victor Dauterive dans la France révolutionnaire.

En complément


Mon avis : Bien

Ce deuxième tome des enquêtes de Victor Dauterive nous plonge une nouvelle fois en pleine période révolutionnaire à Paris, mais quelques mois plus tard, en juillet 1791. La chaleur y est alors écrasante, à la limite du supportable, et les esprits sont bien échauffés. En effet, depuis l'arrestation de Louis XVI à Varennes en juin 1791, le pays est au bord de la guerre civile. Le roi a perdu la confiance du peuple, il l'a trahi en cherchant à pactiser avec les puissances ennemies. L'Assemblée Constituante a beau tenter de sauver les apparences en mettant en avant la thèse d'un enlèvement et non d'une fuite, les discussions au sein du Club des Cordeliers ou du Club des Jacobins sont vives et l'idée de l'instauration d'une république commence à faire son chemin. Mais dans l'ombre oeuvrent également les partisans du duc d'Orléans...
Retour de Varennes. Arrivée de Louis Capet à Paris, 25 juin 1791
Retour de Varennes. Arrivée de Louis Capet à Paris, 25 juin 1791,
Jean-Louis Prieur (1759-1795), © RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi.
C'est dans ce contexte particulièrement tendu que ce roman commence avec, comme point de départ, la découverte au port Saint-Nicolas du cadavre d'un jeune homme. Arrivé sur place, le commissaire Pierre-Joseph Piedeboeuf tente en vain de trouver des indices lui permettant d'identifier la victime. Cependant, grâce à la découverte d'un escarpin d’homme en cuir verni par un grenadier de la Garde nationale, l'enquête va vite prendre une autre tournure : d'un simple vol qui aurait mal tourné, l'enquête s'oriente dans un deuxième temps vers une affaire de moeurs – Augustin Bouvard, la victime, fréquentait les milieux homosexuels de la capitale. Mais, nouveau coup de théâtre : le jeune homme travaillait pour un journal politique dirigé par Louise de Kéralio, Mercure national, et, au moment de sa mort, il enquêtait sur l'existence d’une conspiration à l'étranger visant à rétablir le roi sur le trône de France. L'affaire devient très préoccupante...

Pendant ce temps, le sous-lieutenant Victor Dauterive est chargé par son protecteur, le marquis de La Fayette, de déjouer une conjuration visant à porter le duc d’Orléans au pouvoir. Infiltré dans un groupe d'Orléanistes, notre jeune gendarme va rapidement faire le lien entre ce complot et la mort d'Augustin Bouvard. Son enquête va le plonger dans un univers où règnent intrigues, manipulations et trahisons et il devra faire montre de ruse, d'intelligence et d'habileté pour se sortir de situations pour le moins périlleuses...

Un ressort historique très intéressant
La Révolution française est une période d'une richesse telle qu'elle est une source d'inspiration inégalée pour les romanciers. Dans le cas présent, autant la fuite à Varennes m’était familière, autant ses répercussions m'étaient sorties de la tête et ce roman m'a permis de me rafraîchir la mémoire !

