Les salons de Saint-Pétersbourg, en ce printemps 1909, sont en émoi. Il n'est question que de l'incident qui vient d'avoir lieu lors d'un concert donné chez la grande-duchesse Maria Alexandrovna : une dame, Ksenia Mikhaïlovna Sadovskaia, s'est évanouie en écoutant un jeune musicien français engagé depuis quelques années par l'orchestre du théâtre Mariinksi, Alexandre de Porcayragues, jouer de l'alto. Que cache ce malaise ? Quelle fibre secrète le son de l'instrument, plus grave que celui du violon, a-t-il touchée en Ksenia Mikhaïlovna, pour que celle-ci se soit trouvée mal ? Le médecin qui la soigne ne va pas tarder à demander au jeune altiste de venir jouer pour sa patiente, afin de la soumette à une sorte de cure par la musique. Cette rencontre changera le destin d'Alexandre. Savamment construit, faisant alterner la rumeur des salons de la ville, en une suite de dialogues, avec une série de lettres, notamment celles qu'échangent Alexandre de Porcayragues et sa soeur Hélène restée en France, le roman de Jean-Louis Backès multiplie les coups de théâtre jusqu'à la découverte de la clé de l'énigme longtemps après par le meilleur ami d'Alexandre, un jeune médecin, resté en Russie après la révolution.
Caractéristiques techniques
Livre papier
Éditeur : La Coopérative Date de parution : octobre 2025 Couverture : brochée Format : 15,3 cm x 21 cm Pagination : 160 pages ISBN : 979-1-0950-6673-6
Autrice : Hanni Münzer Traduction : Céline Maurice
Texte de présentation
Mai 1945. Les armes se sont en fin tues en Europe. Mais Kathi Sadler, jeune génie des mathématiques, ne connaît pas la paix, pas plus qu'elle ne peut librement quitter Berlin pour rentrer chez elle. Considérée comme une prise de guerre par les Soviétiques, elle est envoyée à Moscou. De fait, les dirigeants russes souhaitent mettre ses talents de scientifique au service de leur nouveau programme de conquête spatiale. Alors que le Rideau de fer scinde désormais le continent, Kathi devra se battre pour reconquérir sa liberté. Avec le désir de bientôt retrouver ceux qu'elle aime... Après La Nostalgie des sentiments, Hanni Münzer poursuit l'histoire de Kathi, inspirée de celle de sa grand-mère. Un roman qui se veut "un hommage à tous ceux qui ont bravé des temps de barbarie, tout en conservant leur humanité".
Caractéristiques techniques
Livre papier
Éditeur : Archipoche Date de parution : septembre 2025 Couverture : brochée Format : 11 cm x 17,9 cm Pagination : 480 pages ISBN : 979-1-0392-0654-9
Vladimir Maïakovski naît en Géorgie en 1893. Issu d'une famille modeste, il s'installe à Moscou en 1906 après la mort de son père. C'est là qu'un destin inouï commence. Dans ce nouveau roman-enquête, Yoann Iacono entremêle archives, correspondance et fiction pour nous emmener sur les pas d'un homme visionnaire, poète génial et révolutionnaire inaccompli, dont les passions ont exalté la Russie du XXe siècle. Joueur de poker insatiable, lecteur intarissable, tiraillé de Moscou à Paris entre ses amours, ses ambitions artistiques et son rôle politique, capable d'autant de lucidité que de folie, Vladimir Maïakovski et ses mille vies incarnent une somme de contradictions dont la beauté et la portée sont tout actuelles.
Auteur : Mario Rigoni Stern Traduction : Laura Brignon
Texte de présentation
Russie, hiver 1942-1943. Le sergent-chef Mario Rigoni dirige une unité de chasseurs alpins dans les tranchées sur la ligne de front, le long du Don. De l'autre côté, les Russes s'apprêtent à franchir le fleuve gelé. Pour échapper à l'encerclement, les soldats italiens sont contraints de battre en retraite. Un long exode sous le feu de l'ennemi attend ces hommes déjà harassés par de longs mois de guerre. À travers la steppe enneigée, à pied et affamés, la souffrance les pousse à la limite de leur résistance. Mais, envers et contre tout, au coeur de l'horreur de la guerre, jamais l'humanité et l'espoir ne les quitte. Avec Le Sergent dans la neige Mario Rigoni Stern témoigne de l'un des épisodes les plus marquants de la mémoire italienne de la Seconde Guerre mondiale et de son propre combat pour la survie.
