Le dernier tribunL'acier et la soieLe complot du Livret rougeLe faubourg des diaboliquesDans les yeux de Mona LisaMon oncle de l'ombreNéronLa disparue de Saint-Maur1793Femme qui courtCode 1879Mousseline la SérieuseL'affranchiÊtre ou ne pas êtreL'Empire romain par le menuL'oeil du GoupilL'échange des princesses1789. L'été de sangMetamorphosis
Nous sommes à la fin du XIVe siècle, à l'époque du Moyen Âge tardif. Dans le village de Mont-l'Évêque, en lisière de la forêt de Senlis, la menuiserie est prospère. Sa réputation doit beaucoup à ses coffres aux bas-reliefs sculptés, oeuvre de Guillaume, le fils aîné de la maison. Son talent ne tarde pas à s'épanouir avec son intégration dans l'atelier de sculpture parisien de son oncle. Là, il est apprécié par Philippe de Mézières, grand seigneur retiré au couvent des Célestins, mais surtout ancien conseiller du roi Charles V et ex-précepteur du dauphin devenu le roi Charles VI. Familier du prieuré des Célestins, Guillaume se retrouve initié aux affaires les plus sensibles du royaume. La guerre de Bretagne et celle de Cent Ans, conjugués aux séditions des villes flamandes, aux complots fomentés contre la monarchie et à la révolte des Maillotins, engendrent un véritable soulèvement populaire. Au terme de multiples péripéties, Guillaume se voit confier la mission de créer un réseau de Renseignements afin de contrecarrer la sérieuse menace pesant sur le Royaume et la Chrétienté. À partir des vacuités de l'Histoire, l'auteur propose ici une fiction captivante : un authentique roman historique agrémenté de fantastique.
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Éditeur : Auteurs d'aujourd'hui Date de parution : mars 2025 Couverture : brochée Format : 14,8 cm x 21 cm Pagination : 302 pages ISBN : 978-2-3762-9250-0
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Éditeur : Auteurs d'aujourd'hui Format : 7switch : PDF –– Decitre : multiformat
François Martin, un sculpteur originaire de Grenoble, commence à se faire une réputation à Paris quand tonnent les premiers canons de la Révolution française. D'emblée il prend parti, s'enflamme pour les idéaux républicains et rencontre hommes et femmes engagés au service de la liberté et de l'égalité des droits. Au coeur d'une capitale en ébullition, où l'art se mêle à la politique, Martin sculpte les figures emblématiques de son époque et ses oeuvres deviennent bientôt les symboles d'une lutte contre l'oppression. Pourtant, ses nobles idéaux se heurtent bientôt aux réalités brutales de la guerre civile, alors que l'effervescence initiale laisse place à la Terreur... Pourra-t-il rester fidèle à ses valeurs ? Réussira-t-il à échapper à la spirale infernale qui entraîne de plus en plus de figures révolutionnaires à la guillotine ? Avec une plume qui allie rigueur historique et sens du romanesque, Béatrice Besse fait le portrait saisissant d'un artiste pris entre ses convictions et les violences de son temps.
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Éditeur : Amalthée Date de parution : février 2025 Couverture : brochée Format : 14,8 cm x 21 cm Pagination : 312 pages ISBN : 978-2-3100-5672-4
Marie Talbot. Femme, paysanne, bâtarde. Sculpteur. Une des plus grandes artistes du XIXe siècle dont on découvre seulement aujourd'hui le talent. Sa matière : le grès, une argile particulière, utilisée par les potiers du Berry. Une terre qui, à la cuisson, devient dure comme la pierre. Rebelle à toute coloration. Brute. Éternelle. Marie Talbot va inscrire dans cette matière sauvage ses idéaux, ses blessures, ses combats. Elle choisit de représenter les femmes. Toutes les femmes. D'inscrire dans la durée leurs luttes, leurs souffrances et leurs espoirs. Ses sculptures sont quasiment le seul témoignage de la vie de Marie Talbot. La poète aux mains noires lui donne enfin une voix et un visage. Dans ce texte inspiré et au moyen de la fiction, Ingrid Glowacki tente de percer le mystère de cette oeuvre puissante. Elle donne à ce destin de femme et d'artiste la place qui lui revient. Universelle.
Aÿmati est une jeune femme qui vivait – il y a trente mille ans – sur le continent européen. Mära, elle, naît en 2026 en Amérique du Nord. Elles sont les dernières représentantes de leur espèce : l'une néandertalienne, l'autre sapiens. Apparemment, aucun lien entre elles. De nos jours, Gabrielle, archéologue française, et Myn, archéologue et primatologue chinois de renommée internationale, font une découverte exceptionnelle : une statuette en ivoire qui jette un pont entre Aÿmati et Mära, deux femmes, deux artistes ! À travers différents récits qui s'entrecroisent, Béatrice Castaner aborde ici, avec une originalité de construction et une virtuosité d'écriture étonnantes, les questions essentielles de la transmission, notamment à travers l'art. Et nous interroge sur ce qui restera sur Terre, lorsque notre espèce aura disparu.
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Éditeur : Serge Safran Date de parution : février 2024 Couverture : brochée Format : 12 cm x 18,1 cm Pagination : 150 pages ISBN : 978-2-4873-0401-7
Quand Omer Dewavrin entre dans l'atelier d'Auguste Rodin, dédale de formes humaines de pierre et de glaise, il a la certitude d'avoir fait le bon choix. Notaire et maire de Calais, il a confié au sculpteur à la réputation naissante la réalisation d'un monument en hommage à six figures légendaires de la guerre de Cent Ans : Les Bourgeois de Calais. Nous sommes en 1884, et Dewavrin ne sait pas encore qu'il s'écoulera dix ans avant que l'artiste, en quête de perfection, se décide à déclarer son travail achevé. La bouleversante chorégraphie de bronze n'existerait pas sans ce bourgeois du XIXe siècle qui, devinant le génie du sculpteur, l'obligea à aller au bout de lui-même et imposa son oeuvre en dépit du goût académique et des controverses idéologiques. Sa femme Léontine et lui sont les héros inattendus de cette histoire, roman de la naissance d'une amitié et de la création du chef-d'oeuvre qui révolutionna la sculpture.
Michelangelo, en ce printemps 1505, quitte Rome bouleversé. Il vient de découvrir sans vie le corps d'Andrea, le jeune moine dont la beauté lumineuse le fascinait. Il part choisir à Carrare les marbres du tombeau que le pape Jules II lui a commandé. Pendant six mois, cet artiste de 30 ans déjà, à qui sa pietà a valu gloire et renommée, va vivre au rythme de la carrière, sélectionnant les meilleurs blocs, les négociant, organisant leur transport. Sa capacité à discerner la moindre veine dans la montagne a tôt fait de lui gagner la confiance des tailleurs de pierre.