L'auteur a pris soin de replacer son roman dans son contexte historique par le biais d'une note introductive – trop court et insuffisamment détaillée à mon goût – mais aussi et surtout en fin d'ouvrage, nous permettant ainsi de faire la part entre la fiction et la réalité. Oui, la fusillade du 17 juillet au Champ-de-Mars a bien eu lieu et cet événement a marqué un tournant dans la Révolution française, à l'instar de la fuite du roi à Varennes. Et le complot visant à porter le duc d'Orléans sur le trône ? Comme le fait remarquer l'auteur, la pétition nationale lancée en vue de la destitution du roi a été initiée par trois hommes proches du duc d'Orléans : Choderlos de Laclos, Brissot et Danton, mais rien ne permet d'affirmer que ce complot a bel et bien existé. Mais cet élément fictionnel est si bien étayé et replacé dans le contexte historique qu'il en devient tout à fait crédible, d'où l'utilité de la note de l'auteur en fin de roman. Au lecteur de se faire sa propre opinion !
"[...] Les agents d’Orléans s'agitent et réclament une régence, mais lui jure ne rien vouloir. C'est à peine si on le voit. Il a toujours été ainsi, au centre de tout, mais invisible, et ne se mêlant de rien. En vérité, c'est un indolent et un inconstant. Le vrai maître de son action est son secrétaire, Choderlos de Laclos."
Pour ma part, ce roman m'a donné envie de me renseigner davantage sur Choderlos de Laclos dont l'ignorais totalement le rôle politique jusqu'à cette lecture : "Cet homme est lisse comme la surface d'un lac. Eût-il les eaux méphitiques. Choderlos est un artilleur, donc ingénieur, et par conséquent maître tacticien. Il s'est emparé de l'âme du duc comme on s'empare d'une forteresse. Il en a fait sa marionnette."
Publication de la loi martiale au Champ-de-Mars
Publication de la loi martiale au Champ-de-Mars, 17 juillet 1791,
Jean-Louis Prieur (1759-1795), © RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi.

Une atmosphère bouillonnante très bien retranscrite
Sous la plume aiguisée de l'auteur, ces événements historiques prennent toute leur ampleur, s'intégrant parfaitement bien au récit, les personnages en étant eux-mêmes les protagonistes ou bien les spectateurs. Ce roman retranscrit parfaitement bien l'ambiance extrêmement confuse, voire délétère, de l'époque. Une période où l'on ne sait plus à qui faire confiance, où les espions sont partout et nulle part et où les manoeuvres politiques et les trahisons sont si nombreuses et si rapides que l'on ne sait pas si le lendemain on sera toujours du bon côté et en vie ! Le danger et la mort rôdent partout, à la tête du pays, dans les milieux du pouvoir mais aussi dans la rue, au marché...

Chargé d'espionner les partisans du duc d'Orléans, Victor est bien placé pour en témoigner : au cours de sa mission, sa vie est plusieurs fois mise en danger, d'autant qu'il a plusieurs ennemis aguerris qui le surveillent en permanence, attentifs au moindre faux pas. Mais quel que soit du côté où il se trouve, chaque personnage du roman affronte des périls et le lecteur peut ainsi se mettre à tour de rôle dans la peau d'un partisan du duc d'Orléans, d'un révolutionnaire ou d'un partisan de Louis XVI ! Cette tension est maintenue du début à la fin du roman par le biais de fausses pistes et de rebondissements, jusqu'à la fameuse fusillade du Champ-de-Mars, point culminant du roman.
Intérieur d'un Club
Intérieur d'un club, anonyme, © RMN-Grand Palais / Agence Bulloz.

Un décor réaliste
Comme dans son premier opus, Jean-Christophe Portes porte toujours autant d'attention à la description précise, et ce par petites touches, du Paris révolutionnaire, en prenant soin également d'utiliser les termes appropriés en usage à l'époque. Par le biais des personnages qui se déplacent dans ce décor, le lecteur est ainsi littéralement transporté en plein Paris, avec ses bruits, ses odeurs, ses petits métiers, sa gastronomie, son architecture... Mais ce voyage dans le temps ne serait pas possible sans l'écriture très visuelle et ciselée de l'auteur qui parvient en quelques mots ou en quelques lignes à planter le décor ou à décrire l'atmosphère, transformant de simples descriptions en véritables tableaux vivants. Cet environnement visuel, solide et réaliste, donne beaucoup d'épaisseur au récit et permet aux personnages de prendre vie sous nos yeux. Et le lecteur peut ainsi aussi bien parcourir les rues d’un quartier populaire de Paris qu’assister à une discussion politique dans un salon feutré parisien ou bien découvrir encore l'aménagement d'un hôtel particulier ou la misère d’un taudis.
"Quelques instants plus tard, le jeune homme atteignait le Palais-Royal, dont les fenêtres brillaient de mille feux. Derrière le porche d'entrée, on devinait la Cour d'honneur, des laquais brandissant des torches, des voitures et des chevaux, tout le luxe insolent d'une maison puissante.
En 1781, Philippe d’Orléans, le maître du domaine, avait réalisé ici une fabuleuse opération immobilière, construisant un nouvel Opéra et refaisant les jardins à neuf. Garni de galeries en bois et d'appartements, l'ensemble était devenu la nouvelle attraction de la capitale. L'Europe entière venait se divertir ici, entre restaurants, théâtres de marionnette, ou boutiques de curiosités. Cerné de grilles, ce temple du vice, du jeu et de la prostitution était interdit à la police."