Caractéristiques techniques
Livre papier
Éditeur : Gallmeister Date de parution : septembre 2025 Couverture : brochée Format : 14 cm x 20,5 cm Pagination : 192 pages ISBN : 978-2-3517-8350-4
En 1919, Marina Tsvetaeva a 27 ans lorsque, en pleine guerre civile, elle se retrouve seule à Moscou avec ses deux filles. Son mari s'est engagé dans les armées blanches et elle ignore s'il est toujours en vie. Dans une ville sous le joug du froid et de la famine, les difficultés matérielles la contraignent à laisser ses fillettes dans un orphelinat. Alia a 7 ans. C'est une enfant d'une intelligence exceptionnelle. Irina a 2 ans. Mal aimée et sans doute atteinte de troubles mentaux, elle va mourir de faim. Un drame qui pousse Marina à revenir sur sa vie passée pour essayer de comprendre comment elle en est arrivée à laisser périr son enfant dans un orphelinat, alors qu'elle en avait sorti l'aînée quelques jours plus tôt. Avec ce roman fervent, Béatrice Wilmos nous fait traverser deux années d'une vie percutée par la Révolution. Dans un dénuement extrême, Marina Tsvetaeva vole de l'encre pour écrire des poèmes, raconte dans ses carnets la douleur comme les joies dérobées aux désastres du temps, se retient de s'effondrer lorsque la tragédie la frappe. Poétesse, mère, femme amoureuse, Marina Tsvetaeva nous bouleverse.
Caractéristiques techniques
Livre papier
Éditeur : Babel Date de parution : septembre 2025 Couverture : brochée Format : 11 cm x 17,6 cm Pagination : 192 pages ISBN : 978-2-3302-0982-7
Livre numérique
Éditeur : Rouergue Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub ou PDF –– ePagine : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub
Kolyma : grand Est Sibérien, aux confins extrêmes de la Russie, où le froid atteint -60 °C. C'est ici, le long de ces rivières, que les pires camps du Goulag stalinien furent construits. Ici aussi que Sylla Bach, l'héroïne de ce roman, est devenue "la tueuse de chiennes". Internée neuf ans à la Kolyma, elle fut le bras armé des truands et des hommes du NKVD lors des grandes purges, puis celui des frères Vadas, chefs de l'impitoyable famille des transylvaniens à la tête des mines d’or de la région. Quand le roman démarre, nous sommes en 1956 : Staline est mort depuis trois ans, les camps disparaissent, restent les mines. Tous les personnages du livre sont revenus vivants de la Kolyma : Sylla Bach ; Varlam, le vieux bolchevick qui l'a recueillie dans un orphelinat du Caucase et qui l'a formée ; les frères Vadas, Pal et Lazar, dont la haine réciproque tisse les fils de l'action ; Kassia, l'infirmière que Sylla a rencontrée et aimée là-bas. Parce qu'elle aurait trahi le clan, Sylla est condamnée à survivre dans les décombres de cette ville où la révolte vient d'être matée et à aimer Kassia de loin, en la protégeant sans qu'elle le sache. Elle la croyait à l'abri mais la sortie de prison de Lazar Vadas va réveiller les haines et l'obliger à reprendre la route et les armes pour aller retrouver sa liberté. De Budapest écrasée par les chars russes en passant par Kiev et Moscou, tous les personnages se retrouveront là où pour eux tout a commencé et tout devra finir : à Magadan, coeur de la Kolyma. Exceptionnel et entêtant, Adieu Kolyma nous transporte dans l'une des régions les plus désolées du monde pour y jouer les dernières notes de la sonate Sylla Bach et mettre en scène un drame shakespearien dont tous les éléments sont présents : l'amour, la mort, la guerre ; les liens du sang rompus, la loi des clans trahie et les corps désunis.
Une enquête familiale sur les traces d'un oncle disparu aviateur légendaire, une odyssée magistrale entre Paris, Bagdad et Krasnodar, des années 1960 aux années 2000. "Le ciel est immense, maman, vais-je me perdre ?" écrit Adel à sa mère en 1967. Pilote d'exception, le jeune Irakien est envoyé par l'armée de l'air pour être formé en URSS, avant de disparaître en 1974, entre Bagdad et Krasnodar. Trente ans plus tard, son neveu Taymour ne supporte plus le mystère qui entoure l'absence de cet oncle. Est-il vraiment mort en héros ? Sans relâche, Taymour va défier les silences d'une famille et d'un régime, jusqu'à s'inscrire à l'émission de recherche télévisée russe Zhdi Menya, "Attends-moi"... Une fresque magistrale, un voyage dans les dédales d’un secret de famille, un roman pour faire revivre les disparus dans la mémoire intime et collective.
