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jeudi 13 juin 2019

Les enquêtes d'Hippolyte Salvignac. Tome 1 : Le Tigre et les pilleurs de Dieu

Le Tigre et les pilleurs de Dieu
Auteur : Philippe Grandcoing

Texte de présentation

Paris, automne 1906 : la France se remet à peine de l'ouragan de l'affaire Dreyfus. La séparation de l'Église et de l'État est dans tous les esprits...
Hippolyte Salvignac, modeste antiquaire parisien d'une quarantaine d’années, est recruté par Georges Clemenceau pour aider la police à pourchasser des trafiquants d'oeuvres d’art. Ces derniers pillent les trésors qui sommeillent dans les églises de campagne... Flanqué de l’inspecteur Jules Lerouet, bâtard au grand coeur, Salvignac découvre les méandres d'une situation explosive : luttes politiques, tensions diplomatiques, conflits religieux et trafics internationaux. Au fil de son enquête, il sillonnera l'Europe de la Belle Époque, de son Quercy natal à Londres en passant par les stations thermales d'Auvergne et la banlieue parisienne.
Une galerie de personnages attachants, romanesques ou réels, fait de ce polar historique un livre passionnant, alors que va naître la police moderne des Brigades du Tigre. Fréquentant aussi bien les allées du pouvoir que le monde interlope des marchands d'art ou les soupentes du Quai des Orfèvres, Salvignac entraîne le lecteur dans le tourbillon des années 1900.

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : Vents d'histoire
Date de parution : juin 2019
Couverture : brochée
Format : 10,9 cm x 17,8 cm
Pagination : 440 pages
ISBN : 978-2-8129-2601-3

Livre numérique

Éditeur : De Borée
Format : 7switch : ePub ou Mobipocket –– Amazon : Kindle –– Decitre : multiformat –– ePagine : ePub –– NeoBook : ePub –– Numilog : ePub

1 commentaire:

  1. Il y a des romans qu'on ouvre distraitement et qu'on referme avec la douce mélancolie de quitter des amis. Le Tigre et les pilleurs de Dieu est de ceux-là.

    Philippe Grandcoing nous plonge dans un Paris de 1906 qui crépite de toutes parts : les automobiles bousculent les fiacres sur les pavés, l'électricité dispute sa place aux lampes à pétrole, et Clemenceau — « le Tigre » lui-même — vient de prendre les rênes du Conseil des ministres dans une France encore fracturée par l'affaire Dreyfus et les convulsions de la loi de séparation de l'Église et de l'État. C'est dans ce contexte explosif, où républicains anticléricaux et catholiques monarchistes s'observent en chiens de faïence, que l'antiquaire quercinois Hippolyte Salvignac est recruté pour traquer des pilleurs d'œuvres d'art sacrées. On pense parfois au Maigret de Simenon — cette même façon de faire suinter l'époque à travers les détails du quotidien — mais Grandcoing y ajoute une dimension politique et diplomatique qui donne au récit une ampleur remarquable. La scène du retour d'Hippolyte dans son Quercy natal est à elle seule un petit bijou : le train au départ d'Austerlitz, la carriole du domestique à la gare, l'odeur des meubles cirés et du feu qui crépite dans la cheminée d'une maison où le temps semble suspendu. On y sent toute la France de nos arrière-grands-parents, celle où le progrès n'était encore qu'une rumeur venue de la capitale.

    Ce qui rend ce premier tome véritablement attachant, c'est la relation qui se noue progressivement entre Hippolyte Salvignac et l'inspecteur Jules Lerouet. Forgée dans l'adversité et quelques mésaventures bien senties, leur amitié naissante donne au roman son vrai souffle humain, loin des postures héroïques. Léon Bourdaix, l'homme à tout faire, complète ce trio avec un naturel désarmant. L'écriture de Grandcoing est simple, directe, jamais prétentieuse — et c'est précisément ce qui fonctionne. Il nous rappelle qu'en 1906, pendant que le Préfet Lépine fait régner l'ordre dans la capitale et que les Brigades du Tigre sont sur le point de naître, des sacristies de campagne sont dévalisées dans la plus grande discrétion, profitant du vide juridique créé par une Église dépossédée de ses biens et un État incapable de tout surveiller. Une anecdote révélatrice de l'époque, et un terrain de jeu idéal pour un polar historique. On ressort de cette lecture avec l'envie pressante de retrouver Salvignac et Lerouet dans le tome suivant — et la certitude que Philippe Grandcoing a trouvé là une série qui a tout pour durer.

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