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jeudi 6 octobre 2016

Un hiver avec le diable

Un hiver avec le diable
Auteur : Michel Quint

Texte de présentation

Chronique d'un village du Nord au lendemain de la Seconde Guerre mondiale où s'exacerbent les tensions, et interrogations sur la responsabilité des criminels de la tragédie d'Oradour. Hortense, une jeune Alsacienne et Robert, charmant escroc ne pourront eux non plus se soustraire à la mise à nu d'un pan, secret, de leur existence...
Hiver 1953. Hortense Weber, jeune Alsacienne célibataire venue occuper un poste d'institutrice à Erquignies, bourg de l'agglomération lilloise, accouche d'un petit garçon. À la maternité , elle rencontre Robert Duvinage, qui pratique, entre autres, l'escroquerie photographique du "bébé du mois". Parce qu'elle le perce à jour sans le dénoncer, parce qu'il sent la jeune femme porteuse d'un secret, s'installe entre eux une relation d'affection méfiante. Robert suspend un temps ses activités pour faire le commis dans le bistrot-épicerie du maire communiste d'Erquignies et veiller sur Hortense malgré elle. La guerre d'Indochine bat son plein et divise la population, la guerre froide est vécue au quotidien... Les dissensions sont exacerbées par le procès à Bordeaux des nazis qui ont massacré les habitants d'Oradour en 1944.
Parmi les accusés, treize malgré-nous, dont un engagé volontaire, alsacien. À Erquignies, on se déchire avec autant de violence que dans toute la France : responsabilité collective ou individuelle dans un crime contre l'humanité ? Peut-être en raison de ses origines, de son homonymie avec un des accusés, de son statut de fille-mère, Hortense est montrée du doigt. En même temps, ce climat ravive les plaies de la Libération, notamment l'affaire du réseau Voix du Nord, du nom du journal issu de la Résistance et de l'épuration...

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : Les Presses de la Cité
Date de parution : octobre 2016
Couverture : brochée
Format : 14 cm x 22,5 cm
Pagination : 360 pages
ISBN : 978-2-2581-3688-5

Livre numérique

Éditeur : Les Presses de la Cité
Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub –– ePagine : ePub –– Fnac : ePub –– Lisez ! : ePub –– Numilog : ePub

Les enquêtes de Nicolas Le Floch. Tome 13 : L'inconnu du pont Notre-Dame

L'inconnu du pont Notre-Dame
Auteur : Jean-François Parot

Texte de présentation

1786. Le procès de l'affaire du collier touche à sa fin et déconsidère la reine. Le déficit du royaume exacerbe les rivalités politiques. Nicolas Le Floch est saisi par Le Noir, nouveau directeur de la Bibliothèque du roi, de la disparition d'un conservateur au cabinet des médailles.
Quelle est l'identité du cadavre décapité découvert dans une maison démolie du Pont Notre-Dame? Qu'augurent les informations transmises par Lady Charwel, alias La Satin, concernant un complot anglais visant Louis XVI ? Existe-t-il un lien entre les deux affaires ?
D'autres meurtres suivront au cours d'une minutieuse enquête qui conduira le policier breton dans le Paris des receleurs et des maisons de jeu et jusqu'à la rade de Cherbourg. Ses fonctions lui imposeront aussi de réduire des émotions populaires et de veiller au bon déroulement des exhumations du Cimetière des Innocents.
Nicolas Le Floch éprouvera aussi le bouleversement de l'effarante révélation de ses origines. Au milieu des intrigues de cour et des dangers de la ville et, face à des suspects équivoques, mus par le lucre et la trahison, il finira par résoudre une sombre énigme en usant d'une découverte étonnante des Lumières.