Journaliste grand reporter français d'origine irakienne, lauréat du Prix Albert Londres en 2019 pour son livre Le Parfum d'Irak, Feurat Alani est également producteur de documentaires et de reportages pour plusieurs médias français et étrangers. Ses activités l'amènent donc à sillonner le monde entier, notamment l'Irak, les États-Unis, l'Égypte, l'Algérie, le Maroc, l'Afghanistan, la Libye... En parallèle, Feurat Alani a publié un premier roman en 2013, Je me souviens de Falloujah, dans lequel il explore les blessures de l'exil. Ce roman a obtenu plusieurs prix dont le prix Senghor du premier roman, le prix de la littérature arabe, le prix du roman Version Femina et le prix Amerigo Vespucci. Avec ce nouveau roman, l'auteur continue de nous parler du pays de sa famille, l'Irak, en s'attaquant à un secret de famille et aux silences qui en découlent.
Pourquoi ai-je choisi ce livre ?
Pour trois raisons principales :
Il était présenté en nouveauté dans ma bibliothèque parmi les romans de la rentrée littéraire "août 2025" et ne semblait pas faire l'objet d'un emballement médiatique démesuré (ce qui est plutôt bon signe selon moi !).
Étant passionnée par l'histoire et la généalogie, j'ai un fort attrait pour les récits consacrés à des enquêtes pour résoudre des secrets familiaux et sortir un personnage de l'oubli. Ici, ce roman parle d'un homme qui enquête sur son oncle mystérieusement disparu.
Mais cette histoire de secret familial m'a d'autant plus intéressée qu'elle se déroule dans un contexte que je connais mal, celui de l'Irak durant la Guerre froide. Je me suis donc dit que cette lecture allait aussi me permettre d'apprendre plein de choses sur l'histoire du Moyen-Orient.
"Toutes les familles ont un secret. Il peut s'accrocher à une vie entière, emmurer les personnes qui le protègent, les forcer à marcher sur de la moquette épaisse, pour étouffer le bruit de leurs pas. Il est un silence qui étreint le coeur, qui ne nous libère jamais de son emprise. Il prend discrètement de la place, jusqu'à écarter les parois d'une coquille invisible, pour permettre de s'y faufiler. Parfois, il finit même par se fissurer. (...) Toutes les familles ont un fantôme."
Mais de quoi ce roman parle-t-il plus précisément ?
Taymour, jeune photographe franco-irakien élevé en France, est hanté depuis sa plus tendre enfance par le mystère entourant la disparition, bien avant sa naissance, de son oncle Adel, le frère de sa mère. De lui ne subsiste qu'une photo en noir et blanc en tenue d'aviateur posant fièrement devant son avion de combat soviétique, un MIG-21, durant la Guerre froide. Tout petit déjà, il cherche à comprendre ce qui est arrivé à cet oncle : que s'est-il passé ? pourquoi n'a-t-on même pas retrouvé les débris de son avion ? a-t-il réellement disparu ? est-il vivant ou mort ? Il interroge alors sa mère avec insistance, mais il se heurte toujours au silence ou bien à des réponses lapidaires ou évasives. Mais une fois adulte, ce silence obsède toujours Taymour, il ne le supporte plus, il a besoin d'avoir des réponses. Il profite d'un voyage à Bagdad en 1990 pour questionner son entourage – sa mère, sa grand-mère Bibi Nahda, ses tantes, le fils d'Adel –, mais il se heurte toujours à ce même silence gêné. Bibi Nahda finit cependant par lui raconter l'histoire de son fils. Ce dernier, jeune pilote émérite de l'armée irakienne, a été envoyé par l'armée de l'air pour se former en URSS et il s'est volatilisé en 1974 aux commandes de son MIG-21, entre Bagdad et Krasnodar, une base d'entraînement en Russie, sans qu'on ne retrouve aucune trace ni de lui, ni de son appareil. Officiellement, il est mort au cours de cet exercice de vol. Mais qu'en est-il vraiment ? Accident lors d'une mission en vol ? Suicide ? Disparition de son plein gré ? Certes, la lecture des carnets et des lettres de son oncle apporte quelques pistes à Taymour, mais comment aller plus loin ? Las, son enquête au point mort, Taymour décide en 2008 de contacter une émission de téléréalité russe, Zhdi Menya, l'équivalent de notre Perdu de vue français, spécialisée dans la recherche de personnes disparues, pour tenter de savoir ce qui est arrivé à son oncle.
Où se situe la frontière entre réalité et fiction ?