Lors de ses soirées solitaires à l'auberge, avec pour seule compagnie le petit livre de Pétrarque que lui a offert Lorenzo de Medici et la bible d’Andrea, il ne cesse d'interroger le mystère de la mort du moine, tout à son désir impétueux de capturer dans la pierre sa beauté terrestre.
Au fil des jours, le sculpteur arrogant et tourmenté, que rien ne doit détourner de son oeuvre, se laisse pourtant approcher : par ses compagnons les carriers, par la folie douce de Cavallino, mais aussi par Michele, un enfant de 6 ans dont la mère vient de mourir. La naïveté et l'affection du petit garçon feront resurgir les souvenirs les plus enfouis de Michelangelo.
Parce qu'enfin il s'abandonne à ses émotions, son séjour à Carrare, au coeur d'une nature exubérante, va marquer une transformation profonde dans son oeuvre. Il retrouvera désormais ceux qu'il a aimés dans la matière vive du marbre.
Éditeur : Le Livre de poche Date de parution : février 2023 Couverture : brochée Format : 11 cm x 18 cm Pagination : 192 pages ISBN : 978-2-2532-4324-3
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Éditeur : Sabine Wespieser Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub ou PDF –– ePagine : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub ou PDF
Mêlant récit romanesque et enquête historique, l'auteur raconte l'histoire d'un tableau célèbre. Très tôt, elle l'avait décidé. Elle serait une héroïne. " George Sand, Jeanne d'Arc, un Napoléon en jupons"... "L'important était que ce fût difficile, grand, excitant"... Un triple voeu exaucé – par le Ciel, les étoiles ou le Destin (auxquels elle croit) – et au-delà de toute attente. L'histoire, celle d'une franco-américaine bien née (vieille noblesse française...) d'une extrême beauté, commence comme un conte de fées pour virer très vite au cauchemar, au film d'horreur, qui va pourtant rebondir encore et encore. À travers ses amours et son oeuvre, féconde, multiforme, poétique, bavarde... qui nous raconte des histoires, son histoire, qui met en scène le couple mythique qu'elle forme avec le sculpteur Tinguely. Cette "héroïne", rebelle et magnifique, va prendre la carabine "pour faire saigner la peinture", explorer la représentation de la femme : avec ses mariées, ses déesses, ses mères dévorantes et ses fameuses nanas... opulentes, joueuses et colorées. Sa vie – difficile, grande et excitante – est un roman.
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Éditeur : Ateliers Henry Dougier Collection : Le roman d'un chef-d'oeuvre Date de parution : août 2022 Couverture : brochée Format : 13,6 cm x 19,8 cm Pagination : 136 pages ISBN : 979-1-0312-0519-9
Auteur : Edward Carey Traduction : Jean-Luc Piningre
Texte de présentation
Art, amour, Révolution : le récit d’une existence hors du commun. Née à Strasbourg en 1761, la jeune Marie Grosholz, future madame Tussaud, est employée dès son plus jeune âge comme apprentie par un sculpteur sur cire. Lorsque le duo devient célèbre à Paris pour ses réalisations, Marie a pour modèles les plus grandes personnalités de l'époque : Voltaire, Rousseau, Benjamin Franklin, etc. Bientôt elle est accueillie à la Cour où elle prodigue des leçons de sculpture à la princesse Élisabeth, soeur du roi. En 1789, la capitale entre en ébullition, la foule exige des têtes. C'est le début d'une incroyable décennie pour Marie qui, échappant de peu à la guillotine, se voit chargée d'exécuter les masques mortuaires de ses amis les plus proches (Louis XVI), comme de ses ennemis les plus acharnés (Robespierre). Avec ce récit palpitant, illustré de magnifiques dessins de l'auteur, Edward Carey nous fait entrer dans l'intimité d'une femme au destin exceptionnel.
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Éditeur : Pocket Date de parution : avril 2022 Couverture : brochée Format : 10,8 cm x 17,7 cm Pagination : 560 pages ISBN : 978-2-2663-2344-4
Rennes, Bretagne, 1941. Louis "Loulou" Feutrier, jeune et fringante vedette d'un orchestre de jazz swing local, se voit interdire la pratique de son instrument, le saxophone, pour raisons de santé. Alors qu'il envisage de se consacrer corps et âme à son autre passion, la recherche en Histoire de l'art, il reçoit dans d'étranges conditions un folio, arraché d'un recueil, représentant le magnifique mausolée d'un obscur chevalier du Moyen Âge. La recherche de son origine le met en contact avec la diaspora républicaine espagnole en exil, qui fréquente un troquet des faubourgs de Rennes au faux airs de cour des miracles, surnommé "el consulado". L'expéditeur de la gravure se révèle être un professeur d'Histoire de l'art, quelque peu différent des autres exilés, qui l'entretient longuement de sa découverte : par l'intermédiaire d'un marchand d'art parisien, il réalise des recherches sur un sculpteur breton actif à Séville, pendant que des oeuvres d'art qui lui sont liées apparaissent sur le marché. Alors que Louis l'engage à l'assister dans sa quête d'informations sur le sculpteur médiéval, en vue d'une vente prochaine, le professeur disparaît dans d'opaques circonstances. Grâce à l'aide de son oncle, expert en art expérimenté, Louis se lance sur les traces de cet illustre statuaire oublié, qui, selon l'information acquise, a travaillé pour plusieurs dignitaires et têtes couronnées de l'Europe du XVe siècle, ravagée par les longs conflits de la fin du Moyen Âge. Malheureusement, Louis et son oncle ne semblent pas être les seuls sur cette piste... Rapidement, d'inquiétants et brusques trafiquants liés au milieu nationaliste breton parasitent les recherches, à Quimper ou dans le Léon finistérien. Alors que les témoins et les auxiliaires disparaissent les uns après les autres, Louis n'a d'autre choix que de remonter la piste du sculpteur à sa source. Il s'aventure alors dans l'inquiétante pesanteur de l'Andalousie de l'après-guerre civile, au coeur d'une ville de Séville frappée lourdement par la victoire de la dictature militaire. C'est là, au coeur de l'intrigante capitale andalouse et de son immense cathédrale gothique, auprès de fascinants nouveaux personnages, qu'il découvre la clé de l'énigme, dans les pampres sculptés de la tombe d'un évêque. L'Europe des années 40 reçoit alors le triste écho de l'Europe des longues guerres médiévales, quand les artistes, ambassadeurs, devenaient les messagers des plus périlleuses cabales.
