En 1923 en Égypte, à la faveur d'une expédition archéologique, un jeune Français voit ressusciter le mystère des sept tours du diable, une tradition orientale très ancienne. Un roman qui allie aventure et histoire, et qui mêle puissances occultes et enjeux internationaux.
1923. L'Europe et une partie du monde entrent dans une période de turbulences... À l'invitation d'Ahmed Nahas, archéologue et conservateur au musée du Caire, Gabriel Langevin, fils d'un banquier français qui s'est mystérieusement donné la mort et fiancé de Nancy Carnarvon, – l'un des découvreurs de Toutankhamon –, se joint à une expédition dans le sud de l'Égypte. À leur côté : un prêtre, Angelo Beliali, et une romancière, Asmodée Timothy Bancroft. L'entreprise est couronnée de succès. La découverte de la tombe de Djouqed Anty, mage et astrologue, révèle des trésors archéologiques inestimables. Mais dès le lendemain, toute l'expédition a levé le camp. Gabriel, désemparé, se retrouve seul, en proie à de nombreuses interrogations : quelles étaient les réelles intentions de ses compagnons de fouilles ? Au-delà de l'aspect scientifique de l'expédition, Gabriel comprend bientôt que les liens qui unissent Ahmed Nahas, Beliali et Asmodée ne sont pas seulement la résultante d'intérêts communs à la Turquie de Mustapha Kemal, au Vatican et au parti nazi d'Adolf Hitler. Ne s'agit-il pas plutôt, selon de très anciennes prophéties, de réactiver les énergies diaboliques des sept tours du diable ? Sept tours censées distribuer sur terre les influences sataniques seules capables de déclencher la guerre et la terreur...
Éditeur : Les Presses de la Cité Date de parution : novembre 2015 Couverture : brochée Format : 14 cm x 22,5 cm Pagination : 360 pages ISBN : 978-2-2581-1350-3
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Éditeur : Les Presses de la Cité Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub –– Fnac : ePub –– Lisez ! : ePub –– Numilog : ePub
Versailles : 3 000 pièces décorées par une armée d'artistes, 8 000 hectares de marais domestiqués, 6 000 serviteurs pour assister le Roi-Soleil. Cinquante années de travaux acharnés et des dizaines de milliers d'hommes et de femmes accourant vers ce nouvel Eldorado. Architectes, maçons, aventuriers, soldats, ouvriers, filles de mauvaise vie, riches ou va-nu-pieds, voici leur histoire. Celle du Palais de toutes les Promesses, de 1638, année de naissance du futur Louis XIV, à sa mort en 1715.
Tous les espoirs et les travers de l'homme se donnent rendez-vous dans le huis clos d'une Cour prisonnière des intrigues et hantée par des êtres malveillants et retors. Dans ce monde qui n'admet aucune faiblesse et où jalousie, trahison, rivalité font la loi, deux clans – les Pontgallet, famille de bâtisseurs du roi, liée aux Le Faillon, et Toussaint Delaforge – se battent, de Paris à Versailles, pour obtenir leur place au soleil.
Mais un maillon fragile et secret unit les deux clans ennemis. Qui triomphera ?
Oscillant sans cesse entre suspense et tragédie, les héros de cette immense saga rencontrent des personnages historiques (Louis XIV, Hardouin-Mansart, Le Brun, Le Nôtre, Athénaïs de Montespan, Madame de Maintenon...) et tourbillonnent, emportés par la folie de ce château prodigieux.
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Éditeur : Flammarion Date de parution : novembre 2015 Couverture : brochée Format : 15,2 cm x 24 cm Pagination : 1720 pages ISBN : 978-2-0813-7640-3
S'il est un roman voluptueux et bouleversant par ses faits historiques, c'est Ninon la révolutionnaire. Cette dernière traverse la période allant de 1789 à 1792 à Toulon avec fracas, bousculant les usages de son milieu, affirmant et revendiquant haut et fort sa liberté de pensée et d'action, obligeant ceux qui veulent la suivre à se surpasser, face ou aux côtés de cette attachante vestale à l'image d'une femme exceptionnelle.
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Éditeur : Les Presses du Midi Date de parution : novembre 2015 Couverture : brochée Format : 16 cm x 23 cm Pagination : 264 pages ISBN : 978-2-8127-0691-2
Entre 1832 et 1848, une plongée romanesque dans l'univers des derniers chasse-marée, entre Paris et Boulogne-sur-Mer, sur les pas d'une jeune femme volontaire surnommée "la Griffue", qui devra puiser dans les secrets de sa famille pour comprendre la disparition étrange du père tant aimé.
D'un accident qui aurait pu lui être fatal, elle a gardé une cicatrice sur le visage. Et un surnom : la Griffue. Mais là n'est pas sa seule singularité. À 20 ans, Marie-Suzanne Fortin est la digne héritière d'une grande dynastie de chasse-marée. Elle doit livrer le meilleur et le plus frais des poissons du port de Boulogne jusqu'aux Halles de Paris, avec son attelage galopant à vive allure sur la route du Poisson. Un exploit. Et une passion. Car Marie-Suzanne n'aime rien tant que sa liberté, ses chevaux, la criée de Boulogne et le monde haut en couleur du ventre de Paris...
Mais, en 1843, la mort pour le moins étrange de son père, chasse-marée aguerri, contraint la jeune femme à revenir sur les zones d'ombre et les secrets de sa famille...
Une plongée romanesque dans l'univers passionnant des derniers chasse-marée.
Éditeur : Les Presses de la Cité Date de parution : janvier 2016 Couverture : brochée Format : 14 cm x 22,5 cm Pagination : 320 pages ISBN : 978-2-2581-1887-4
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Éditeur : Les Presses de la Cité Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub –– ePagine : ePub –– Fnac : ePub –– Lisez ! : ePub –– Numilog : ePub
Londres, 1868. Alors que la période de Noël commence, Claudine Burroughs ne se sent pas joyeuse à l'idée des bals sans fin, des obligations sociales et des évènements somptueux. Venir en aide aux femmes dans le besoin à la clinique Hester Monk lui a ouvert les yeux sur un autre monde, et le fait que son mari n'approuve pas ce choix la rend malheureuse. Mais les deux univers qu'elle côtoie vont bientôt se rencontrer.
Lors d'un gala de Noël, une femme est brutalement battue, et il apparaît rapidement qu'il s'agit d'une prostituée invitée clandestinement par l'un des invités. Le poète Dai Tregarron, accusé d'être l'agresseur, prétend qu'il ne faisait que protéger cette femme contre la violence de trois riches jeunes hommes. Claudine croit en l'histoire de Dai, mais face au rang social qui joue en sa défaveur, comment peut-elle prouver son innocence sans tout risquer ?