Un chassé-croisé qui accroît la tension mais une intrigue noyée sous les longueurs
C'est donc dans ce contexte et ce décor que s'inscrit l'intrigue de ce roman. Une intrigue ? Je dirais même plusieurs ! En effet, deux enquêtes sont menées en parallèle en début de roman, elles se croisent momentanément à plusieurs reprises et finissent par se rejoindre, mais d'autres intrigues secondaires s'ajoutent et cela a fini par devenir un peu confus dans ma tête.

En dépit d'un premier chapitre difficile à appréhender et déstabilisant – divisé en trois séquences qui se suivent, il met en scène différents personnages inconnus dans des contextes dont on ignore tout –, la première partie du roman est construite de manière très astucieuse, l'auteur jouant avec nos nerfs : à chaque fois que le commissaire Pierre-Joseph Piedeboeuf et Victor se croisent on est persuadés qu'ils vont se rencontrer mais il y a toujours un imprévu qui les en empêchent alors qu'ils enquêtent tous deux sur la même affaire !

Malgré un découpage chronologique par chapitre, facilitant le repérage dans le temps, la seconde partie m'a un peu découragée, car elle s'étirait en longueur et plusieurs fois j'ai été tentée de sauter des passages. L'intrigue a beau se dérouler sur une très courte période, du 10 au 17 juillet 1791, elle a tendance à se complexifier, à tourner en rond et à se diluer, à coup de digressions, de descriptions... et le résultat est qu'on en arrive à un roman de plus de 400 pages qui aurait pu en faire moins sans nuire à l'intrigue.

Des personnages très variés, mais des femmes peu mises en valeur
Choderlos de Laclos
Choderlos de Laclos (1741-1803),
attribué à Joseph Ducreux (1735-1802),
© RMN-Grand Palais (Château de Versailles) /
Gérard Blot.
Une liste de personnages présente en début de roman permet au lecteur de ne pas se perdre parmi toute la galerie de protagonistes que Victor est amené à croiser ou à fréquenter. Tous très bien décrits tant du point de vue physique que psychologique, certains sont attachants, parfois intrigants voire ambigus, d’autres sont détestables, tantôt cruels tantôt machiavéliques et manipulateurs. Là encore, la note de l'auteur en fin d'ouvrage permet au lecteur de distinguer les personnages réels et imaginaires qui se côtoient dans le roman : si l'on retrouve des personnages classiques, tels le marquis de La Fayette, Danton, Robespierre ou Olympe de Gouges, on découvre de nouveaux personnages tels Garat l'Américain, un ex-planteur ruiné des Antilles, Louise de Kéralio, directrice du journal Mercure national, Hyacinthe, un esclave créole affranchi, Jean-Baptiste Rotondo, membre du Club des Cordeliers et du parti d'Orléans, Lalanne, indicateur de police, ou bien encore Irène Petit du Vaudreuil, une femme défigurée bien mystérieuse...