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Éditeur : Cohen&Cohen Date de parution : mars 2022 Couverture : brochée Format : 15 cm x 22 cm Pagination : 272 pages ISBN : 978-2-3674-9092-2
Mêlant récit romanesque et enquête historique, l'auteur raconte l'histoire d'un tableau célèbre. Il était impensable de sculpter ce bloc, ce monstre de pierre haut de cinq mètres, refusé par tous les sculpteurs approchés, quand Michel-Ange en 1501, à 26 ans, se lance avec passion dans ce chantier fou, rugueux et violent. Il raconte ici à son assistant Ascanio Condivi la naissance tumultueuse d'une oeuvre hors norme, célébrée par ses contemporains comme "le Géant". Parce qu'ils y voient une allégorie de la République de Florence alliant le courage et l'intelligence face à la force aveugle de ses ennemis. "Goliath ne m'intéresse pas, David non plus ! Tout a déjà été dit. C'est le courage de David, ses doutes, sa peur et sa tension qui me touchent et me questionnent. Je vais le représenter avant ! Avant le combat. On comprendra, à sa façon de regarder et de bander ses muscles, que le Philistin est sa cible.Je veux que le mouvement soit perceptible. Rien de pire qu'une figure inanimée. Sans mouvement, elle est deux fois morte. Mon David sera beau par son corps et son âme pure. Je veux le sculpter à l'instant où il s'apprête à s'élancer vers Goliath, quand tout le monde s'enfuit."
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Éditeur : Ateliers Henry Dougier Collection : Le roman d'un chef-d'oeuvre Date de parution : janvier 2022 Couverture : brochée Format : 13,6 cm x 19,6 cm Pagination : 124 pages ISBN : 979-1-0312-0270-9
Sabrina est restauratrice au musée des Beaux-Arts de Bruxelles. Elle vient de perdre sa grand-mère, Angela, et a découvert, dans la maison de celle-ci, une magnifique sculpture en argile représentant un buste féminin, signée de la main de Costanza Marsiato. Le modèle n'est autre que Simonetta Vespucci, qui a illuminé le quattrocento italien de sa grande beauté et inspiré les artistes les plus renommés de son temps. Qui était cette mystérieuse Costanza, sculptrice méconnue ? Comment Angela, Italienne d'origine modeste contrainte d'émigrer en Belgique après la Seconde Guerre mondiale, a-t-elle pu se retrouver en possession d'une telle oeuvre ? Sabrina décide de partir à Florence pour en savoir plus. Une quête des origines sur la terre de ses ancêtres qui l'appelle plus fortement que jamais... Dans ce roman d'une grande sensibilité, le fabuleux talent de conteuse de Christiana Moreau fait s'entremêler avec habileté les voix, les époques et les lieux, et donne à ces quatre destins de femmes un éclat flamboyant.
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Éditeur : Préludes Date de parution : juin 2021 Couverture : brochée Format : 13,4 cm x 20,1 cm Pagination : 320 pages ISBN : 978-2-2530-4050-7
Lorsque Chana Orloff arrive à Paris à l'été 1910, elle n'a qu'une idée en tête : être libre. Mais qu'est-ce qu'une femme libre, à l'aube du XXe siècle, sinon une femme seule ? Pour réaliser ses rêves, elle a fui les pogroms de Russie, et les champs de Palestine, où sa famille la conjure de revenir.
Âgée de 22 ans, elle est loin d'imaginer que le Tout-Montparnasse va faire d'elle une reine, une sculptrice reconnue dans le monde entier. Amie fidèle de Soutine et de Modigliani, elle va épouser un proche d'Apollinaire et fréquenter l'avant-garde du carrefour Vavin, à l'heure où l'amour se conjugue au pluriel. Mais quand la guerre éclate, l'ivresse des années folles n'est plus qu'un lointain souvenir. Commence alors une extravagante épopée pour sauver sa vie – s'accrochant à cette liberté à laquelle elle n'a jamais renoncée, et à son art qui lui a donné des ailes.
Un récit biographique littéraire consacré à Chana Orloff, étoile oubliée de l'art moderne. De Paris à Tel Aviv en passant par Odessa, l'auteur marche dans ses pas et raconte la femme plus encore que l'artiste.
L'automne 1793 fut le moment le plus violent, le plus impitoyable de la guerre de Vendée. Mais fut aussi à l'origine d'un chef-d'oeuvre.
Le 17 octobre, au soir de la bataille de Cholet ou 25 000 républicains avaient pris le dessus sur 40 000 Vendéens découragés, les Vendéens repliés sur la Loire décidèrent de massacrer 5 000 prisonniers républicains enfermés dans l'église de Saint-Florent-le-Vieil. C'est à cet instant que le général Bonchamps, mortellement blessé, donna cet ordre qui le rendit célèbre : "Grâce ! Grâce aux prisonniers."
Parmi les prisonniers se trouvait un soldat nommé Pierre-Louis David. Cet homme fantasque, un peu ivrogne, était parti à la guerre en compagnie de son fils de 5 ans, comme cela se faisait à cette époque. Au milieu de la foule qui attendait sur le parvis que l'horreur s'accomplisse, le petit garçon ne comprit pas ce qui se passait mais il entendit le cri désespéré du général et se retrouva comme par miracle dans les bras de son père.
Trente ans plus tard, cet enfant effaré, devenu le célèbre sculpteur David d'Angers, créerait une oeuvre magnifique en hommage à l'homme qui sauva son père. D'un bloc de marbre de Carrare, il arracherait la magnifique sculpture que l'on peut admirer aujourd'hui dans l'abbatiale de Saint-Florent.
Ce sont ces trois histoires indissolublement liées qu'Yves Viollier nous raconte ici avec sa verve et son talent singuliers.
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Éditeur : Pocket Date de parution : septembre 2017 Couverture : brochée Format : 10,8 cm x 17,7 cm Pagination : 224 pages ISBN : 978-2-2662-6494-5
Marqué depuis sa plus tendre enfance par une rencontre avec Michel-Ange, Aurelio, un jeune paysan d'une rare beauté, se rend à Rome pour se mettre au service du plus grand artiste de son temps.
À 33 ans, Michel-Ange s'estime davantage sculpteur que peintre ; pourtant, Jules II, le "Papa terribile" de la Renaissance, s'obstine à lui confier la décoration de la voûte de la chapelle Sixtine. Juché sur un échafaudage à 18 mètres du sol, sa barbe tournée vers le ciel et la peinture dégoulinant sur son visage, Michel-Ange réussit le tour de force de réaliser ces fresques qui feront sa gloire. Une prouesse qu'il doit essentiellement à l'indéfectible soutien d'Aurelio, sa muse, mais également à la réalisation en parallèle d'une mystérieuse commande qui pourrait bien lui coûter la vie : une sculpture de l'un des personnages les plus sulfureux de la cité éternelle.
Sans jamais s'éloigner de la vérité historique, Léon Morell retrace la période romaine de Michel-Ange, quatre années durant lesquelles, entre jalousies et luttes de pouvoir, il aura su créer l'un des plus grands chefs-d'oeuvre de la peinture de la Renaissance italienne. Un roman haletant, à mi-chemin entre la biographie et le thriller, décrivant sans compromis l'ambiguïté d’une Rome entre grandeur et décadence.