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Éditeur : 10/18 Collection : Grands Détectives Date de parution : novembre 2015 Couverture : brochée Format : 10,8 cm x 17,7 cm Pagination : 185 pages ISBN : 978-2-2640-6685-5
1535. Thomas Cromwell a affronté l'Église catholique et la noblesse anglaise pour permettre à son souverain, Henri VIII, de divorcer de Catherine d'Aragon afin d'épouser Anne Boleyn. Nommé ministre en chef, il doit maintenant gouverner un royaume isolé en Europe, au bord de la guerre civile, tout en faisant face à l'opposition de l'aristocratie et du clergé. Sa tâche est d'autant plus complexe qu'Henri VIII, devant l'incapacité d'Anne Boleyn à lui donner un héritier mâle, convoite désormais la jeune Jeanne Seymour.
Manipulations, trahisons et intrigues : Cromwell, en fin stratège, va devoir employer tous les moyens pour satisfaire les désirs du roi, sauver la nation… et sa tête par la même occasion. La Cour devient alors le théâtre d'une véritable tragédie sanguinaire, celle des derniers mois d'Anne Boleyn, dont personne ne sortira indemne.
Après Dans l'ombre des Tudors, qui retraçait l’accession au pouvoir de Cromwell, Hilary Mantel nous offre ici une nouvelle fresque passionnante autour de la maison Tudor.
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Éditeur : Pocket Date de parution : novembre 2015 Couverture : brochée Format : 10,8 cm x 17,7 cm Pagination : 608 pages ISBN : 978-2-2662-4037-6
L'incroyable errance de six Indiens dans la France du XIXe siècle.
1827. Six Indiens osages venus de leur Missouri natal débarquent au Havre avec armes, plumes et bagages. Ils veulent voir comment vivent ceux qu'ils nomment les "Yeux-Pâles". L'accueil est délirant : on s'arrache les "sauvages" – quatre guerriers et deux femmes. Les voilà à Rouen, et à Paris où le roi Charles X les reçoit. Ils sont exhibés dans les théâtres, des artistes font leur portrait, les gazettes ne parlent que d'eux. Puis la France se lasse de ces visiteurs du Nouveau Monde. Abandonnés, les malheureux vont alors errer durant des mois dans une Europe dont le développement fébrile les déroute. Jusqu'à Montauban, où ils trouveront un soutien inespéré. Pourront-ils jamais revoir la terre de leurs ancêtres ?
Comme celle de la Vénus Hottentote quelques années avant eux, l'histoire bouleversante de ces Indiens fait partie de ces récits qui marquent à jamais.
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Éditeur : Michel Lafon Date de parution : novembre 2015 Couverture : brochée Format : 14,1 cm x 22,5 cm Pagination : 362 pages ISBN : 978-2-7499-2596-7
Quand Thomas Tapley, un des voisins de Benjamin Ross, est retrouvé mort dans son salon, l'inspecteur de Scotland Yard se rue sur la scène de crime. Tapley est revenu récemment de l'étranger et peu de choses sont connues à son sujet. Quand son cousin, Jonathan Tapley, conseiller de la Reine, se présente, la vérité au sujet de son passé tragique remonte doucement à la surface. Benjamin et Lizzie découvrent que plus d'une personne pourrait tirer bénéfices de sa mort.
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Éditeur : 10/18 Collection : Grands Détectives Date de parution : janvier 2016 Couverture : brochée Format : 10,8 cm x 17,7 cm Pagination : 382 pages ISBN : 978-2-2640-6594-0
Autrice : Sophie Kovalevskaïa Traduction : Michel Niqueux
Texte de présentation
Sophie Kovalevskaïa (1850-1891), fille de général, féministe, communiste, nihiliste et mathématicienne de génie (elle sera la première femme docteur d'université dans cette discipline), admirée par Dostoïevski, George Eliot et Darwin, doit une bonne part de sa réputation à ce petit roman largement autobiographique paru après sa mort, aussitôt traduit en plusieurs langues, bientôt interdit par quelques censeurs grincheux : où l'âme russe se révèle comme nulle part, dans l'une de ces aventures extrêmes qui ne peul que combler d'aise les lecteurs les mieux blasés.
Vera (double évident de l'auteur), élevée dans le meilleur monde provincial "monte" à Saint-Pétersbourg non point pour faire un beau mariage mais pour s'engager comme tant d'autres jeunes filles de sa génération (nous sommes dans les années 1860) auprès des révolutionnaires d'alors, qui ne rêvent que d'"aller au peuple". Déçue par la médiocrité de leur contestation, elle se destine en songe à une mission plus haute, mystique presque... que la réalité finit par lui offrir. Assistant au procès d'une poignée d'agitateurs promis à de lourdes condamnations. elle s'entiche de l'un d'eux et décide de le suivre jusqu'au fond de la Sibérie pour adoucir sa peine lorsqu'il Se voit expédié au bagne... Serions-nous capables d'en faire autant ? Sans doute pas, mais une chose est sûre : sitôt le livre ouvert, nous ne demandons qu'à suivre l'intraitable, l'émouvante Vera où qu'elle aille.
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Éditeur : Libretto Date de parution : novembre 2015 Couverture : brochée Format : 12 cm x 18,2 cm Pagination : 160 pages ISBN : 978-2-3691-4188-4
1679. Capitaine du Royal Lotus pour le compte de la Compagnie des Indes, Constantin Phaulkon vogue à travers le golfe du Siam. Son précieux chargement secret doit faire sa fortune : cinq des meilleurs canons hollandais à destination de l'ambitieuse reine de Pattani, État vassal du Siam qui rêve de s'en affranchir. Mais, trahi par son équipage en pleine tempête, Constantin voit impuissant son navire mettre le cap vers un tout autre destin.
Échoué sur les rives du Siam, Constantin va user de ses talents de stratège pour accéder aux plus hautes sphères du pouvoir de ce pays aux milles et unes merveilles, objet de convoitise des puissances occidentales.
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Éditeur : Pocket Date de parution : novembre 2015 Couverture : brochée Format : 10,8 cm x 17,7 cm Pagination : 840 pages ISBN : 978-2-2662-4770-2
Après ses deux best-sellers, Les Demoiselles de Provence et La Dame du Palatin, Patrick de Carolis nous livre le journal intime et romancé de la mère de Napoléon, nourri des archives inédites auxquelles il a eu accès.
Au soir de sa vie, Letizia R. Bonaparte reçoit deux journalistes du Magasin universel dans son palais romain, où elle vit en exil. À travers ces échanges imaginés par Patrick de Carolis, cette femme à l'incroyable destinée va remonter le fil de ses souvenirs.