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : 10/18
Collection : Grands Détectives
Date de parution : octobre 2016
Couverture : brochée
Format : 10,8 cm x 17,7 cm
Pagination : 408 pages
ISBN : 978-2-2640-6890-3

Livre numérique

Éditeur : JC Lattès
Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub –– ePagine : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub

Opération Napoléon

Opération Napoléon
Auteur : Arnaldur Indridason
Traduction : David Fauquemberg

Texte de présentation

1945 : un bombardier allemand survole l'Islande dans le blizzard et s'écrase sur le Vatnajökull, le plus grand glacier d'Europe. Bizarrement il y a des officiers allemands et américains à bord. L'Allemand le plus gradé affirme que leur meilleure chance de survie consiste à marcher vers la ferme la plus proche et s'en va, une valise menottée au poignet. Il ne tarde pas à disparaître dans l'immensité blanche.
Toutes les expéditions américaines menées dans les années suivantes pour retrouver l'avion restent vaines. 1999 : le glacier fond un peu et les nouveaux satellites repèrent une carcasse d'avion, les forces spéciales de l'armée américaine envahissent immédiatement le Vatnajökull et tentent en secret de dégager l'avion. Deux jeunes sportifs islandais en randonnée surprennent ces manoeuvres et sont rapidement réduits au silence.
Avant sa capture, l'un d'eux, Elias, contacte sa soeur Kristin, une avocate sans histoires qui ne cessera de chercher la vérité sur ce qui est arrivé à son frère. Elle se lance dans une course poursuite riche en rebondissements au coeur d'une nature glaçante, mais sa ténacité, son courage et sa soif de vérité l'entraînent dangereusement à la recherche de la clef de l'énigme de l'Opération Napoléon, cette opération militaire mystérieuse et encombrante que les Américains cherchent à faire disparaître. Les événements se précipitent autour d'une héroïne perspicace et résistante à laquelle le lecteur s'attache autant que l'auteur lui-même. La force de ce roman tient autant aux hypothèses historiques déconcertantes, troublantes, parfois dérangeantes, qu'à la séduction inoubliable qu'exerce Kristin.
Un formidable roman d'espionnage addictif qu'on ne lâche pas.

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : Points
Date de parution : octobre 2016
Couverture : brochée
Format : 11 cm x 18 cm
Pagination : 432 pages
ISBN : 978-2-7578-6258-2

Livre numérique

Éditeur : Métailié
Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub –– ePagine : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub

Le livre secret de Dante. Le code caché de la Divine Comédie

Le livre secret de Dante
Auteur : Francesco Fioretti
Traduction : Chantal Moiroud

Texte de présentation

Septembre 1321, Dante Alighieri meurt de la malaria ; sa dépouille est couronnée de lauriers et le monde pleure le poète de génie. Giovanni, jeune médecin, disciple de l'auteur de la Comédie, doute de cette version officielle. Tout le porte à croire que Dante a été empoisonné et la disparition des treize derniers chants du Paradis ne fait que renforcer son intuition. Avec la fille du poète, soeur Béatrice, il décide de partir à la recherche des feuillets disparus et de retrouver l'assassin.
Guidés par les codes cachés de La Divine Comédie, Giovanni et soeur Béatrice vont découvrir la face secrète du poète et se trouver au coeur d'enjeux et de questions qui les dépassent. Pourquoi Dante a-t-il dissimulé ses derniers chants ? Que contiennent-ils et pourquoi un ancien Templier cherche-t-il à se les procurer ? Qui pouvait vraiment vouloir la mort de Dante ?

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Mon avis : Assez Bien

L'histoire
18 mai 1291. Les mamelouks s'emparent de la ville de Saint-Jean-d'Acre, capitale du Royaume Latin de Jérusalem, mettant un terme à la présence croisée en Terre sainte. Juste avant l'assaut final, le Templier Bernard entend Guillaume de Beaujeu, le grand maître du Temple, ordonner à Gérard de Monréal de partir pour Chypre et de sauver "les nove...". S'agit-il de novénaires ? Mais il n'en saura pas plus, le bruit couvre la conversation, et il faut partir au combat. Alors que les mamelouks envahissent la ville, gagnant ainsi la bataille, Bernard tente de s'enfuir, mais il n'est pas seul à avoir la même idée. Et c'est chacun pour soi : frappé dans le dos par l'épée d'un chrétien lui-même en fuite, Bernard ne doit sa survie qu'à l'aide d'un habitant qui le recueille chez lui et le soigne.
Quelques années plus tard, en 1321, alors que l'ordre des Templiers a été supprimé, Bernard est à la recherche des treize derniers chants du Paradis de la Comédie de Dante Alighieri, dans lesquels ce dernier aurait dissimulé la carte du nouveau Temple, le fameux secret confié par Guillaume de Beaujeu à Gérard de Monréal. Arrivé à Ravenne, là où réside Dante, il fait la connaissance de Giovanni de Lucques, jeune médecin et disciple de Dante, qui lui apprend que Dante vient de mourir de la malaria. Mais la disparition des treize derniers chants du Paradis et les lèvres noires, la peau écailleuse et la perte de cheveux du poète le conduisent à envisager une autre hypothèse, celle de l'empoisonnement !
Avec l'aide de Bernard et de soeur Béatrice, la fille de Dante, Giovanni décide de mener l'enquête. Pourquoi Dante a-t-il dissimulé ses derniers chants ? Que contiennent-ils ? Où sont-ils désormais ? Qui pouvait vouloir la mort de Dante ? Qui sont ces deux mystérieux religieux franciscains ?