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En résumé
Au printemps 1508, un jeune homme d'une grande beauté, dénommé Aurelio, décide de quitter sa famille installée à la campagne pour gagner Rome. Son rêve : travailler pour le grand Michel-Ange et devenir sculpteur. Artiste renommé, Michel-Ange vient justement d'être choisi par le pape Jules II pour décorer la voûte de la chapelle Sixtine à Rome. La rencontre d'Aurelio et sa présence aux côtés de Michel-Ange seront déterminantes dans la réussite de cette oeuvre magistrale...
Un roman à la gloire de Michel-Ange
Les sources historiques utilisées pour écrire ce roman ne sont pas indiquées, mais différents détails permettent de supposer que l'auteur s'est fortement appuyé sur les biographies élogieuses de Giorgio Vasari et d'Ascanio Condivi, écrites du vivant de l'artiste et à l'origine du mythe Michel-Ange. Un mythe soigneusement entretenu au cours des siècles suivants, notamment par ses descendants, dont l'un d'eux n'hésita pas à modifier les sonnets écrits par Michel-Ange pour faire taire les rumeurs homosexuelles à son sujet.
"Fuyez l'amour, amants, fuyez ses flammes vives ; sauvage est son brasier, mortelle sa brûlure : dès son premier assaut, il n'est plus rien qui vaille, ni force, ni raison ni changement de lieu. Fuyez, n'avez-vous pas la victime exemplaire d'un bras cruel et d'une flèche pénétrante : lisez en moi quel pourrait être votre mal, combien le jeu sera féroce et sans pitié. Fuyez, ne tardez pas, dès le premier regard : je pensais m'entendre en tout temps avec l'amour, mais je sens, mais vous pouvez voir, comme je brûle."
Michel-Ange Buonarrotti, Poèmes, Sonnet inachevé
Ainsi basé sur le mythe Michel-Ange, ce roman met donc en exergue un artiste génial mais torturé, incompris, solitaire, jalousé et harcelé par sa famille. Or, depuis le XIXe siècle, les recherches permettent de brosser un portrait plus nuancé de l'homme. Voici quelques exemples :
D'après le roman, ce serait Bramante qui aurait suggéré au pape Jules II de confier en 1508 la décoration de la voûte de la chapelle Sixtine à Michel-Ange, à seule fin de le voir échouer et de précipiter sa disgrâce auprès du souverain pontife. Mais une autre version indique que c'est le pape Jules II qui est à l'origine de ce choix et que Bramante aurait émis, à juste titre, des réserves quant à l'opportunité de confier une tâche aussi complexe à un artiste qui n'avait aucune expérience de la peinture à fresque. Même si Jules II n'était pas d'un caractère commode et que Michel-Ange se considérait avant tout comme un sculpteur, n'ayant que très peu d'expérience en peinture à fresque, ce dernier accepta la commande avant tout pour des raisons lucratives, la somme proposée était exceptionnelle pour l'époque, et il recruta des artistes chevronnés pour l'aider dans cette tâche… il ne créa donc pas tout seul cette oeuvre !
Le roman suggère également que Michel-Ange, en modifiant la commande de la voûte, a pris d'énormes risques, alors qu'il a en fait établi ce programme en concertation avec les théologiens de la cour papale, soucieux de mixer la tradition païenne et la culture catholique.
Enfin, contrairement à la légende, l'oeuvre en cours d'élaboration était visible de tous, accueillant artistes, collectionneurs, amateurs d'art, mais aussi personnalités en vue de la cité... nous sommes bien loin de la vision de l'artiste esseulé sur son échafaudage !
Cependant, pour que l'histoire reste cohérente, l'auteur devait prendre un parti et la restitution romanesque de ce moment-clé de la vie de Michel-Ange se révèle passionnante, d'autant que l'auteur mêle parfaitement bien une certaine réalité à la fois historique et artistique et la fiction, à travers le personnage d'Aurelio. En outre, le récit, au style très fluide, alternant scènes descriptives et dialogues, se lit avec bonheur et facilité, et nous permet d'apprendre énormément de choses sans même s'en rendre compte.
Reste que l'absence d'indications concernant les sources utilisées est pour moi problématique. Une fois ma lecture achevée (que j'aurais aimé ne jamais terminer !), je me suis précipitée sur des biographies de Michel-Ange pour en savoir davantage sur sa vie et pour confronter les informations de l'auteur et celles d'historiens. Tout cela pour obtenir une vision plus nuancée et plus vraie de Michel-Ange.
Une commande étonnante
Ce roman nous présente l'oeuvre de Michel-Ange d'une manière très accessible et très claire, nous permettant de bien la situer dans l'histoire artistique, de comprendre les enjeux qui se cachent derrière elle et en quoi elle est révolutionnaire.
La chapelle Sixtine, réplique du temple de Salomon et dont la forme s'inspire de l'architecture militaire, a été construite sous le pontificat de Sixte IV, l'oncle de Jules II. Décorée par les meilleurs artistes florentins de l'époque – Le Pérugin, Botticelli, Ghirlandaio, etc. –, la chapelle est, trente ans plus tard, défigurée par des fissures. Il est grand temps de restaurer sa voûte.
En mai 1508, Michel-Ange s'engage à réaliser des fresques représentant les douze apôtres dans les pendentifs et des motifs ornementaux dans les parties restantes. Excepté dans l'atelier de Ghirlandaio, vingt ans plus tôt et seulement de manière marginale, Michel-Ange n'a encore aucune expérience de la peinture à fresque ! Il aurait pu se contenter d'un ciel étoilé, mais il n'hésite pas à se lancer dans la réalisation d'une fresque immense peuplée d'une multitude de figures.
Ainsi, quatre ans plus tard, en 1512, les Romains découvrent une oeuvre révolutionnaire ! Renonçant à la perspective unique, Michel-Ange réalise une oeuvre dans laquelle chaque surface a sa propre perspective centrale : c'est une perspective polycentrique qui ne permet pas au spectateur de saisir depuis un seul point toute la fresque. En divisant la voûte avec des corniches de marbre, il a créé un espace artificiel dans lequel prennent place des scènes de la Genèse, ainsi que les Prophètes et les Sibylles dans les écoinçons et les ancêtres du Christ dans les lunettes. Sans oublier les ignudi, des hommes nus rappelant les génies, assis sur les ressauts des corniches. Un récit donc entièrement centré sur la figure humaine, avec de nombreux nus masculins.
L'absence de planches de visuels des oeuvres de Michel-Ange
Le visuel de couverture, qui s'imposait avec évidence, est magnifique, mais il aurait été intéressant de reproduire dans l'ouvrage des planches en couleurs de la chapelle Sixtine et de ses voûtes, même si cette pratique est plus courante dans les biographies. Car ce roman si visuel dans ses descriptions est d'une telle précision que le lecteur ressent le besoin d'aller vérifier les détails fournis par l'auteur mais est un peu déçu en s'apercevant qu'il n'y a pas une seule reproduction du chef-d'oeuvre de Michel-Ange dans le roman.