"Qui aurait pu prédire un avenir si glorieux ? Comment imaginer enfanter tant de rois et de reines, de princes et de princesses ? L'envol de l'Aigle ! La campagne d'Italie et le 18 Brumaire, le Consulat puis l'Empire, et nous, sa famille, happée dans le sillage de son fabuleux destin. Promue Altesse Impériale par la grâce de mon fils, je n'oublierai jamais, malgré la richesse et les honneurs que mon sigle se limite à trois lettres : L.R.B (Letizia Ramolino Bonaparte). Mater Napoleonis, je l'ai été jusqu'à l'épuisement. J'ai tout vécu : les adieux de Fontainebleau, l'île d'Elbe et les Cent-Jours puis la chute finale, l'exil à Sainte-Hélène.
Jamais je ne me suis laissé impressionner par les ors de l'Empire, seul comptait pour moi l'avenir de mes enfants. Ceux qui souffraient le plus avaient ma préférence. Je les ai tant aimés mais j'ai tellement souffert. Ne suis-je pas la mère de toutes les douleurs ?"
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Éditeur : Pocket Date de parution : novembre 2015 Couverture : brochée Format : 10,8 cm x 17,7 cm Pagination : 400 pages ISBN : 978-2-2662-6093-0
Fin août 1944. Alors qu'une bonne partie de la France est libérée, à Villeneuve, sous-préfecture du Jura, les Allemands sont toujours là. Pendant que les miliciens à la solde de l'occupant continuent de massacrer des civils et des résistants, le Kreiskommandant Schneider reçoit l'ordre de convoyer vers la Gestapo de Belfort un dernier convoi de Juifs. Le réseau de Résistance de Marie Germain agit désormais sous le contrôle des Américains. L'heure est venue d'assumer tous les risques pour accélérer le départ des troupes ennemies et reprendre enfin le contrôle du pays. L'heure est venue aussi pour chacun de se confronter aux conséquences de ses actes. Quel destin pour le commissaire Marchetti, surnommé "le boucher de Villeneuve" ? Pour Hortense, l'amoureuse maudite désignée comme "femme à Boche" ? Quel partage du pouvoir, dans la France du lendemain, entre les gaullistes et les communistes qui ont résisté ensemble ? L'épuration qui commence exacerbe les tensions entre les habitants et ravive des haines anciennes. Jusque dans le secret des couples, la tentation de la vengeance n'est jamais loin.
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Éditeur : Le Tigre Bleu Date de parution : novembre 2015 Couverture : brochée Format : 14 cm x 22,5 cm Pagination : 326 pages ISBN : 978-2-9162-8946-5
Né à la Martinique à l'aube de la Révolution, fils d'un riche blanc et d'une mulâtresse libre, Joseph Serrant étouffe vite dans sa vie de cordonnier. S'il se bat d'abord pour l'abolition de l'esclavage, il s'engage rapidement dans l'armée, seule échappatoire à sa condition d'"homme libre de couleur" aux Antilles.
Sa bravoure et son courage l'emmènent auprès des plus grands et Napoléon le nomme général après la victoire de la campagne de Russie. Il devient alors le seul métis général d'Empire.
Blanc de peau mais lointain descendant d'esclaves, Joseph Serrant aura servi la Nation durant toute sa vie mais cela n'aura pas suffit à faire oublier ses origines. Rattrapé au dernier moment par son ascendance, on lui refusera le titre de baron et il redeviendra alors, aux yeux de tous – mais surtout des siens – un métis.
L'histoire de Joseph Serrant est une histoire moderne, une histoire d'homme déplacé qui perd ses repères et doit s'en construire de nouveaux. Personne ne sait qui il est. Comment le saurait-il lui-même ?
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Éditeur : Hervé Chopin Date de parution : novembre 2015 Couverture : brochée Format : 14,5 cm x 22 cm Pagination : 208 pages ISBN : 978-2-3572-0249-8
Trois destins extraordinaires qui montrent toute la modernité des femmes de la Bible. Sarah, épouse d'Abraham, stérile, se bat pour conquérir sa place ; Tsippora, épouse de Moïse, noire et étrangère, défend l'idée de la Loi comme protection des faibles ; Lilah, enfin, lutte contre l'extrémisme religieux dont les femmes sont les premières victimes.
Une lecture universelle et intemporelle et trois héroïnes dont les histoires trouvent encore un écho de nos jours.
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Éditeur : Pocket Date de parution : novembre 2015 Couverture : brochée Format : 12 cm x 18 cm Pagination : 864 pages ISBN : 978-2-2662-6412-9
Mêlant la richesse de la fiction à l'envoûtant Quattrocento, Agnès Michaux nous livre la rencontre saisissante de deux figures mythiques de la Renaissance italienne, Léonard de Vinci et Sandro Botticelli, autour d'un manuscrit mystérieux, aussi controversé que captivant : le Voynich.
"Il était tard quand Sandro traversa la place de la Seigneurie. Ne restaient plus, ça et là, que quelques égarés, comme lui, sur le chemin de leur foyer. Du supplice ne subsistait pas la moindre trace. Ni sur la place ni sur les visages qu'il y croisa. À peine une odeur de fumée qui planait dans l'air et que finissait d'emporter le vent d'ouest. Il entendit rire et bavarder. Ce soir, les maris tâteraient les seins et les culs de leurs épouses, demain, celles-ci iraient palper des tomates et des melons au marché. Les spectateurs de révolutions devenaient-ils immanquablement insensibles ? Où n'était-ce que le flot puissant de la vie ?"
Florence, 1497 – Bûcher des vanités. Ce matin, des bandes d'enfants ont terrorisé la rue pour confisquer tous les objets incarnant la richesse ou le plaisir. Savonarole peut compter sur son "armée des anges". Le feu qui consumera tout à l'heure le paganisme et l'impiété sera son triomphe.
Songeur, Sandro Botticelli observe l'une de ses plus belles oeuvres se faire dévorer par les flammes, quand une main se pose sur son épaule. Léonard de Vinci, son vieil ami, son plus grand ami est revenu en terre florentine !
Mais l'artiste apporte une triste nouvelle : sa mère, Caterina, est morte, lui laissant pour tout héritage une étrange lettre indéchiffrable...
Alors entraînés dans une incroyable odyssée, Sandro et Léonard se lancent à la recherche d'un manuscrit aussi puissant que dangereux. Un manuscrit qui, encore de nos jours, hante scientifiques et curieux : le Voynich.
Avec Codex Botticelli, Agnès Michaux lui offre une histoire et plonge le lecteur dans les secrets de la fin d'une époque, le Quattrocento.