Vu que ce livre est classé dans la catégorie "roman" et non "récit", je suis partie du principe qu'il s'agissait d'une oeuvre de fiction... Sauf qu'en parcourant les pages de fin avant de débuter ma lecture, j'ai eu la surprise de découvrir le portrait en noir et blanc d'un homme posant devant un avion ! Là, j'en ai déduit qu'il s'agissait d'un récit, que l'histoire racontée dans ce livre était vraie. Je me plonge alors dans la lecture des premières pages et, là, je me rends compte que le style narratif ne laisse planer aucun doute, c'est un roman. En effet, le narrateur s'appelle Taymour, pas Feurat. Cependant, quelque chose me chiffonne : je n'aime pas lire sans comprendre si on va me raconter une histoire vraie ou inventée. Ce narrateur est-il l'auteur ? S'agit-il d'une oeuvre de fiction ou d'une histoire vraie ? Malheureusement, ces questionnements, cette sensation de ne pas "savoir sur quel pied danser", m'ont poursuivie jusqu'à la fin de ma lecture gâchant ainsi un peu mon plaisir. Lors d'une interview, Feurat Alani a déclaré que la frontière entre la réalité et la fiction n'existait pas pour lui, que les deux finissent par se confondre dans son roman. Hélas, elle existe pour moi et j'aurais aimé que l'auteur donne des précisions sur ce point en début d'ouvrage. Peu importe qu'il s'agisse de faits réels ou fictionnels, je souhaite juste que l'auteur le précise, car la lecture n'est pas la même et cela évite beaucoup de questionnements qui perturbent la lecture.
Un style qui évolue au cours du roman
Feurat Alani est avant tout un journaliste, donc ne vous attendez pas à de grandes envolées lyriques ou à des phrases ciselées et c'est tant mieux car cela n'aurait pas collé avec le rythme de l'enquête, l'atmosphère faite de silences et le caractère du narrateur. Le recours au récit rédigé à la première personne du singulier et, qui plus est, à un narrateur qui se révèle être l'auteur, permet d'être au plus proche des émotions du personnage principal. Si la première moitié du roman se caractérise justement par un traitement journalistique, un style fait de phrases courtes et sans aucune fioriture, comme si le narrateur était lui-même prisonnier de ces silences, la suite évolue vers une écriture plus sensible mais pleine de retenue, laissant plus de place à l'expression des sentiments et des doutes. On sent alors poindre toute l'inquiétude et la fébrilité du narrateur : va-t-il enfin connaître la vérité ? Va-t-il pouvoir se débarrasser de ces silences qui pèsent sur lui ?
Une construction intéressante mais un peu perturbante
Ce roman est construit sur des allers-retours dans le temps – entre les années 30 et les années 2000 – et l'espace – de la France à l'Irak en passant par l'URSS, car il s'articule autour de l'enquête du narrateur avec, en parallèle, des flashbacks de la vie d'Adel. Dès que Taymour découvre un nouvel indice, l'auteur nous dévoile ensuite dans un autre chapitre l'histoire qui se cache derrière cet indice. Heureusement, chaque début de chapitre est balisé par une date et un lieu, mais cela finit quand même par faire beaucoup d'allers-retours, surtout que les chapitres sont courts. On n'a pas vraiment le temps de s'installer aux côtés de Taymour ou d'Adel, on repart illico ailleurs ! L'autre difficulté, c'est que j'ai eu parfois un peu de mal à bien visualiser l'enchaînement et l'imbrication des événements dans le temps. Mais l'avantage d'un tel procédé, c'est qu'on est vraiment aux côtés du narrateur, on assiste à ses découvertes en même temps que lui, rien ne nous est caché.
La petite histoire et la grande histoire
Certes, la petite histoire, celles d'Adel, est passionnante, mais je ne vous en dirai pas plus pour ne pas vous dévoiler le fin mot de l'histoire. Cependant, l'autre intérêt de ce roman est que l'histoire d'Adel et de sa famille s'inscrit totalement dans l'histoire contemporaine de l'Irak, entre les années 1938 et 2008. En suivant cette quête familiale poignante entre Paris et Bagdad, on découvre tout un pan de l'histoire mouvementée de l'Irak et des relations géopolitiques que ce pays entretenait avec l'URSS durant la Guerre froide. En effet, on connaît plutôt bien la Guerre froide du côté européen, mais qu'en est-il au Moyen-Orient ? Et qu'en est-il de la posture de l'Irak au cours des conflits au Proche-Orient ? Préparez-vous à assister, en arrière-plan du récit, à l'arrivée du parti Baas et de Saddam Hussein au pouvoir, à l'opération Diamond, à la guerre des Six Jours, à la guerre Iran-Irak... Cependant, il aurait été peut-être judicieux d'ajouter au début du roman un court rappel du contexte historique et politique de l'Irak et de l'URSS durant cette période, afin de partir sur de bonnes bases dès le départ. Par ailleurs, les événements historiques ne sont évoqués que s'ils ont un lien avec Adel, jamais avec celui de sa famille, donc on ignore totalement les conséquences de l'arrivée au pouvoir de Saddam Hussein pour le reste de sa famille ou leurs opinions à ce propos. Mais cela nous aurait peut-être trop éloigné de l'enquête de Taymour. Mais j'aurais bien aimé en savoir un peu plus sur ces personnages féminins présents dans le roman, surtout celui de la grand-mère, qui semblent avoir du caractère mais dont on ne sait pas grand-chose finalement.