La description précise du déroulement du chantier
L'élaboration de cette oeuvre inédite est retranscrite de manière minutieuse, sur la base d'une documentation fouillée. De prime abord, la technique de la peinture à fresque n'a rien de très glamour, mais elle se révèle passionnante sous la plume de l'auteur : il parvient à nous y intéresser non pas en nous bombardant d'informations théoriques mais en nous décrivant les faits et gestes des différents artistes de la bottega de Michel-Ange au jour le jour. On découvre ainsi à travers ces personnages les différentes étapes de la peinture à fresque, le quotidien du métier de fresquiste, le déroulement d'un chantier, le fonctionnement d'une bottega et toutes les émotions qui accompagnent une telle aventure : joie, déconvenues, souffrance, etc. Il s'agit véritablement d'un travail d'équipe, qui nécessite une parfaite coordination.
En effet, la décoration de la voûte de la chapelle Sixtine est une entreprise pleine de difficultés : la surface à peindre est immense et très en hauteur, sa forme courbe crée des déformations et impose de peindre la tête tournée vers le haut, l'échafaudage doit permettre aux célébrations d'avoir lieu même pendant les travaux, etc.
Le problème de l'échafaudage est rapidement résolu par Piero Rosselli avec l'installation de sorgozzoni, des tenons en bois fixés dans les murs et qui supportent les passerelles de l'échafaudage. Cette technique, alors courante à Florence, permet de laisser le sol dégagé pour la célébration des cérémonies prévues pendant la rénovation et d'éviter de laisser des trous d'accrochage dans la voûte.
Une fois l'échafaudage mis en place, Michel-Ange inspecte le plafond et doit se résoudre à ôter la fresque existante et poser un nouvel arriccio (couche de plâtre appliquée sur la maçonnerie). En effet, initialement, l'artiste pensait préparer le plafond en martellinatura : la fresque préexistante est percée d'une multitude de trous à l'aide d'un picot, de telle sorte qu'on peut appliquer l'intonaco pour la nouvelle fresque directement sur l'ancien arriccio. Mais, dans le cas présent, la fresque s'est presque détachée de la maçonnerie. Cette tâche, confiée à Aurelio, se révèle assez fastidieuse au point que le jeune homme se démet la clavicule au bout de quelques jours de labeur (merci aux compresses à la ricotta !). En outre, aux heures les plus chaudes de la journée, l'échafaudage devient une fournaise et se transforme vite aussi en bain de vapeur tant il faut d'eau pour mélanger l'arriccio.
Pendant que l'arriccio sèche, Michel-Ange prépare ses dessins à l'échelle réelle sur un carton tandis que son équipe se charge de préparer l'intonaco, l'enduit qui va recouvrir l'arriccio. L'application de l'intonaco demande aussi de la précision : on le pose en strates plus minces que l'arriccio pour éviter que des fissures se forment lors du séchage, et il faut qu'il soit plus régulier que l'arriccio sinon l'intonaco ne prend pas les couleurs de façon uniforme.
Une fois l'intonaco appliqué, il faut appliquer les pigments dissous dans l'eau avant que l'enduit ne durcisse, c'est-à-dire dans un délai de 24 à 48 heures après son étalement. Le carton est alors fixé sur le support par des aiguilles et on reporte les lignes du dessin sur l'enduit. Pour cela, il existe deux techniques de transfert :
La plus simple et la plus rapide consiste à dessiner les lignes avec un crayon fin, de telle sorte que des rainures fines restent visibles dans l'enduit encore humide.
La méthode la plus exacte, mais aussi la plus compliquée, consiste à perforer le carton le long des lignes de centaines de petits trous d'aiguille, puis de le "poudrer" avec des petits sacs remplis de poussière de charbon, afin que les lignes soient reportées sur l'intonaco.
Comme Michel-Ange n'a pas l'habitude de peindre des fresques, il préfère éviter tout risque dans un premier temps. Par la suite, il réalisera de nombreuses parties sans le secours du carton !
Quand la giornata (surface prévue pour la journée) est enduite, on efface ensuite avec des draps humides les traces de l'enduit et on frotte l'intonaco pour le rendre un peu rugueux.
Tout ce travail est réalisé dans des conditions assez compliquées : échafaudage en hauteur, alternance de la chaleur en plein été et du froid en hiver, peu de lumière naturelle, position inconfortable des corps, à la fois tordus et penchés en arrière... Et un travail qui ne tolère pas l'approximation...
Une tâche méticuleuse et exigeante
Bien qu'entouré de fresquistes renommés, Michel-Ange découvre un jour des moisissures sur la quasi-totalité de la fresque en cours de réalisation. Comme l'arriccio est sec, le responsable est l'intonaco qui est trop humide. Fureur de l'artiste qui voit son travail détruit par un manque d'expérience des matériaux romains. En effet, Piero Rosselli, le maître maçon florentin, a l'habitude d'utiliser de la chaux de marbre et du sable de l'Arno, et non de la chaux de travertin et de la pouzzolane. Or, ces matériaux réagissent différemment. Giuliano da Sangallo finit par trouver le bon mélange entre les différents matériaux. L'enduit est entièrement détruit et repeint par Michel-Ange : voilà deux mois de travail détruit...
Du fait de son inexpérience et des conséquences dramatiques qu'il a dû affronter au début de son travail, on ne peut qu'être stupéfait de la maîtrise technique et formelle que manifeste Michel-Ange, car il ne fera pas d'autres erreurs par la suite. Erreurs qui auraient pu être les suivantes :
Du fait des variations d'humidité et de température et d'un travail qui s'étale sur plusieurs années, il est difficile d'obtenir chaque jour la même qualité de mélange et la même qualité d'enduit sur le mur. Le risque est que la différence des "journées" se traduise par des inégalités dans l'étalement et la prise du mortier.
Les coloris : la couleur se prépare en mélangeant à l'eau un pigment très fin. Mais il suffit de petits changements dans la finesse et la quantité de pigment ou dans son rapport avec l'eau pour que la couleur finale soit différente. Or les coloris doivent être homogènes, au moins dans les parties adjacentes. Mais l'effet final ne peut être contrôlé que lorsque l'enduit est entièrement sec alors qu'il n'est pas possible d'intervenir sur la peinture une fois l'enduit sec.
Ainsi, à travers ce roman, on découvre toute l'histoire de la fresque de la voûte de la chapelle Sixtine, depuis la conception de son programme iconographique jusqu'à son inauguration spectaculaire, en passant par sa réalisation technique et les difficultés qui se sont présentées au cours du chantier.
Michel-Ange, un être torturé mais un génie !
Même si, comme je l'ai expliqué au début de ma critique, le portrait dressé de Michel-Ange est très flatteur et trop conforme au mythe de l'artiste maudit et seul face à l'adversité du monde, il n'en ressort pas moins que Michel-Ange était une personnalité complexe, un être tourmenté, méfiant, colérique, perfectionniste, exigeant avec lui-même comme avec les autres, à la recherche perpétuelle de la perfection, qui ne souffrait pas la médiocrité.