Tandis qu'on observe Botticelli converser avec Michel-Ange, Machiavel, Raphaël ou Copernic, on se délecte de ce temps exalté et inspiré qui s'offre à nous, dans la plus belle des langues, et dont on souhaiterait demeurer prisonniers.
Vingt ans se sont écoulés depuis qu'Anneline, Jeanne et François ont percé le secret du dernier roi mérovingien et échappé au sort funeste que leur réservaient Louis XIII, le cardinal de Richelieu et l'inquisiteur Guy de Maussac. En 1659, le clan Dujardin vit paisiblement en Bretagne, jusqu'à ce que son passé le rattrape. Guy de Maussac est libéré de la Bastille et reprend la chasse. La descendance de Childéric III reste crainte par les uns et convoitée par les autres.
Certains puissants du royaume, nostalgiques de la Fronde, voudraient mettre la main sur le secret des Dujardin pour détrôner le jeune Louis XIV. Ainsi, malgré eux, Anneline et les siens devront à nouveau affronter l'Inquisition et le cardinal de Mazarin pour retrouver l'ultime legs d'Arégonde.
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Éditeur : Pocket Date de parution : novembre 2015 Couverture : brochée Format : 10,8 cm x 17,7 cm Pagination : pages ISBN : 978-2-2662-5396-3
Le procès qui se tient là, dans cette sordide étuve peuplée de prêtres, médecins, matrones et courtisans en mal de spectacle, en cette année 1685 à Versailles, n'a rien de banal : il s'agit d'un congrès, épreuve durant laquelle un mari, accusé d'impuissance, est sommé d'honorer publiquement son épouse.
Parce qu'elle est protestante, Jehane est poursuivie par la vindicte de sa belle-famille. Parce qu'il est héritier d'une riche charge de bâtisseur du roi, son mari, Guillaume Vallade, doit disparaître au profit de son neveu. La machination démoniaque conçue par Louise de Vallade pour se débarrasser de sa belle-soeur et de son beau-frère aboutit à cette épreuve. "Dresser, pénétrer, mouiller", telle est l'injonction à laquelle Guillaume doit obéir, nu sur un lit avec Jehane, devant un parterre de prêtres, de médecins, de matrones et de courtisans, une foule goguenarde. Le désir peut-il se glisser dans une telle parodie de l'acte d'amour ? Comment survit-on à une telle épreuve ?
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Éditeur : Pocket Date de parution : novembre 2015 Couverture : brochée Format : 10,8 cm x 17,7 cm Pagination : 244 pages ISBN : 978-2-2662-2145-0
Marqué depuis sa plus tendre enfance par une rencontre avec Michel-Ange, Aurelio, un jeune paysan d'une rare beauté, se rend à Rome pour se mettre au service du plus grand artiste de son temps.
À 33 ans, Michel-Ange s'estime davantage sculpteur que peintre ; pourtant, Jules II, le "Papa terribile" de la Renaissance, s'obstine à lui confier la décoration de la voûte de la chapelle Sixtine. Juché sur un échafaudage à 18 mètres du sol, sa barbe tournée vers le ciel et la peinture dégoulinant sur son visage, Michel-Ange réussit le tour de force de réaliser ces fresques qui feront sa gloire. Une prouesse qu'il doit essentiellement à l'indéfectible soutien d'Aurelio, sa muse, mais également à la réalisation en parallèle d'une mystérieuse commande qui pourrait bien lui coûter la vie : une sculpture de l'un des personnages les plus sulfureux de la cité éternelle.
Sans jamais s'éloigner de la vérité historique, Léon Morell retrace la période romaine de Michel-Ange, quatre années durant lesquelles, entre jalousies et luttes de pouvoir, il aura su créer l'un des plus grands chefs-d'oeuvre de la peinture de la Renaissance italienne. Un roman haletant, à mi-chemin entre la biographie et le thriller, décrivant sans compromis l'ambiguïté d’une Rome entre grandeur et décadence.
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En résumé
Au printemps 1508, un jeune homme d'une grande beauté, dénommé Aurelio, décide de quitter sa famille installée à la campagne pour gagner Rome. Son rêve : travailler pour le grand Michel-Ange et devenir sculpteur. Artiste renommé, Michel-Ange vient justement d'être choisi par le pape Jules II pour décorer la voûte de la chapelle Sixtine à Rome. La rencontre d'Aurelio et sa présence aux côtés de Michel-Ange seront déterminantes dans la réussite de cette oeuvre magistrale...
Un roman à la gloire de Michel-Ange
Les sources historiques utilisées pour écrire ce roman ne sont pas indiquées, mais différents détails permettent de supposer que l'auteur s'est fortement appuyé sur les biographies élogieuses de Giorgio Vasari et d'Ascanio Condivi, écrites du vivant de l'artiste et à l'origine du mythe Michel-Ange. Un mythe soigneusement entretenu au cours des siècles suivants, notamment par ses descendants, dont l'un d'eux n'hésita pas à modifier les sonnets écrits par Michel-Ange pour faire taire les rumeurs homosexuelles à son sujet.
"Fuyez l'amour, amants, fuyez ses flammes vives ; sauvage est son brasier, mortelle sa brûlure : dès son premier assaut, il n'est plus rien qui vaille, ni force, ni raison ni changement de lieu. Fuyez, n'avez-vous pas la victime exemplaire d'un bras cruel et d'une flèche pénétrante : lisez en moi quel pourrait être votre mal, combien le jeu sera féroce et sans pitié. Fuyez, ne tardez pas, dès le premier regard : je pensais m'entendre en tout temps avec l'amour, mais je sens, mais vous pouvez voir, comme je brûle."
Michel-Ange Buonarrotti, Poèmes, Sonnet inachevé
Ainsi basé sur le mythe Michel-Ange, ce roman met donc en exergue un artiste génial mais torturé, incompris, solitaire, jalousé et harcelé par sa famille. Or, depuis le XIXe siècle, les recherches permettent de brosser un portrait plus nuancé de l'homme. Voici quelques exemples :
D'après le roman, ce serait Bramante qui aurait suggéré au pape Jules II de confier en 1508 la décoration de la voûte de la chapelle Sixtine à Michel-Ange, à seule fin de le voir échouer et de précipiter sa disgrâce auprès du souverain pontife. Mais une autre version indique que c'est le pape Jules II qui est à l'origine de ce choix et que Bramante aurait émis, à juste titre, des réserves quant à l'opportunité de confier une tâche aussi complexe à un artiste qui n'avait aucune expérience de la peinture à fresque. Même si Jules II n'était pas d'un caractère commode et que Michel-Ange se considérait avant tout comme un sculpteur, n'ayant que très peu d'expérience en peinture à fresque, ce dernier accepta la commande avant tout pour des raisons lucratives, la somme proposée était exceptionnelle pour l'époque, et il recruta des artistes chevronnés pour l'aider dans cette tâche… il ne créa donc pas tout seul cette oeuvre !