Un suspense intense
À force de côtoyer Taymour, on devient aussi impatient et fébrile que lui, on veut connaître la vérité ! Après avoir exploré toutes les hypothèses possibles, le narrateur nous apporte une réponse convaincante, mais non dénuée de mystère. On ressort de cette lecture avec d'autres questions, quelques doutes, quelques incertitudes, mais finalement à la question posée par Adel à sa mère en 1967 dans une lettre : "Le ciel est immense, maman, trop vaste. Vais-je me perdre ?", on pourrait lui répondre "N'aie pas peur du ciel, aie plutôt peur des hommes".
Mêlant enquête familiale et histoire de l'Irak, ce roman offre au lecteur une histoire originale et passionnante. Par le biais de deux hommes, Adel et Taymour, il nous invite à nous interroger sur notre libre arbitre et sur le sens de la quête de la vérité à tout prix : jusqu'où un homme peut-il aller pour suivre sa conscience ? Peut-on se libérer des chaînes du système social et politique ? Que cherchons-nous en traquant la vérité ? Faut-il la chercher à tout prix, au risque de rouvrir les blessures que nos proches ont mis des années à cicatriser ? Toute vérité est-elle bonne à savoir ?
♜ ♜ ♜ ♜ ♜ ♜
En conclusion
Points forts :
L'histoire de l'Irak et ses relations avec les autres pays du Moyen-Orient et l'URSS durant la Guerre froide.
Un secret familial qui sort de l'ordinaire.
Une écriture qui évolue au cours de l'histoire, s'adaptant au ressenti du narrateur.
Un fort suspense jusqu'au bout et quelques mystères qui demeurent !
Un roman qui permet de s'interroger autour de thèmes universels : l'absence, la mémoire, la transmission, la famille, le poids du secret...
Points négatifs :
Une énorme difficulté à démêler le vrai du faux au départ du roman.
Une chronologie narrative un peu trop éclatée.
Un style journalistique un peu sec et haché au départ qui pourrait décourager les amateurs de belles phrases et de descriptions détaillées.
Caractéristiques techniques
Livre papier
Éditeur : JC Lattès Date de parution : août 2025 Couverture : brochée Format : 13 cm x 20,5 cm Pagination : 272 pages ISBN : 978-2-7096-7424-9
Lyon, 1934. Nine Dupré, 27 ans, appartient à une lignée de parfumeurs français établie à Moscou sous l'empire des tsars. La révolution bolchevique a mis fin brutalement à son enfance. Son père, qui lui a transmis sa passion, a disparu dans la tourmente. Nine a grandi en exil, à Paris. Désormais, c'est en sa mémoire qu'elle veut se faire un nom dans ce métier exigeant. Alors qu'elle travaille à Lyon pour une grande figure de la parfumerie française qui l'a prise sous son aile, Nine rencontre Pierre Rieux, un commissionnaire au passé sulfureux, proche du pouvoir soviétique. Bien que tout les sépare, ils deviennent amants. Lors de la visite d'une délégation de Soviétiques, Nine respire dans leur sillage un parfum dont seul son père détenait la composition. Comment est-ce possible ? Le maître parfumeur aurait-il survécu au pire ? Et à quel prix ? Une fenêtre s'entrouvre, car Staline vient de lancer un concours international de parfums en prévision des vingt ans de la révolution. Contre toute attente, elle prend le risque insensé de retourner dans sa ville natale, ce Moscou moderne, revu et corrigé par Joseph Staline, en quête de son père. Theresa Révay dévoile une page insolite de la haute parfumerie au XXe siècle. Sur fond de drames historiques et d'amour, elle dresse le portrait d'illustres créateurs mais aussi de personnalités méconnues de cet univers captivant, dont celui de son arrière-grand-oncle, Léon Givaudan.
Éditeur : Le Livre de poche Date de parution : août 2025 Couverture : brochée Format : 10,9 cm x 17,6 cm Pagination : 432 pages ISBN : 978-2-2532-5119-4
"Je suis certain que nous avons réveillé leur satané Sisu. – Je ne parle pas leur langue, camarade. – Et je ne pourrais te traduire ce mot, car il n'a d'équivalent nulle part ailleurs. Le Sisu est l'âme de la Finlande. Il dit le courage, la force intérieure, la ténacité, la résistance, la détermination... Une vie austère, dans un environnement hostile, a forgé leur mental d'un acier qui nous résiste aujourd'hui."