Ainsi, un jour, alors qu'Aurelio pénètre dans la chambre de Michel-Ange, une pièce dans laquelle personne n'a le droit d'entrer, il découvre des centaines de dessins recouvrant le sol : ce ne sont pas des esquisses destinées à la voûte de la chapelle Sixtine mais des monstres, des démons… ces démons qui le poursuivent nuit et jour, mais on ne saura rien. En effet, ce roman se concentre sur la portion de vie durant laquelle Michel-Ange a réalisé la décoration de la voûte de la chapelle Sixtine, mais il n'aborde pas du tout le reste de sa vie, rien sur sa jeunesse, son adolescence ou bien sa vieillesse. D'où viennent ces démons ? Qui sont-ils ? Pourquoi se considère-t-il comme un pécheur et ne trouve-t-il l'apaisement et le pardon que dans la création ? Ce roman n'apporte certes pas de réponses, mais il permet de mieux cerner la riche personnalité de Michel-Ange.
"– Je parle en tant qu'homme, expliqua Michel-Ange, et non en tant qu'artiste. Je croyais être un homme meilleur. Alors que je ne suis qu'un pauvre pécheur tourmenté par de mauvaises pensées, gonflé de vanité. Une créature pitoyable – il se redressa comme pour se débarrasser d'un fardeau ; au fond de ses yeux brillait à nouveau une étincelle combative. En tant qu'artiste, je n'ai de comptes à rendre qu'à Dieu !"
"– Regarde-moi, répondit Michel-Ange en écartant les bras comme un coupable. Que veux-tu que je fasse d'une chemise neuve ? Je suis laid, Aurelio. Même avant que Torrigiani m'écrase le nez, je n'étais pas beau, mais depuis c'est encore pire. Il baissa les yeux. Ma laideur n'est pas digne d'une belle chemise."
Avec une telle personnalité, Michel-Ange n'est pas une personne facile à vivre au quotidien, surtout pour les artistes de sa bottega qui finissent tous par quitter le chantier. Ne reste qu'Aurelio et un jeune aide. Car, au fur et à mesure que Michel-Ange se familiarise avec la technique de la peinture à fresque et prend donc confiance en lui, il délègue de moins en moins de tâches à ses collègues qui se sentent alors frustrés, d'où leur départ. Il faut dire que tous sont des fresquistes renommés et ils supportent mal le fait que Michel-Ange s'attribue tout le travail. Par exemple, il n'a laissé à Tedesco que la peinture d'une flaque d'eau, d'un peu de ciel et de deux branches d'arbre de la scène du Déluge !
Des histoires de famille...
Ses biographes ont mis en lumière les relations compliquées que Michel-Ange entretenait avec sa famille, source perpétuelle de contrariétés. Dans ce roman, son père et ses frères lui demandent sans cesse de l'argent alors que pendant des années ils estimaient qu'il faisait un travail déshonorant et qu'il souillait le nom de la famille.
La réalité est cependant quelque peu différente. En effet, Michel-Ange était tellement avare qu'il se privait même du strict minimum (nourriture, logement, vêtements), refusant le moindre confort. La description donnée de sa bottega est un bon exemple : c'est une maison misérable avec un étage dont le crépi s'effrite. Au rez-de-chaussée, il y a une pièce sans fenêtre, avec une table faite de planches posées sur des tréteaux entourées de quatre chaises branlantes, et son atelier au sol recouvert de poussière blanche. Sa chambre, à l'étage, ne comporte que le strict minimum.
Certes, sa famille vivait grâce à l'argent de Michel-Ange, mais il ne semble pas qu'elle ait été une si grande source d'ennuis comme le suggère le roman, même s'il est certain que des tensions ont existé, notamment avec son frère Giovan Simone.
Bramante et Raphaël, ses rivaux
C'est en confrontant Michel-Ange à ses deux principaux rivaux d'alors – Bramante et Raphaël – que l'auteur parvient à cerner encore davantage, par contraste, la personnalité de Michel-Ange. En effet, aucun des deux ne trouve grâce aux yeux de Michel-Ange, même si c'est pour des raisons différentes. Pire encore, ils les considèrent comme des "envieux, des concurrents, des intrigants". Dans le roman, Michel-Ange surnomme même Bramante "le lèche-bottes aux yeux globuleux" !
Quant à Raphaël, la comparaison avec Michel-Ange est vraiment intéressante, car ces deux artistes sont vraiment aux antipodes l'un de l'autre : autant Raphaël est sociable et lumineux, autant Michel-Ange est sauvage et ombrageux. Raphaël fait montre d'une grâce courtisane et d'une peinture gracieuse et parfaite tandis que Michel-Ange est peu avenant et son art tourmenté. Voici comment Michel-Ange décrit Raphaël :
"Il y avait d'autres raisons à l'aversion prononcée que le maître d'Aurelio nourrissait contre l'artiste plus jeune que lui de huit ans : son attitude souple, sa politesse flatteuse, sa popularité, ses manières affables, sa beauté fragile aussi bien que son « regard de chien fidèle qui fait fondre le coeur de toutes les femmes », selon Michel-Ange. Mais le talent artistique de Raphaël était indéniable. Certes, Michel-Ange trouvait que les madones de Raphaël étaient bien trop « sucrées », mais sa composition témoignait de la plus grande maîtrise. Tout comme Michel-Ange, Raphaël avait vite dépassé son maître et, à vingt-cinq ans, il était parvenu au sommet de son art. Derrière les murs du Vatican régnait une guerre entre les artistes, dans laquelle aucun des combattants ne connaissait les armes de son concurrent."
"Comme toujours, entouré d'un cercle d'admirateurs et de jeunes femmes aux coiffures extravagantes qui espéraient qu'un peu de sa gloire les éclabousserait. Comme ce visage dégoûtait Michel-Ange, les traits fins, le nez long et droit, les cheveux sombres, lisses et brillants, qui reposaient sur ses épaules. Un tableau de maître. Comment pouvait-on être si obnubilé par l'idée d'être aimé et adulé de tous ?"
Certes, à l'époque, la concurrence entre artistes est rude, ils n'hésitent pas à s'observer les uns les autres, à se dénigrer mutuellement, à craindre pour leur popularité, mais l'on sent tout de même chez Michel-Ange une certaine tendance à la paranoïa, puisqu'aussi bien Bramante que Raphaël ont reconnu le talent de Michel-Ange après qu'il eut réalisé la décoration de la voûte Sixtine. Michel-Ange semble toujours être sur ses gardes, il s'attend toujours à un piège ou à un coup bas, mais le pape Jules II n'est peut-être pas tout à fait étranger à cette prudence exacerbé...