Le roman suggère également que Michel-Ange, en modifiant la commande de la voûte, a pris d'énormes risques, alors qu'il a en fait établi ce programme en concertation avec les théologiens de la cour papale, soucieux de mixer la tradition païenne et la culture catholique.
Enfin, contrairement à la légende, l'oeuvre en cours d'élaboration était visible de tous, accueillant artistes, collectionneurs, amateurs d'art, mais aussi personnalités en vue de la cité... nous sommes bien loin de la vision de l'artiste esseulé sur son échafaudage !
Cependant, pour que l'histoire reste cohérente, l'auteur devait prendre un parti et la restitution romanesque de ce moment-clé de la vie de Michel-Ange se révèle passionnante, d'autant que l'auteur mêle parfaitement bien une certaine réalité à la fois historique et artistique et la fiction, à travers le personnage d'Aurelio. En outre, le récit, au style très fluide, alternant scènes descriptives et dialogues, se lit avec bonheur et facilité, et nous permet d'apprendre énormément de choses sans même s'en rendre compte.
Reste que l'absence d'indications concernant les sources utilisées est pour moi problématique. Une fois ma lecture achevée (que j'aurais aimé ne jamais terminer !), je me suis précipitée sur des biographies de Michel-Ange pour en savoir davantage sur sa vie et pour confronter les informations de l'auteur et celles d'historiens. Tout cela pour obtenir une vision plus nuancée et plus vraie de Michel-Ange.
Une commande étonnante
Ce roman nous présente l'oeuvre de Michel-Ange d'une manière très accessible et très claire, nous permettant de bien la situer dans l'histoire artistique, de comprendre les enjeux qui se cachent derrière elle et en quoi elle est révolutionnaire.
La chapelle Sixtine, réplique du temple de Salomon et dont la forme s'inspire de l'architecture militaire, a été construite sous le pontificat de Sixte IV, l'oncle de Jules II. Décorée par les meilleurs artistes florentins de l'époque – Le Pérugin, Botticelli, Ghirlandaio, etc. –, la chapelle est, trente ans plus tard, défigurée par des fissures. Il est grand temps de restaurer sa voûte.
En mai 1508, Michel-Ange s'engage à réaliser des fresques représentant les douze apôtres dans les pendentifs et des motifs ornementaux dans les parties restantes. Excepté dans l'atelier de Ghirlandaio, vingt ans plus tôt et seulement de manière marginale, Michel-Ange n'a encore aucune expérience de la peinture à fresque ! Il aurait pu se contenter d'un ciel étoilé, mais il n'hésite pas à se lancer dans la réalisation d'une fresque immense peuplée d'une multitude de figures.
Ainsi, quatre ans plus tard, en 1512, les Romains découvrent une oeuvre révolutionnaire ! Renonçant à la perspective unique, Michel-Ange réalise une oeuvre dans laquelle chaque surface a sa propre perspective centrale : c'est une perspective polycentrique qui ne permet pas au spectateur de saisir depuis un seul point toute la fresque. En divisant la voûte avec des corniches de marbre, il a créé un espace artificiel dans lequel prennent place des scènes de la Genèse, ainsi que les Prophètes et les Sibylles dans les écoinçons et les ancêtres du Christ dans les lunettes. Sans oublier les ignudi, des hommes nus rappelant les génies, assis sur les ressauts des corniches. Un récit donc entièrement centré sur la figure humaine, avec de nombreux nus masculins.
L'absence de planches de visuels des oeuvres de Michel-Ange
Le visuel de couverture, qui s'imposait avec évidence, est magnifique, mais il aurait été intéressant de reproduire dans l'ouvrage des planches en couleurs de la chapelle Sixtine et de ses voûtes, même si cette pratique est plus courante dans les biographies. Car ce roman si visuel dans ses descriptions est d'une telle précision que le lecteur ressent le besoin d'aller vérifier les détails fournis par l'auteur mais est un peu déçu en s'apercevant qu'il n'y a pas une seule reproduction du chef-d'oeuvre de Michel-Ange dans le roman.
La description précise du déroulement du chantier
L'élaboration de cette oeuvre inédite est retranscrite de manière minutieuse, sur la base d'une documentation fouillée. De prime abord, la technique de la peinture à fresque n'a rien de très glamour, mais elle se révèle passionnante sous la plume de l'auteur : il parvient à nous y intéresser non pas en nous bombardant d'informations théoriques mais en nous décrivant les faits et gestes des différents artistes de la bottega de Michel-Ange au jour le jour. On découvre ainsi à travers ces personnages les différentes étapes de la peinture à fresque, le quotidien du métier de fresquiste, le déroulement d'un chantier, le fonctionnement d'une bottega et toutes les émotions qui accompagnent une telle aventure : joie, déconvenues, souffrance, etc. Il s'agit véritablement d'un travail d'équipe, qui nécessite une parfaite coordination.
En effet, la décoration de la voûte de la chapelle Sixtine est une entreprise pleine de difficultés : la surface à peindre est immense et très en hauteur, sa forme courbe crée des déformations et impose de peindre la tête tournée vers le haut, l'échafaudage doit permettre aux célébrations d'avoir lieu même pendant les travaux, etc.
Le problème de l'échafaudage est rapidement résolu par Piero Rosselli avec l'installation de sorgozzoni, des tenons en bois fixés dans les murs et qui supportent les passerelles de l'échafaudage. Cette technique, alors courante à Florence, permet de laisser le sol dégagé pour la célébration des cérémonies prévues pendant la rénovation et d'éviter de laisser des trous d'accrochage dans la voûte.
Une fois l'échafaudage mis en place, Michel-Ange inspecte le plafond et doit se résoudre à ôter la fresque existante et poser un nouvel arriccio (couche de plâtre appliquée sur la maçonnerie). En effet, initialement, l'artiste pensait préparer le plafond en martellinatura : la fresque préexistante est percée d'une multitude de trous à l'aide d'un picot, de telle sorte qu'on peut appliquer l'intonaco pour la nouvelle fresque directement sur l'ancien arriccio. Mais, dans le cas présent, la fresque s'est presque détachée de la maçonnerie. Cette tâche, confiée à Aurelio, se révèle assez fastidieuse au point que le jeune homme se démet la clavicule au bout de quelques jours de labeur (merci aux compresses à la ricotta !). En outre, aux heures les plus chaudes de la journée, l'échafaudage devient une fournaise et se transforme vite aussi en bain de vapeur tant il faut d'eau pour mélanger l'arriccio.