Imaginez un pays minuscule. Imaginez-en un autre, gigantesque. Imaginez maintenant qu'ils s'affrontent.
Au coeur du plus mordant de ses hivers, au coeur de la guerre la plus meurtrière de son histoire, un peuple se dresse contre l'ennemi, et parmi ses soldats naît une légende. La légende de Simo, la Mort Blanche.
Caractéristiques techniques
Livre papier
Éditeur : Pocket Date de parution : août 2025 Couverture : brochée Format : 11,1 cm x 18,1 cm Pagination : 464 pages ISBN : 978-2-2663-3522-5
Auteurs : Steve Berry, Grant Blackwood Traduction : Guillemette Franque
Texte de présentation
Un voyage palpitant à travers les secrets les mieux gardés de la Russie. 1584 : Ivan le Terrible vient de mourir. Les circonstances de sa mort restent mystérieuses, tout comme l'endroit où repose son corps. Sa légendaire collection de livres rares, composée de manuscrits hérités des bibliothèques de Constantinople et d'Alexandrie, demeure, elle aussi, introuvable. 2024 : Luke Daniels, l'élève de Cotton Malone, est envoyé par la CIA en Russie afin de localiser un agent porté disparu après avoir essayé de monter un réseau d'informateurs en Ukraine. Là, Daniels est mis sur la piste d'une opération russe sans aucune existence officielle, dont les conséquences pourraient s'avérer tragiques. C'est le début d'une aventure passionnante qui finira par le conduire sur les traces de la bibliothèque disparue d'Ivan le Terrible. De Lisbonne aux catacombes d'un couvent moscovite en passant par l'Ukraine en guerre, Steve Berry, associé à Grant Blackwood, nous propose un nouveau puzzle diabolique qui va ravir tous les amateurs d'histoire et de suspense.
Caractéristiques techniques
Livre papier
Éditeur : Le Cherche-Midi Date de parution : juin 2025 Couverture : brochée Format : 14,2 cm x 22,2 cm Pagination : 608 pages ISBN : 978-2-7491-8299-5
Au début des années 1920, le comte Alexandre Illitch Rostov, aristocrate impénitent, est condamné par un tribunal bolchévique à vivre en résidence surveillée dans le luxueux hôtel Metropol de Moscou, où le comte a ses habitudes, à quelques encablures du Kremlin. Acceptant joyeusement son sort, le comte Rostov hante les couloirs, salons feutrés, restaurants et salles de réception de l'hôtel, et noue des liens avec le personnel de sa prison dorée – officiant bientôt comme serveur au prestigieux restaurant Boyarski –, des diplomates étrangers de passage – dont le comte sait obtenir les confidences à force de charme, d'esprit, et de vodka –, une belle actrice inaccessible – ou presque –, et côtoie les nouveaux maîtres de la Russie. Mais, plus que toute autre, c'est sa rencontre avec Nina, une fillette de 9 ans, qui bouleverse le cours de sa vie bien réglée au Metropol.
Trois décennies durant, le comte vit nombre d'aventures retranché derrière les grandes baies vitrées du Metropol, microcosme où se rejouent les bouleversements la Russie soviétique.
Auteur : Boris Pasternak Traduction : Hélène Henry
Texte de présentation
À l'orée du XXe siècle en Russie, le jeune orphelin Iouri Jivago se destine à la médecine. Emporté par la marche de l'Histoire, cet homme ordinaire, à l'écoute du monde qui l'entoure, traverse la première moitié du siècle et les événements qui modèlent profondément son pays. Au détour d'un champ de bataille, Jivago retrouvera Lara. Tous deux mariés et habités par la question du bien, ils ne pourront résister à la passion qui les rapproche autant qu'elle les sépare, nouant à jamais leurs existences. Véritable plongée au coeur du peuple russe, Le Docteur Jivago nous offre à la fois une formidable histoire d'amour, une ode aux paysages de la Sibérie et un roman d'idées irrigué par la vie. Publié en 1957 en italien pour échapper à la censure soviétique, il fut traduit en français par quatre traducteurs anonymes en 1958. Cette nouvelle traduction, soixante-cinq ans plus tard, épouse au plus près la langue de Boris Pasternak, faisant résonner les voix de chacun et les échos tant historiques qu'intimes, qui nous emportent dans un tourbillon d'intrigues et d'émotions.