Un véritable succès en Italie
Vendu à 500 000 exemplaires en Italie depuis sa parution en 2011, Le Livre secret de Dante a été écrit par Francesco Fioretti, un spécialiste de Dante et de La Divine Comédie. En effet, après avoir étudié la littérature à Florence et enseigné en Lombardie et dans les Marches, Francesco Fioretti a obtenu en 2012 un doctorat à l'université d'Eichstätt (Allemagne) avec une thèse sur le Stilnovo de Dante et du poète Guido Cavalcanti. Passionné par ce monument littéraire et désireux de le mettre à la portée de tous, Francesco Fioretti a conçu un thriller ésotérique basé autour d'une énigme numérologique, dont l'auteur nous apprend que son interprétation est l'une des nombreuses interprétations possibles du code qui existe réellement.
Compte tenu du phénomène en Italie, l'éditeur français a décidé de jouer le jeu en réalisant une couverture très graphique – fond sombre sur lequel se détache le titre marqué à chaud à l'aide d'un film argenté –, renforçant par là même le côté mystérieux du roman.

Priorité à la réflexion
Par définition, le thriller historico-ésotérique se compose d'un récit centré sur un ou des événements mystérieux, progressivement éclaircis par le raisonnement, les déductions, les connaissances et les recherches d'un ou de plusieurs enquêteurs. Mais il s'accompagne aussi d'un suspense ou d'une tension narrative tenant le lecteur en haleine jusqu'au dénouement de l'intrigue. Le danger, les meurtres, les scènes de poursuite ou de combat sont monnaie courante dans ce type de littérature. Ce genre littéraire est représenté notamment par Umberto Eco, Dan Brown ou bien Raymond Khoury.
Dans le cas présent, on est bien loin du Da Vinci Code ! On est même à l'opposé : tandis que le Da Vinci Code mettait en exergue les scènes d'action et des hypothèses un peu farfelues, Le Livre secret de Dante s'appuie sur une documentation solide et donne la primauté à la réflexion sur l'action, tout cela dans le but de nous faire (re)découvrir sous une forme littéraire plaisante La Divine Comédie, cette oeuvre littéraire connue de tous, mais que peu de gens ont lu. La lecture de ce thriller historico-ésotérique très érudit nécessite donc quelques efforts et de la concentration pour ne pas perdre le fil des réflexions menées par les différents personnages.

Des énigmes arithmétiques complexes
Cependant, la réflexion est si présente et si profonde qu'elle en devient parfois ardue, voire incompréhensible, quand il s'agit de décrypter des énigmes arithmétiques. Quand les personnages commencent à réduire le texte de Dante à une suite de chiffres ou à un schéma, on en vient à se demander si tout cela n'est pas un peu fumeux, mais l'hypothèse est intéressante et intrigante, j'aurais aimé y comprendre quelque chose, mais à un moment ou à un autre, cela devenait trop complexe pour moi. Heureusement cela n'a aucune conséquence sur la suite de la lecture. Bref, la façon dont l'énigme est décodée n'est vraiment pas simple à suivre ! Pourtant, je pensais avoir dépassé le plus difficile puisque l'éditeur indique dans sa note qu'"il faut oser s'aventurer dans la forêt relativement obscure des premiers chapitres". Car le prologue situé à Saint-Jean-d'Acre est passionnant et stimulant même si l'on sent déjà les prémices d'une certaine pesanteur de style.