Parmi les personnages qui m'ont plus particulièrement intéressée, outre le personnage de Choderlos de Laclos déjà évoqué, figurent le commissaire Pierre-Joseph Piedeboeuf pour ses failles et son côté non conventionnel et le petit Victor-Joseph Turpin,"un gamin d'à peine dix ans aux pieds nus, chemise et culottes déchirées, le nez retroussé et les yeux azur d'un faux naïf", un gamin des rues boiteux mais débrouillard, qui s'attache à Victor au point de le tirer d'affaire plus d'une fois ! À propos du commissaire Pierre-Joseph Piedeboeuf :
"Il repensait à ces hommes dépravés qu'il avait parfois conduits au Châtelet. Un soir, il avait exigé de l'un d'eau quelques faveurs contre nature. Il avait eu honte de son plaisir mais il avait recommencé à plusieurs reprises sans pouvoir s'en empêcher."
"C'était un homme massif d'une cinquantaine d'années, le menton et le nez forts mais les traits réguliers, dont le visage n'était pas sans rappeler celui de certains empereurs romains. Économe de parole, il l'était également dans sa façon de s'exprimer. Le plus souvent, la position de ses deux sourcils arqués, tour à tour interrogateurs, sceptiques, ou menaçants, indiquait clairement sa pensée. Sa taille avantageuse et sa non moins avantageuse corpulence venaient s'il le fallait appuyer son argumentation."
Et le héros me direz-vous, il a bien dû aussi m’intéresser ? Eh bien pas vraiment... Certes Victor a pris de l’assurance depuis sa dernière enquête, gagnant en maturité, mais il manque singulièrement de vécu et de relief face au commissaire Pierre-Joseph Piedeboeuf. Trop beau, trop parfait...
"C'était un tout jeune homme d'à peine vingt ans, les traits élégants et la bouche sensuelle, le regard azur un peu rêveur. Assez mince, les épaules carrées et les mains nerveuses, il faisait cinq pieds six pouces, la taille minimum pour intégrer cette Gendarmerie nationale, qui depuis quelques mois remplaçait l'ancienne maréchaussée. Il se dégageait de lui un mélange étonnant, fait de naïveté, de mélancolie et de violence retenue."
Autre bémol, la présence et le rôle des femmes dans ce roman : les trois personnages féminins, Olympe de Gouges, Louise de Kéralio et Irène Petit du Vaudreuil, sont passionnants mais peu présents dans le roman, écrasés par le poids des protagonistes masculins pas toujours aussi intéressants. N'apparaissant que par intermittence, leur rôle reste secondaire, et ce même si deux d'entre d'elles interviennent de manière spectaculaire en fin de roman.
Ce deuxième tome des enquêtes de Victor Dauterive fait la part belle aux hommes, son univers est trop stéréotypé à mon goût. Et pourtant l'auteur avait un sacré beau personnage dans sa besace, celui d'Olympe de Gouges. Les rares fois où elle intervient dans le roman ont été des moments de pur bonheur et de fraîcheur.

Un contexte social intéressant mais pas exploité
À la lecture du texte de quatrième de couverture de ce roman, ma curiosité avait été piquée, tout autant par le contexte historique que par l'évocation du milieu homosexuel, un sujet quasiment voire jamais exploité dans le cadre du roman historique. Malheureusement, le thème de l'homosexualité n’est qu'une fausse piste et le sujet est juste effleuré au début du roman dans quelques scènes hautes en couleurs et vraiment intéressantes. Au final, on retombe assez vite sur une intrigue somme toute classique et conventionnelle. Et les quelques scènes décrites ne nous permettent pas de nous faire une idée suffisamment précise de la condition homosexuelle sous la Révolution française. On apprend seulement que l'homosexualité n'est alors plus punie par la loi et que le commissaire Piedeboeuf était chargé autrefois de traquer les homosexuels dans la capitale. Ayant le souvenir que l'homosexualité était punie de mort sous l'Ancien Régime, je suis allée me documenter un peu et j'ai découvert qu'à l'automne 1791 l'Assemblée Constituante a promulgué un nouveau code pénalement abolissant la criminalisation de la sodomie. Cependant, un fichage reste pratiqué par la police – ce qu'évoque le roman – et l'homosexualité reste réprouvée, et ce tout au long du XIXe siècle et malheureusement encore de nos jours.

De la même façon, lorsque le personnage de Victor-Joseph Turpin, l'orphelin boiteux qui vit dans la rue, apparaît au cours du roman, c'est une occasion en or pour décrire la situation de ces enfants démunis et abandonnés, livrés à eux-mêmes, en danger, mais pas du tout... On n'en saura pas plus, en tout cas pas dans ce tome !