Caractéristiques techniques
Livre papier
Éditeur : Folio Date de parution : avril 2025 Couverture : brochée Format : 10,8 cm x 17,8 cm Pagination : 800 pages ISBN : 978-2-0730-8615-0
Livre numérique
Éditeur : Gallimard Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub ou PDF –– ePagine : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub ou PDF
6 mars 1953, siège de l'Union des compositeurs soviétiques à Moscou : décédé la veille dans l'indifférence générale, quelques minutes avant Joseph Staline, Sergueï Prokofiev est conspué par ses pairs. Traître à la Nation, ennemi du peuple soviétique et serviteur de la musique occidentale : méprisé jusque dans sa tombe, Prokofiev n'est plus, aux yeux du régime, le grand compositeur célébré dans le monde entier qui avait fait sa fierté. Dans ce roman qui pourrait être l'argument d'une symphonie pathétique, Igor, secrétaire personnel du compositeur, nous raconte sa vie. Son enfance choyée et sa passion pour la musique du temps des tsars, ses séjours en Europe autorisés par le nouveau régime, sa rencontre avec Diaghilev puis avec sa première épouse Lina. Les quinze années passées en Amérique et en Europe, malgré ses succès, le laissent désabusé ; taraudé par le conflit entre la musique soviétique supposée ouvriériste et la musique occidentale supposée bourgeoise, déçu par un Occident qui se croit libre mais ne l'est pas autant qu'il le croit, Prokofiev retourne à Moscou en 1936. Et le voici l'objet de la cruauté la plus raffinée de Staline. Gratifié d'un appartement luxueux, il doit composer une Ode à Staline. Épousant une nouvelle femme, il voit Lina envoyée dans un camp de travail forcé. Ces balancements de fortune l'épuisent d'autant plus qu'il doit subir la "campagne de redressement idéologique" de Jdanov. Tout en étant presque le musicien officiel du régime, il est aussi l'un de ceux qui est le plus méticuleusement harcelé. Peut-on dire, avec Igor : "l'artiste n'est jamais libre, il ne le sera jamais" ?
"Soudain la jeune fille se sentit le coeur léger et sa tristesse s'envola. Elle était jeune, pleine d'énergie et de santé, heureuse à la pensée d'une agréable promenade dans les bois. Un jappement la fit se retourner. Deux épagneuls accouraient vers elle Elle rit." Élisabeth, une jeune femme de 16 ans, tombe amoureuse d'un capitaine séduisant dans la France des années 1850. Contrairement aux jeunes filles de son âge, elle est indépendante et préfère la lecture aux mondanités. Leur histoire naît au milieu de malentendus et de quiproquos, mais est rapidement mis à l'épreuve lorsque le jeune homme est envoyé en Crimée pour participer à la guerre. Élisabeth, déterminée à retrouver son bien-aimé, rejoint les hôpitaux militaires en Crimée pour soigner les blessés, tout en espérant renouer avec son capitaine.
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Éditeur : L'Onde Date de parution : mars 2025 Couverture : brochée Format : 14,8 cm x 21 cm Pagination : 150 pages ISBN : 978-2-3715-8575-1
Une fresque historique magnifique qui raconte le destin tragique de deux frères désunis par l’Histoire mais liés par l'amour d'une femme. Russie, 1914. Tout oppose Alexeï et Ivan Narychkine, deux frères issus de l'aristocratie. Alexeï, l'aîné, a hérité de leur père son tempérament déterminé et réfléchi. Libéral, il prône la modernisation et la démocratisation de la Russie. Ivan, lui, ressemble à leur mère : d'un naturel tourmenté et exalté, il épouse volontiers les pensées anarchistes et marxistes. Mais les deux jeunes hommes ont quelque chose en commun : leur amour pour Natalia, leur soeur de lait, fille de leur gouvernante et de l'administrateur des terres familiales. Quand, en 1917, la Révolution éclate, tous se déchirent et chacun choisit son camp, au risque de devoir un jour s'affronter... À travers les parcours d'Alexeï, d'Ivan et de Natalia, Harold Cobert livre une épopée passionnante de près d'un siècle, portée par des personnages inoubliables.
1943. Lenka, jeune femme de 19 ans, s'engage dans les forces armées de l'URSS. Son amour pour sa patrie, sa détermination à la défendre coûte que coûte, font d'elle une redoutable combattante. Institutrice devenue tireuse d'élite, rétive à la discipline, Lenka devient rapidement une célébrité adulée par le parti. Étoile rouge, au rythme haletant et aux scènes d'apocalypse, plonge le lecteur dans le chaos de la guerre. Au-delà de l'histoire de Lenka (inspirée de l'histoire vraie de Roza Chanina), c'est la condition des femmes durant la guerre qui est le vrai sujet de ce roman. Loin du cliché du héros positif, Florian Ferrier explore les zones d'ombre et la puissance des sentiments qui pousseront Lenka, comme d'autres, toujours plus loin – au péril de leur vie.