Pendant que l'arriccio sèche, Michel-Ange prépare ses dessins à l'échelle réelle sur un carton tandis que son équipe se charge de préparer l'intonaco, l'enduit qui va recouvrir l'arriccio. L'application de l'intonaco demande aussi de la précision : on le pose en strates plus minces que l'arriccio pour éviter que des fissures se forment lors du séchage, et il faut qu'il soit plus régulier que l'arriccio sinon l'intonaco ne prend pas les couleurs de façon uniforme.
Une fois l'intonaco appliqué, il faut appliquer les pigments dissous dans l'eau avant que l'enduit ne durcisse, c'est-à-dire dans un délai de 24 à 48 heures après son étalement. Le carton est alors fixé sur le support par des aiguilles et on reporte les lignes du dessin sur l'enduit. Pour cela, il existe deux techniques de transfert :
La plus simple et la plus rapide consiste à dessiner les lignes avec un crayon fin, de telle sorte que des rainures fines restent visibles dans l'enduit encore humide.
La méthode la plus exacte, mais aussi la plus compliquée, consiste à perforer le carton le long des lignes de centaines de petits trous d'aiguille, puis de le "poudrer" avec des petits sacs remplis de poussière de charbon, afin que les lignes soient reportées sur l'intonaco.
Comme Michel-Ange n'a pas l'habitude de peindre des fresques, il préfère éviter tout risque dans un premier temps. Par la suite, il réalisera de nombreuses parties sans le secours du carton !
Quand la giornata (surface prévue pour la journée) est enduite, on efface ensuite avec des draps humides les traces de l'enduit et on frotte l'intonaco pour le rendre un peu rugueux.
Tout ce travail est réalisé dans des conditions assez compliquées : échafaudage en hauteur, alternance de la chaleur en plein été et du froid en hiver, peu de lumière naturelle, position inconfortable des corps, à la fois tordus et penchés en arrière... Et un travail qui ne tolère pas l'approximation...
Une tâche méticuleuse et exigeante
Bien qu'entouré de fresquistes renommés, Michel-Ange découvre un jour des moisissures sur la quasi-totalité de la fresque en cours de réalisation. Comme l'arriccio est sec, le responsable est l'intonaco qui est trop humide. Fureur de l'artiste qui voit son travail détruit par un manque d'expérience des matériaux romains. En effet, Piero Rosselli, le maître maçon florentin, a l'habitude d'utiliser de la chaux de marbre et du sable de l'Arno, et non de la chaux de travertin et de la pouzzolane. Or, ces matériaux réagissent différemment. Giuliano da Sangallo finit par trouver le bon mélange entre les différents matériaux. L'enduit est entièrement détruit et repeint par Michel-Ange : voilà deux mois de travail détruit...
Du fait de son inexpérience et des conséquences dramatiques qu'il a dû affronter au début de son travail, on ne peut qu'être stupéfait de la maîtrise technique et formelle que manifeste Michel-Ange, car il ne fera pas d'autres erreurs par la suite. Erreurs qui auraient pu être les suivantes :
Du fait des variations d'humidité et de température et d'un travail qui s'étale sur plusieurs années, il est difficile d'obtenir chaque jour la même qualité de mélange et la même qualité d'enduit sur le mur. Le risque est que la différence des "journées" se traduise par des inégalités dans l'étalement et la prise du mortier.
Les coloris : la couleur se prépare en mélangeant à l'eau un pigment très fin. Mais il suffit de petits changements dans la finesse et la quantité de pigment ou dans son rapport avec l'eau pour que la couleur finale soit différente. Or les coloris doivent être homogènes, au moins dans les parties adjacentes. Mais l'effet final ne peut être contrôlé que lorsque l'enduit est entièrement sec alors qu'il n'est pas possible d'intervenir sur la peinture une fois l'enduit sec.
Ainsi, à travers ce roman, on découvre toute l'histoire de la fresque de la voûte de la chapelle Sixtine, depuis la conception de son programme iconographique jusqu'à son inauguration spectaculaire, en passant par sa réalisation technique et les difficultés qui se sont présentées au cours du chantier.
Michel-Ange, un être torturé mais un génie !
Même si, comme je l'ai expliqué au début de ma critique, le portrait dressé de Michel-Ange est très flatteur et trop conforme au mythe de l'artiste maudit et seul face à l'adversité du monde, il n'en ressort pas moins que Michel-Ange était une personnalité complexe, un être tourmenté, méfiant, colérique, perfectionniste, exigeant avec lui-même comme avec les autres, à la recherche perpétuelle de la perfection, qui ne souffrait pas la médiocrité.
Ainsi, un jour, alors qu'Aurelio pénètre dans la chambre de Michel-Ange, une pièce dans laquelle personne n'a le droit d'entrer, il découvre des centaines de dessins recouvrant le sol : ce ne sont pas des esquisses destinées à la voûte de la chapelle Sixtine mais des monstres, des démons… ces démons qui le poursuivent nuit et jour, mais on ne saura rien. En effet, ce roman se concentre sur la portion de vie durant laquelle Michel-Ange a réalisé la décoration de la voûte de la chapelle Sixtine, mais il n'aborde pas du tout le reste de sa vie, rien sur sa jeunesse, son adolescence ou bien sa vieillesse. D'où viennent ces démons ? Qui sont-ils ? Pourquoi se considère-t-il comme un pécheur et ne trouve-t-il l'apaisement et le pardon que dans la création ? Ce roman n'apporte certes pas de réponses, mais il permet de mieux cerner la riche personnalité de Michel-Ange.
"– Je parle en tant qu'homme, expliqua Michel-Ange, et non en tant qu'artiste. Je croyais être un homme meilleur. Alors que je ne suis qu'un pauvre pécheur tourmenté par de mauvaises pensées, gonflé de vanité. Une créature pitoyable – il se redressa comme pour se débarrasser d'un fardeau ; au fond de ses yeux brillait à nouveau une étincelle combative. En tant qu'artiste, je n'ai de comptes à rendre qu'à Dieu !"
"– Regarde-moi, répondit Michel-Ange en écartant les bras comme un coupable. Que veux-tu que je fasse d'une chemise neuve ? Je suis laid, Aurelio. Même avant que Torrigiani m'écrase le nez, je n'étais pas beau, mais depuis c'est encore pire. Il baissa les yeux. Ma laideur n'est pas digne d'une belle chemise."