♜ ♜ ♜ ♜ ♜ ♜

En conclusion
Points forts :
  • Des descriptions historiques vivantes permettant une véritable immersion dans le Paris révolutionnaire.
  • Un contexte historique intéressant, rarement traité dans le cadre du roman historique.
  • Une belle galerie de personnages, très bien caractérisés.
  • Un chassé-croisé original, drôle et bien maîtrisé entre les deux enquêteurs.

Points faibles :
  • Une intrigue assez conventionnelle et souvent étouffée par des longueurs.
  • Des personnages féminins pas suffisamment mis en avant.
  • Des thématiques originales mais pas ou insuffisamment développées.
  • Des coquilles.

Merci à Jean-Christophe Portes qui m'a permis de découvrir ce roman, mais aussi pour sa dédicace et la mention de mon blog en fin d'ouvrage !

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Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : City
Date de parution : mai 2018
Couverture : brochée
Format : 15,3 cm x 23,5 cm
Pagination : 480 pages
ISBN : 978-2-8246-1228-7

Livre numérique

Éditeur : City
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jeudi 17 mai 2018

La crypte de la cathédrale Saint-Étienne d'Auxerre (Yonne)

D'Auxerre, on connaît l'abbaye Saint-Germain, la tour de l'Horloge, le palais épiscopal ou bien encore ses maisons à colombages, mais il existe plusieurs monuments moins connus, certains ne peuvent être visités que lors des Journées européennes du patrimoine, d'autres ont laissé si peu de traces qu'il est difficile de s'imaginer les monuments en l'état et, enfin, d'autres échappent à la connaissance des touristes et même des Auxerrois sans que l'on sache vraiment pourquoi. La crypte de la cathédrale Saint-Étienne fait partie de cette dernière catégorie, mais le lieu est si propice au recueillement qu'il est appréciable de pouvoir le visiter dans le calme et le silence...

Origine et localisation

Cette crypte romane, qui n'a jamais accueilli de reliques, est le seul vestige subsistant de la cathédrale du XIe siècle, qui fut détruite par un incendie en 1023. Elle est située exactement sous le choeur gothique de la cathédrale reconstruite après l'incendie.
L'entrée de la crypte, qui se faisait à l'ouest par des escaliers depuis la nef, a été altérée et se fait actuellement depuis l'extérieur au sud du choeur. Avec ses deux voûtes d'ogives, elle date du XIIIe siècle.

L'architecture générale

De par l'ampleur, la qualité et la parfaite articulation de sa construction, cette crypte est l'un des plus beaux témoins de l'art roman de la première moitié du XIe siècle.
Construite de 1023 à 1035 en grand appareil – et non plus en petits moellons –, assurant par là même la stabilité de la construction, la crypte se compose d'une triple nef se terminant en abside, entourée par un déambulatoire qui s'ouvre sur une chapelle axiale.
La partie orientale, en direction de l'Yonne, n'est pas souterraine et est baignée par la lumière provenant des baies.
Les murs extérieurs ont été renforcés pendant la reconstruction de la cathédrale gothique au XIIIe siècle, quand la chapelle axiale a été englobée dans un massif rectangulaire pour supporter la chapelle axiale supérieure.

La nef

La nef de la crypte se compose de trois vaisseaux à six travées dont la dernière est arrondie. Elle est voûtée par des arêtes sur des arcs doubleaux en plein cintre qui sont complétés par des tores dont le poids retombe sur de puissants piliers composés à impostes.
La partie orientale du vaisseau central se termine par une abside constituée d'une baie géminée avec une colonnette, dotée d'un chapiteau à corbeilles superposées sculptées de motifs végétaux et de volutes, qui diffracte dans la nef la lumière provenant de la chapelle axiale.