L'avis de la presse
Historia (cliquer sur l'image pour l'agrandir) :
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Éditeur : Libretto Date de parution : mars 2025 Couverture : brochée Format : 12 cm x 18,2 cm Pagination : 192 pages ISBN : 978-2-3691-4978-1
Dans les années 1920, en URSS, la famine fait rage dans la région de la Volga. Le gouvernement soviétique met sur pied des convois d'évacuation pour sauver les enfants. C'est l'un de ces trains que l'officier de l'Armée rouge Deïev prend en charge, avec à son bord cinq cents enfants, qu'il doit acheminer de Kazan, la capitale du Tatarstan, jusqu'à Samarcande. Pour atteindre le Turkestan, terre d'abondance épargnée par la famine, il faut faire un long voyage de milliers de kilomètres à travers les forêts de la Volga, les steppes de l'Oural, puis les déserts d'Asie centrale. Au cours de ce périple, Deïev et ses passagers rencontrent des femmes et des hommes qui les aident et les nourrissent – héros du quotidien, bandits ou fonctionnaires au double visage. Avec la commissaire Blanche et l'infirmier Boug, il tente de protéger les enfants de la faim, de la soif, de la peur et du choléra. Deïev devra faire face aux fantômes de son passé, aux crimes commis au nom du pouvoir soviétique, et à la cruauté de son pays, pour lequel la vie humaine a si peu de valeur. Par son courage et sa bonté, cet homme sauve des centaines de vies ; en s'élevant contre les crimes de l'État soviétique, il montre un chemin possible vers la rédemption.
Jean est un brillant officier et un fervent catholique. Après la débâcle française en 1940, il n'est pas fait prisonnier et s'ennuie dans une caserne à Versailles. Là, il se laisse persuader d'aller combattre les communistes athées en Russie. Là-bas, il est blessé et fait prisonnier. Il n'a alors qu'une idée en tête : s'évader. Mais dans quelle direction ? Horrifié par ce qu'il a appris des massacres de juifs par les Allemands, il ne veut surtout pas retourner en Allemagne. Ses plans d'évasion sont longuement réfléchis, mais ils échouent brusquement à deux reprises. Après une troisième évasion, malgré des actions brillantes pendant la fin de la guerre, il se sent coupable face à la justice de Dieu. Paradoxalement, lui qui était épris de liberté, décide de se retirer et de s'enfermer dans l'abbaye de Cîteaux.
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Éditeur : Complicités Date de parution : janvier 2025 Couverture : brochée Format : 15,5 cm x 23,5 cm Pagination : 350 pages ISBN : 978-2-3864-7106-3
Alors que les États-Unis sont frappés par la Grande Dépression, Florence Fein, à seulement 24 ans, quitte Brooklyn pour une ville industrielle de l'Oural, dans la toute jeune URSS. Elle n'y trouvera pas ce qu'elle espérait : un idéal d'indépendance et de liberté. Comme de nombreux Refuzniks, son fils Julian, une fois adulte, émigre aux États-Unis. Des années plus tard, en apprenant l'ouverture des archives du KGB, il revient en Russie et découvre les zones d'ombre de la vie de sa mère. Entremêlant époques et lieux, ce premier roman magistral de Sana Krasikov nous plonge au coeur de l'affrontement Est-Ouest en explorant, à travers le destin de trois générations d'une famille juive, l'histoire méconnue de milliers d'Américains abandonnés par leur pays en pleine terreur stalinienne, et les conséquences de nos choix individuels sur la vie de nos enfants.
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Éditeur : Charleston Date de parution : janvier 2025 Couverture : brochée Format : 11,2 cm x 17,9 cm Pagination : 784 pages ISBN : 978-2-3852-9294-2
Ce grand roman-destin retrace un demi-siècle d'histoire de l'Union soviétique et de la France à travers l'intense aventure humaine de Lucien Baert, jeune communiste français "prisonnier du rêve écarlate". Arrivé à Moscou en 1939 pour découvrir la promesse d'un paradis sur terre, il connaîtra l'envers du décor : l'extrême cruauté du régime, les tortures dans les camps du Goulag, la sauvagerie de la guerre. Mais aussi la communion des âmes meurtries et l'amour d'une femme, Daria, avec qui il saura reconstruire leurs vies brisées. Près de trois décennies plus tard, Lucien parvient à traverser le rideau de fer pour tenter de retrouver les siens. Mais ce revenant du grand Nord ne reconnaît plus sa patrie. Comment pourrait-t-il se fondre dans le confort d'une "société d'estomacs heureux" et prendre au sérieux la révolution d'opérette de 1968 ? Lui faudra-t-il se renier, en effaçant son passé ? Ou bien tenter l'impensable retour à Tourok pour reconquérir son rêve de fraternité et son amour perdu ? Un puissant roman sur la barbarie stalinienne et le rejet de l'hypocrisie occidentale, où s'exprime la foi dans une humanité digne de ce nom.