Avec une telle personnalité, Michel-Ange n'est pas une personne facile à vivre au quotidien, surtout pour les artistes de sa bottega qui finissent tous par quitter le chantier. Ne reste qu'Aurelio et un jeune aide. Car, au fur et à mesure que Michel-Ange se familiarise avec la technique de la peinture à fresque et prend donc confiance en lui, il délègue de moins en moins de tâches à ses collègues qui se sentent alors frustrés, d'où leur départ. Il faut dire que tous sont des fresquistes renommés et ils supportent mal le fait que Michel-Ange s'attribue tout le travail. Par exemple, il n'a laissé à Tedesco que la peinture d'une flaque d'eau, d'un peu de ciel et de deux branches d'arbre de la scène du Déluge !
Des histoires de famille...
Ses biographes ont mis en lumière les relations compliquées que Michel-Ange entretenait avec sa famille, source perpétuelle de contrariétés. Dans ce roman, son père et ses frères lui demandent sans cesse de l'argent alors que pendant des années ils estimaient qu'il faisait un travail déshonorant et qu'il souillait le nom de la famille.
La réalité est cependant quelque peu différente. En effet, Michel-Ange était tellement avare qu'il se privait même du strict minimum (nourriture, logement, vêtements), refusant le moindre confort. La description donnée de sa bottega est un bon exemple : c'est une maison misérable avec un étage dont le crépi s'effrite. Au rez-de-chaussée, il y a une pièce sans fenêtre, avec une table faite de planches posées sur des tréteaux entourées de quatre chaises branlantes, et son atelier au sol recouvert de poussière blanche. Sa chambre, à l'étage, ne comporte que le strict minimum.
Certes, sa famille vivait grâce à l'argent de Michel-Ange, mais il ne semble pas qu'elle ait été une si grande source d'ennuis comme le suggère le roman, même s'il est certain que des tensions ont existé, notamment avec son frère Giovan Simone.
Bramante et Raphaël, ses rivaux
C'est en confrontant Michel-Ange à ses deux principaux rivaux d'alors – Bramante et Raphaël – que l'auteur parvient à cerner encore davantage, par contraste, la personnalité de Michel-Ange. En effet, aucun des deux ne trouve grâce aux yeux de Michel-Ange, même si c'est pour des raisons différentes. Pire encore, ils les considèrent comme des "envieux, des concurrents, des intrigants". Dans le roman, Michel-Ange surnomme même Bramante "le lèche-bottes aux yeux globuleux" !
Quant à Raphaël, la comparaison avec Michel-Ange est vraiment intéressante, car ces deux artistes sont vraiment aux antipodes l'un de l'autre : autant Raphaël est sociable et lumineux, autant Michel-Ange est sauvage et ombrageux. Raphaël fait montre d'une grâce courtisane et d'une peinture gracieuse et parfaite tandis que Michel-Ange est peu avenant et son art tourmenté. Voici comment Michel-Ange décrit Raphaël :
"Il y avait d'autres raisons à l'aversion prononcée que le maître d'Aurelio nourrissait contre l'artiste plus jeune que lui de huit ans : son attitude souple, sa politesse flatteuse, sa popularité, ses manières affables, sa beauté fragile aussi bien que son « regard de chien fidèle qui fait fondre le coeur de toutes les femmes », selon Michel-Ange. Mais le talent artistique de Raphaël était indéniable. Certes, Michel-Ange trouvait que les madones de Raphaël étaient bien trop « sucrées », mais sa composition témoignait de la plus grande maîtrise. Tout comme Michel-Ange, Raphaël avait vite dépassé son maître et, à vingt-cinq ans, il était parvenu au sommet de son art. Derrière les murs du Vatican régnait une guerre entre les artistes, dans laquelle aucun des combattants ne connaissait les armes de son concurrent."
"Comme toujours, entouré d'un cercle d'admirateurs et de jeunes femmes aux coiffures extravagantes qui espéraient qu'un peu de sa gloire les éclabousserait. Comme ce visage dégoûtait Michel-Ange, les traits fins, le nez long et droit, les cheveux sombres, lisses et brillants, qui reposaient sur ses épaules. Un tableau de maître. Comment pouvait-on être si obnubilé par l'idée d'être aimé et adulé de tous ?"
Certes, à l'époque, la concurrence entre artistes est rude, ils n'hésitent pas à s'observer les uns les autres, à se dénigrer mutuellement, à craindre pour leur popularité, mais l'on sent tout de même chez Michel-Ange une certaine tendance à la paranoïa, puisqu'aussi bien Bramante que Raphaël ont reconnu le talent de Michel-Ange après qu'il eut réalisé la décoration de la voûte Sixtine. Michel-Ange semble toujours être sur ses gardes, il s'attend toujours à un piège ou à un coup bas, mais le pape Jules II n'est peut-être pas tout à fait étranger à cette prudence exacerbé...
Un portrait sans concession du pape Jules II
"Toute son attitude démontrait qu'on avait à se soumettre à lui. Le pontife n'avait de comptes à rendre à personne, en dehors du Seigneur Dieu tout-puissant. Et encore, ce n'était pas si sûr. Son visage était anguleux et sa bouche aux lèvres fines était surplombée par un nez fort. Mais, le plus remarquable, c'était son regard clair et perçant, sous des sourcils broussailleux."
Présenté comme un homme irascible, autoritaire, énergique et mal disposé envers Michel-Ange, Jules II est également connu pour avoir été un pape combatif, un pape-soldat, qui a voulu faire de l'État pontifical une grande puissance. Pour cela, il n'hésite pas à utiliser les armes spirituelles contre ses ennemis et à participer personnellement aux campagnes militaires, ce que ce roman met bien en valeur. Préoccupé de l'équilibre des puissances en Italie, cet ambitieux chef d'État, plus séculier que religieux, rétablit son autorité sur les États de l'Église, élimine tour à tour César Borgia, les Vénitiens puis les Français de la Romagne et du Milanais, accroissant simultanément le territoire des États pontificaux.
S'il est certain que le pape n'a pas pour habitude qu'on lui résiste, il n'en demeure pas moins qu'il a énormément de considération et d'admiration pour Michel-Ange, sinon il ne lui aurait jamais confié la réalisation de son mausolée et la décoration de la voûte de la chapelle Sixtine. Mais Michel-Ange, avec son caractère intransigeant et avaricieux, n'est pas une personnalité facile à gérer et il y a parfois de quoi perdre sa patience, surtout lorsqu'on s'appelle Jules II ! Quand deux personnalités fortes se rencontrent, cela crée des étincelles !
La Rome du début du XVIe siècle comme si on y était !