Un portrait sans concession du pape Jules II
"Toute son attitude démontrait qu'on avait à se soumettre à lui. Le pontife n'avait de comptes à rendre à personne, en dehors du Seigneur Dieu tout-puissant. Et encore, ce n'était pas si sûr. Son visage était anguleux et sa bouche aux lèvres fines était surplombée par un nez fort. Mais, le plus remarquable, c'était son regard clair et perçant, sous des sourcils broussailleux."
Présenté comme un homme irascible, autoritaire, énergique et mal disposé envers Michel-Ange, Jules II est également connu pour avoir été un pape combatif, un pape-soldat, qui a voulu faire de l'État pontifical une grande puissance. Pour cela, il n'hésite pas à utiliser les armes spirituelles contre ses ennemis et à participer personnellement aux campagnes militaires, ce que ce roman met bien en valeur. Préoccupé de l'équilibre des puissances en Italie, cet ambitieux chef d'État, plus séculier que religieux, rétablit son autorité sur les États de l'Église, élimine tour à tour César Borgia, les Vénitiens puis les Français de la Romagne et du Milanais, accroissant simultanément le territoire des États pontificaux.
S'il est certain que le pape n'a pas pour habitude qu'on lui résiste, il n'en demeure pas moins qu'il a énormément de considération et d'admiration pour Michel-Ange, sinon il ne lui aurait jamais confié la réalisation de son mausolée et la décoration de la voûte de la chapelle Sixtine. Mais Michel-Ange, avec son caractère intransigeant et avaricieux, n'est pas une personnalité facile à gérer et il y a parfois de quoi perdre sa patience, surtout lorsqu'on s'appelle Jules II ! Quand deux personnalités fortes se rencontrent, cela crée des étincelles !
La Rome du début du XVIe siècle comme si on y était !
Par le biais d'un narrateur omniscient qui suit en permanence Aurelio, l'auteur dépeint une ville pleine de contrastes. Loin de rester cloîtré dans la chapelle Sixtine, Aurelio déambule dans la ville et fréquente aussi bien les sous-sols du palais papal que des quartiers moins bien fréquentés, puisqu'il fréquente une courtisane, Margherita, qui espère devenir une courtisane honorable, entretenue par un ou plusieurs admirateurs, mais qui finit "courtisane à la bougie" suite à une mésaventure, donc dépendante d'un proxénète. Eh oui, la Rome catholique du XVIe siècle, qui conjugue luxe, beauté et richesse, possède un second visage, bien moins glorieux.
"Rome correspondait bien à ce qu'Aurelio s'était imaginé. La Ville éternelle était aussi gigantesque que majestueuse. Elle brillait comme une promesse. Ses murs résonnaient de l'écho du pas noble des chevaux caracolant dans les rues. Aurelio s'émerveillait des manches de velours bordées d'hermine, des carrosses fermés aux ferrures dorées, des maisons à l'allure de forteresses, des portes et des églises imposantes. Rome était tout cela, mais aussi son contraire. Tout ce qui était beau dans cette ville se voyait associer la laideur, comme une preuve de son évidente ambiguïté. Comme pour rendre la beauté encore plus belle et la laideur encore plus laide. Le patricien était suivi d'une demi-douzaine de mendiants en haillons. La façade de marbre côtoyait des ruines. Les ruelles étaient envahies de débris et d'excréments de toutes sortes. Tout ce qui ne servait plus était jeté par les fenêtres ou balayé dehors. Dans cette ville, c'était chacun pour soi."
À la richesse du quartier de la place Saint-Pierre s'oppose des quartiers miséreux, mal famés, sales, tel le Vélabre : "Le Vélabre avait été un marécage jusqu'à ce que Tarquin l'Ancien eût l'idée de faire creuser la cloaca maxima. Pendant des siècles, le Vélabre a ensuite été un quartier animé, apprécié des marchands ambulants, des devins et des danseurs. Mais le V est devenu un cloaque depuis car le système d'égout est sans cesse interrompu et les canaux sont bouchés au point qu'on a été obligés d'installer des planches pour cheminer au-dessus des eux usées stagnantes sans compter les mauvaises odeurs."
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En conclusion
Points forts :
Un roman très documenté et qui mêle brillamment réalité artistique et fiction.
Un contexte historique bien campé en arrière-plan, qui ne vient jamais troubler le récit mais le complète utilement.
Une approche romanesque, à la fois pleine de vie et accessible à tous, pour découvrir et comprendre ce chef-d'oeuvre de la Renaissance.
Des personnages historiques très bien incarnés, dotés d'une forte présence aussi bien physique que psychologique : Michel-Ange, Bramante, Raphaël, Jules II.
Une présentation très instructive et passionnante du milieu artistique de la Renaissance à Rome : méthodes de travail, vie quotidienne, cadre de vie, rivalités, etc.
Points faibles :
Pas de mention des sources historiques utilisées ni de bibliographie.
Une vision partiale et subjective de cet épisode de la vie de Michel-Ange et du personnage lui-même.
Absence de reproductions de la voûte de la chapelle Sixtine.
Caractéristiques techniques
Livre papier
Éditeur : Pocket Date de parution : novembre 2015 Couverture : brochée Format : 10,8 cm x 17,7 cm Pagination : 624 pages ISBN : 978-2-2662-5391-8
Le temps des bohèmes est le roman vrai des aventuriers de l'art moderne, quand Paris était la capitale du monde. Ils étaient peintres, poètes, écrivains, sculpteurs, musiciens. Leurs vies furent flamboyantes comme leurs oeuvres. Et leurs oeuvres, belles comme la vie. Ils demeurent à jamais les personnages de leurs propres légendes.
Première saison : Bohèmes. Sur les trottoirs de Montmartre et de Montparnasse, entre le Bateau-Lavoir et la Closerie des Lilas, allaient les sublimes trublions : Jarry, son hibou et ses revolvers, Picasso sympathisant anarchiste, Apollinaire l'érotomane, Max Jacob et ses hommes, Modigliani et ses femmes, Aragon le flambeur, Soutine le solitaire, Man Ray, Braque, Matisse, Breton et les autres... Ils venaient de tous les pays. Fauves, cubistes, surréalistes, fêtards, amoureux – libres.
Deuxième saison : Libertad ! Les héros s'appellent Malraux, Saint-Exupéry, Dos Passos, Prévert, Hemingway, Orwell, Dali… Un éventail d'enthousiasmes et d'illusions tendu entre la montée du fascisme et la guerre d'Espagne. Ici, Aragon vend son âme à Staline ; là, Gide pontifie aux obsèques de Gorki ; ailleurs, Gala passe des bras d'Eluard à ceux de Dali tandis que Picasso peint et que Robert Capa photographie tout ce qui bouge – ou meurt. Nous sommes entre Paris, Madrid, Berlin et Moscou, dans une époque qui hésite entre l'espoir et le chaos...