Un manque de légèreté
Conséquence de cette primauté donnée à la réflexion, une impression effectivement de pesanteur, d'immobilisme, comme si l'auteur n'avait pas suffisamment "enrobé" le coeur de son roman de tous les ingrédients qui font d'un roman un excellent thriller historico-ésotérique. Il manque un ingrédient : l'action. Où sont les combats, le danger, les ruses, les pièges les meurtres ? Les protagonistes de cette histoire évoluent dans un environnement qui semble hors du temps et enquêtent tranquillement sans jamais craindre pour leur vie.
De la même manière, la narration, menée par un narrateur omniscient, est dominée par la description, pas seulement par les classiques descriptions physiques ou du paysages, mais par les descriptions des pensées et des sentiments des personnages. Certes, les dialogues sont présents, mais ils sont écrasés par le poids de la narration très prolixe, ralentissant par là même le rythme du récit. Autre élément qui produit une interruption dans la lecture : les extraits de la Divine Comédie sont reproduits dans le cours du texte, en langue originale, et leur traduction se trouve dans les notes de bas de page. Même si je trouve qu'il est justifié de retranscrire l'œuvre dans sa langue originelle pour ne pas trahir sa structure en rimes et sa musicalité, il est compliqué de faire sans arrêt des sauts de puce pour aller lire la traduction en bas de page et cela nuit à la fluidité du texte et fait parfois passer l'intrigue au second plan.

La (re)découverte de La Divine Comédie
Ce roman peut être lu sans connaissance de l'oeuvre de Dante, c'est même un excellent moyen de l'aborder. Cela a d'ailleurs été mon cas : connaissant cette œuvre que de nom, ce roman m'a permis d'en savoir un peu plus sur ce monument littéraire écrit entre 1307 et 1321 par Dante et initialement nommé la Comédie. Plus tard, les commentateurs (dont Boccace) lui ont adjoint ce qualificatif. Je ne pense pas me plonger davantage par la suite dans cette œuvre qui me semble très complexe, mais j'ai apprécié les informations et l'éclairage apportés par l'auteur, mettant ce texte à notre portée : les références et les citations sont nombreuses, mais tout est intéressant. En effet, cette oeuvre métaphorique, qui a donné lieu à de nombreux commentaires et gloses à travers les siècles, peut se lire à différents niveaux et être interprétée de différentes façons : récit d'une purification personnelle, oeuvre religieuse, projet d'éducation morale de la société, somme des conceptions politiques, scientifiques et philosophiques du début du XIVe siècle, hommage à la femme aimée, Béatrice, l'amour platonique de Dante, morte prématurément à 24 ans, et qu'il s'en va chercher au Paradis… En tout cas, j'en ai retenu que ce texte divisé en trois parties – l'Enfer, le Purgatoire et le Paradis –, chacune composée de trente-trois chants (plus un chant inaugural placé dans l'Enfer), est le récit d'un voyage imaginaire du poète dans le monde de l'au-delà jusqu'à la découverte de Dieu.

Dante et son époque
Francesco Fioretti mêle habilement dans ce roman l'histoire la Divine Comédie, l'histoire de Dante et de sa famille, et celle de l'Italie. En nous plongeant dans la vie de Dante, l'auteur nous fait découvrir son action publique mais aussi son intimité. C'est ainsi que nous faisons la connaissance de ses enfants, Iacopo, Pietro, Antonia (devenue soeur Béatrice) et Giovanni, et de sa femme Gemma, pas facile à vivre. Pas facile de vivre avec un père si souvent absent. Car Dante n'était pas qu'un poète et un écrivain, il faut également un homme politique, ce que l'on sait moins. Né en 1265 à Florence et mort à Ravenne en 1321, Dante évolue dans une Italie déchirée par des querelles de princes, les luttes entre les guelfes (noirs et blancs) et les gibelins, les intrigues menées par le pape… En 1295, il s'engage dans la vie politique. Partisan de l'indépendance de Florence vis-à-vis de la papauté, Dante est condamné à l'exil en 1301 et ne reverra plus sa ville natale. Il vécut notamment à Ravenne chez le podestat Guido Novello da Polenta, où il meurt le 14 septembre 1321. Ainsi, c'est durant son exil qu'il rédigea sa Comédie et ce contexte est important pour mieux comprendre cette oeuvre et les soupçons qui ont pu peser sur sa mort.