Par le biais d'un narrateur omniscient qui suit en permanence Aurelio, l'auteur dépeint une ville pleine de contrastes. Loin de rester cloîtré dans la chapelle Sixtine, Aurelio déambule dans la ville et fréquente aussi bien les sous-sols du palais papal que des quartiers moins bien fréquentés, puisqu'il fréquente une courtisane, Margherita, qui espère devenir une courtisane honorable, entretenue par un ou plusieurs admirateurs, mais qui finit "courtisane à la bougie" suite à une mésaventure, donc dépendante d'un proxénète. Eh oui, la Rome catholique du XVIe siècle, qui conjugue luxe, beauté et richesse, possède un second visage, bien moins glorieux.
"Rome correspondait bien à ce qu'Aurelio s'était imaginé. La Ville éternelle était aussi gigantesque que majestueuse. Elle brillait comme une promesse. Ses murs résonnaient de l'écho du pas noble des chevaux caracolant dans les rues. Aurelio s'émerveillait des manches de velours bordées d'hermine, des carrosses fermés aux ferrures dorées, des maisons à l'allure de forteresses, des portes et des églises imposantes. Rome était tout cela, mais aussi son contraire. Tout ce qui était beau dans cette ville se voyait associer la laideur, comme une preuve de son évidente ambiguïté. Comme pour rendre la beauté encore plus belle et la laideur encore plus laide. Le patricien était suivi d'une demi-douzaine de mendiants en haillons. La façade de marbre côtoyait des ruines. Les ruelles étaient envahies de débris et d'excréments de toutes sortes. Tout ce qui ne servait plus était jeté par les fenêtres ou balayé dehors. Dans cette ville, c'était chacun pour soi."
À la richesse du quartier de la place Saint-Pierre s'oppose des quartiers miséreux, mal famés, sales, tel le Vélabre : "Le Vélabre avait été un marécage jusqu'à ce que Tarquin l'Ancien eût l'idée de faire creuser la cloaca maxima. Pendant des siècles, le Vélabre a ensuite été un quartier animé, apprécié des marchands ambulants, des devins et des danseurs. Mais le V est devenu un cloaque depuis car le système d'égout est sans cesse interrompu et les canaux sont bouchés au point qu'on a été obligés d'installer des planches pour cheminer au-dessus des eux usées stagnantes sans compter les mauvaises odeurs."
♜ ♜ ♜ ♜ ♜ ♜
En conclusion
Points forts :
Un roman très documenté et qui mêle brillamment réalité artistique et fiction.
Un contexte historique bien campé en arrière-plan, qui ne vient jamais troubler le récit mais le complète utilement.
Une approche romanesque, à la fois pleine de vie et accessible à tous, pour découvrir et comprendre ce chef-d'oeuvre de la Renaissance.
Des personnages historiques très bien incarnés, dotés d'une forte présence aussi bien physique que psychologique : Michel-Ange, Bramante, Raphaël, Jules II.
Une présentation très instructive et passionnante du milieu artistique de la Renaissance à Rome : méthodes de travail, vie quotidienne, cadre de vie, rivalités, etc.
Points faibles :
Pas de mention des sources historiques utilisées ni de bibliographie.
Une vision partiale et subjective de cet épisode de la vie de Michel-Ange et du personnage lui-même.
Absence de reproductions de la voûte de la chapelle Sixtine.
Caractéristiques techniques
Livre papier
Éditeur : Pocket Date de parution : novembre 2015 Couverture : brochée Format : 10,8 cm x 17,7 cm Pagination : 624 pages ISBN : 978-2-2662-5391-8
Auteur : Peter Tremayne Traduction : Dorothée Chifflot, Cécile Leclère
Texte de présentation
Édition spéciale réunissant Absolution par le meurtre et Le Suaire de l'archevêque.
Elle est religieuse, juriste, audacieuse et peu soucieuse du protocole.
Une héroïne à l'avant-garde de son époque, le VIIe siècle, âge d'or de
l'Irlande celtique. Avec cette série, Peter Tremayne vous entraîne dans
une course passionnante à travers l'Europe du VIIe siècle et les grands
débats théologiques de l'époque, menée par cette héroïne celte qui ne
manque ni de caractère ni de sagacité.
Absolution par le meurtre : En l'an 664, dans une Irlande où les Églises romaine et celtique se déchirent, l'abbaye de Streoneshalh subit une série de meurtres. Mais soeur Fidelma n'est pas tout à fait une religieuse comme les autres… D'une obstination redoutable, elle est armée d'une rare intuition. Et quand une de ses amies est assassinée, ses talents d'enquêtrice éclatent au grand jour !
Le Suaire de l'archevêque : En mission à Rome, soeur Fidelma et son ami, le moine Eadulf, sont à peine remis du voyage que l'archevêque de Cantorbéry s'effondre, assassiné. Un meurtre que l'intrépide duo est tenu de tirer au clair au plus vite. Car dans un contexte politique déjà tendu entre les Églises romaine et irlandaise, cette sombre affaire promet de mettre le feu aux poudres.
Caractéristiques techniques
Livre papier
Éditeur : 10/18 Collection : Grands Détectives Date de parution : novembre 2015 Couverture : brochée Format : 13 cm x 19,4 cm Pagination : 603 pages ISBN : 978-2-2640-6653-4
Alors que la cour des pairs du roi Philippe Auguste vient de condamner le roi Jean sans Terre, duc de Normandie et vassal du roi de France, à la commise de ses domaines dans le royaume, un chevalier débarque à Marseille, arrivant de Saint-Jean d'Acre sur une nef génoise. Le même navire transporte un templier infidèle, une jeune veuve, un arbalétrier, un clerc et des Brabançons chargés par Aliénor d'Aquitaine de retrouver le saint linceul du Christ.
Plusieurs de ces voyageurs rejoindront Guilhem d'Ussel qui débarque aussi à Marseille, arrivant de Rome. Leurs destins se croiseront à Rouen où Guilhem se rend pour punir celui qui a tué ses gens.
L'heyssessini envoyé par le Vieux de la Montagne, le Chayr al-Jabal de Masyaf, parviendra-t-il à ses fins ? Pierre Mauluc saisira-t-il Thomas de Furnais qui veut délivrer Arthur, le jeune duc de Bretagne prisonnier de son oncle le roi Jean ? Guilhem découvrira-t-il le félon qui le trahit ? Et surtout, Arthur échappera-t-il à la mort infamante qui l'attend ?
Caractéristiques techniques
Livre papier
Éditeur : J'ai lu Date de parution : novembre 2015 Couverture : brochée Format : 11 cm x 17,8 cm Pagination : pages ISBN : 978-2-2901-0494-1
Livre numérique
Éditeur : Flammarion Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub ou PDF –– ePagine : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub ou PDF