Troisième saison : Minuit. L'épopée des écrivains, des artistes et des intellectuels sous l'Occupation. Sartre et Beauvoir, Camus, René Char, Vercors, Aragon et Elsa, Prévert, Desnos, Saint-Exupéry, Drieu La Rochelle, Picasso, Prévert, Cocteau et tant d'autres : le grand bal de la France qui écrit, peint, dessine, filme, joue, publie, collabore, résiste, s'accommode. De Paris à Marseille dans la débandade de l'exode, de Marseille à New York dans les bateaux de l'espoir, de Paris à Berlin dans les trains de la honte, des gares de la déportation aux camps de la nuit et du brouillard, autant de destins d'une génération dont la tragédie de l'Histoire a transformé la vie en roman.
Caractéristiques techniques
Livre papier
Éditeur : Grasset Date de parution : octobre 2015 Couverture : brochée Format : 15,5 cm x 24 cm Pagination : 1216 pages2 ISBN : 978-2-2468-5799-0
Phrynê a 16 ans et déjà la beauté du diable quand le jeune Praxitélês pose pour la première fois les yeux sur elle. Il n'est pas encore le plus grand artiste de son temps, elle est encore loin de devenir l'hétaïre la plus scandaleuse d'Athènes. Ni l'un ni l'autre ne devine que la déshabiller les rendra tous deux célèbres pour l'éternité. Mais ce premier regard va sceller leurs destins, miroirs d’une civilisation à l'aube de sa métamorphose.
De la débauche codée des banquets aux corps à corps avec l'inspiration dans l'atelier du sculpteur, de la furie sans merci des champs de bataille aux dangereux périples jusqu'aux confins de l'Orient, du bouillonnement de la philosophie grecque en pleine découverte d'elle-même aux déchaînements païens des rituels les plus révolutionnaires… voici une expérience de lecture kaléidoscopique.
Magistral et joueur, Christophe Bouquerel s'inspire d'un personnage dont la légende a traversé les siècles pour tracer la trajectoire hors du commun d'une femme de chair et de passions, fougueusement engagée dans la tentative de conduire sa propre histoire, qui défie constamment la société et les hommes sans jamais renoncer à l'affirmation de son identité.
Roman initiatique dans tous les sens du terme, à la fois fresque et portrait, La Première Femme nue raconte autant le perpétuel apprentissage d'une héroïne subversive par instinct de survie que l'aventure d'un monde qui vacille et se réinvente.
Prix Historia 2015 du roman historique.
En complément
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Éditeur : Actes Sud Date de parution : mai 2015 Couverture : brochée Format : 14,5 cm x 24 cm Pagination : 1200 pages ISBN : 978-2-3300-5086-3
Livre numérique
Éditeur : Actes Sud Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub ou PDF –– ePagine : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub ou PDF
Printemps 1236, la nef de la cathédrale d'Amiens est achevée. Néanmoins les bâtisseurs entrent dans la phase clé de l'élévation, la croisée des transepts. De plus, le rite impose que la face de Dieu soit représentée au porche central afin que les offices religieux puissent s'y tenir. Le Livre d'Amiens ou le secret d'une cathédrale se situe à cette époque.
Le lecteur est invité à entrer tour à tour dans l'intimité de Silvère, l'imagier sculpteur supposé du Beau Dieu, et de Jehan, l'appareilleur ou chef de travaux sous les ordres de l'architecte Renaud Cormont. Deux points de vue, celui d'un compagnon venu d'ailleurs et celui d'un fils d'échevin amiénois, pour faire revivre la ville d'Amiens au XIIIe siècle.
La cathédrale d'Amiens est l'harmonie dans toute son élégance et sa splendeur, elle est l'apogée de l'art ogival. L'auteur y voit l'accomplissement du génie humain émanant de l'union de deux forces, celle de la connaissance – science et philosophie de l'alchimie – et celle d'une spiritualité authentique exprimée par la fraternité des compagnons et les sacrifices consentis par le peuple amiénois.
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Livre papier
Éditeur : Encrage Date de parution : mai 2015 Couverture : brochée Format : 13 cm x 20 cm Pagination : 294 pages ISBN : 978-2-3605-8053-8
Fuyant l'Italie où sa fougue lui a valu des ennuis avec le pape Paul III, Benvenuto Cellini, célèbre sculpteur et orfèvre, arrive à la cour de France sur l'invitation de François Ier. Il est accompagné, entre autres, de son jeune apprenti Ascanio qu'il aime comme un fils et dont la redoutable duchesse d'Étampes, alors maîtresse du roi, est tombée amoureuse.
Bien que légitime, l'installation par la force de Cellini dans le Grand Nesle lui attire la haine de Mme d'Étampes et de son protégé le prévôt de Paris Robert d'Estourville. En même temps, il rencontre l'amour en la personne de la douce et charmante Colombe, la fille du prévôt, qui malheureusement pour lui aime et est aimée d'Ascanio...
La rivalité entre le maître et l'apprenti pourrait être terrible sans la grandeur d'âme de Cellini qui, touché par la force et la pureté de leur amour et surmontant sa douleur, renonce à Colombe et décide de tout mettre en oeuvre pour faire échouer le mariage que la duchesse d'Étampes par jalousie, et le prévôt de Paris par cupidité, ont décidé pour Colombe...
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Éditeur : Bartillat Date de parution : mars 2014 Couverture : brochée Format : 11 cm x 18 cm Pagination : 504 pages ISBN : 978-2-8410-0552-9
En 1500, à Marche-en-Famenne, ville fortifiée du Nord, Thomas est imagier et sculpteur. Si son destin, au côté d'Isabelle, semble placé sous les meilleurs auspices, c'est sans compter avec Jehan, l'ami d'enfance, le sculpteur rival, prêt à tout pour briller.
Poussé par les épreuves, jeté sur les chemins de la renaissance, de Metz à Chaource, Thomas s'affranchira-t-il de ses liens et trouvera-t-il au bout de sa quête le trésor caché en lui ?
Caractéristiques techniques
Livre papier
Éditeur : Mols Date de parution : août 2012 Couverture : brochée Format : 15,5 cm x 23 cm Pagination : 400 pages ISBN : 978-2-8740-2145-9
Durant l'automne 1902, le poète Rainer Maria Rilke, venu rencontrer Rodin à Paris, croise une femme superbe dans les jardins du Luxembourg, Camille Claudel. Son regard, bientôt ses créations de sculptrice, l'émerveillent.
Une relation va s'instaurer et les unir, secrète, épisodique – parce que le poète sans domicile fixe voyage et parcourt l'Europe. Leurs conversations, tour à tour directes ou épistolaires, constituent peu à peu un dialogue où l'amitié amoureuse ouvre sur des partages artistiques et spirituels passionnants.
Dans ce roman, Olympia Alberti, fidèle à sa recherche intérieure, crée l'espace de densité et de lumière où les deux âmes échangent, en toute audace, en toute liberté.
Caractéristiques techniques
Livre papier
Éditeur : Salvator Date de parution : août 2012 Couverture : brochée Format : 11 cm x 21 cm Pagination : 252 pages ISBN : 978-2-7067-0927-2