Le déambulatoire

Le déambulatoire, lui aussi voûté d'arêtes sur des arcs doubleaux, est plus court que la nef et compte neuf compartiments. Il donne accès à la nef par de larges ouvertures. On peut encore distinguer quelques vestiges de fresques : des zigzags sur un arc au sud et des apôtres (?) sur un arc au nord.

La chapelle axiale

Dédiée à la Sainte-Trinité, la chapelle axiale se compose d'une travée en berceau et d'une abside en cul-de-four avec deux colonnes aux chapiteaux sculptés de motifs végétaux et de volutes. Trois baies éclairent l'espace qui est célèbre pour les exceptionnelles fresques décorant sa voûte, datant des XIe-XIIIe siècles.

La fresque du Christ à cheval
Sur le berceau de la travée se trouve la fresque du Christ à cheval, réalisée à la fin du XIe siècle ou au début du XIIe siècle et faisant partie d'un vaste programme pictural puisque des recherches ont permis de retrouver les vestiges d'autres scènes bibliques, comme celle de saint Michel combattant le dragon sur le mur sud de la chapelle.
Une grande croix gemmée aux tons ocre et au décor de cabochons, évoquant une pièce d'orfèvrerie, divise l'espace en quatre parties, chacune accueillant un ange à cheval, ailes déployées, telle une armée céleste. Au centre de la composition figure le Christ qui s'avance sur un cheval blanc (observez l'attitude du cheval, ses pattes et sa tête en mouvement) : nimbé, sceptre en main, il est revêtu d'un manteau blanc et d'une tunique rouge.

La signification de cette scène, unique en France, est sujette à controverse, mais il s'agit probablement du triomphe du Christ, tel qu'il est relaté dans l'Apocalypse de saint Jean :
"Alors je vis le ciel ouvert, et voici un cheval blanc ; celui qui le monte s'appelle « Fidèle » et « Vrai », il juge et fait la guerre avec justice. Ses yeux ? Une flamme ardente ; sur sa tête, plusieurs diadèmes ; inscrit sur lui, un nom qu'il est seul à connaître ; le manteau qui l'enveloppe est trempé de sang ; et son nom ? Le Verbe de Dieu. Les armées du ciel le suivaient sur des chevaux blancs, vêtues de lin d'un blancheur parfaite. De sa bouche sort une épée acérée pour en frapper les païens ; c'est lui qui les mènera avec un sceptre de fer ; c'est lui qui foule dans la cuve le vin de l'ardente colère de Dieu, le Maître-de-tout. Un nom est inscrit sur son manteau et sur sa cuisse : Roi des rois et Seigneur des seigneurs." (Apocalypse 19, 11-16).

La fresque du Christ en majesté
L'autre fresque, qui remonte à la fin du XIIIe siècle, se trouve sur la voûte en cul-de-four de la chapelle. Il y avait probablement là auparavant une fresque romane du Christ en majesté. Assis au centre d'un quadrilobe et entouré par deux chandeliers à sept branches, le Christ en gloire, bénissant de sa main droite et portant dans sa main gauche le globe terrestre surmonté de la croix, montre le Livre portant l'Alpha et l'Oméga, symboles de l'éternité du Christ : "Je suis l'Alpha et l'Oméga, le Premier et le Dernier, le Principe et la Fin." (Apocalypse 22, 13).

Des quatre représentations symboliques des évangélistes, il ne subsiste que l'aigle (saint Jean) et l'homme ailé (saint Mathieu) – le lion (saint Marc) et le taureau (saint Luc) ont disparu.

De par la qualité de sa construction et de son architecture, et ses fresques exceptionnelles, la crypte de la cathédrale Saint-Étienne est un témoin précieux et rare de l'art roman du début du XIe siècle. Pur bonheur pour les yeux, cette crypte est également un havre de paix propice au silence et au recueillement, que l'on soit croyant ou non, un lieu où le temps semble suspendu et qu'il fait bon de fréquenter pour s'échapper quelques instants du tourbillon de la vie… Je ne peux donc que vous en recommander la visite !

Photos (sans flash) : © Le Club du roman historique