Pour résumer, un thriller ésotérique d’une grande érudition qui permet de redécouvrir la Divine Comédie, une oeuvre incroyablement prophétique.

http://www.hc-editions.com/

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : Pocket
Date de parution : octobre 2016
Couverture : brochée
Format : 10,8 cm x 17,7 cm
Pagination : 384 pages
ISBN : 978-2-2662-6841-7

Livre numérique

Éditeur : Hervé Chopin
Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub –– ePagine : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub

Venez, vous dont l'oeil étincelle

Venez, vous dont l'oeil étincelle
Auteur : Jean-Christophe Duchon-Doris

Texte de présentation

En cette année 736, le duc Mauronte, patrice de Marseille, s'inquiète pour l'indépendance de son fief, menacé au nord par les Francs de Charles Martel et au sud par les Sarrasins. S'il veut survivre, il doit s'allier à l'un des deux camps. Un choix d'autant plus délicat que Childebrand, le frère de Charles Martel, et Youssouf, le gouverneur musulman de Narbonne, sont tombés fous amoureux de sa fille, Blanche.
Pour l'aider à prendre sa décision, le duc décide d'ouvrir son palais à des conteurs venus des deux contrées ennemies. Durant d'innombrables nuits, les narrateurs affluent et c'est un feu d'artifice de récits magnifiques ou tout l'imaginaire des hommes est exalté : l'amour, l'érotisme, la cruauté, la beauté, le fantastique... Chacun cherche à toucher, au plus secret, la raison du père et le coeur de la fille. Mais seuls les dieux savent qui sera l'heureux vainqueur de ce combat singulier.

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : Julliard
Date de parution : octobre 2016
Couverture : brochée
Format : 14 cm x 22,5 cm
Pagination : 368 pages
ISBN : 978-2-260-02403-3

Livre numérique

Éditeur : Julliard
Format : Amazon : Kindle –– Decitre : ePub –– ePagine : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub

mercredi 5 octobre 2016

Les enquêtes du maître d'hôtel de François Ier. Tome 4 : Innocent breuvage

Innocent breuvage
Autrice : Michèle Barrière

Texte de présentation

Valence, août 1536. Tandis que la guerre fait rage entre François Ier et Charles-Quint, le jeune dauphin François, celui-là même qui avait été fait prisonnier par l'empereur quelques années auparavant, meurt brutalement. Épidémie ? Empoisonnement ? Trahison de Charles-Quint ? Les rumeurs vont bon train. Lorsque son échanson se voit accusé d'avoir versé de l'arsenic dans l'eau du Dauphin, Quentin est obligé de défendre l'honneur de son ami. Mais qui pourrait convaincre le roi que son fils est bien mort de mort naturelle ? Il faudrait pour cela un médecin de génie, un esprit libre, un pourfendeur de l'injustice, un… Rabelais, bien entendu. Pour ce bon vivant, rien de pire que la tactique de la terre brûlée que pratiquent les soldats du roi. Or, comment réfléchir si l'on a l'estomac creux ? Mais l'époque n'est guère tendre avec les empoisonneurs, et le temps presse si Quentin ne veut pas voir son ami écartelé en place publique…

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : Le Livre de poche
Date de parution : octobre 2016
Couverture : brochée
Format : 11 cm x 18 cm
Pagination : 256 pages
ISBN : 978-2-2530-8611-6

Livre numérique

Éditeur : JC Lattès
Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub –– ePagine : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub

Les enquêtes de Middleton & Grice. Tome 1 : Petits meurtres à Mangle Street

Petits meurtres à Mangle Street
Auteur : M.R.C. Kasasian
Traduction : Hélène Tordo

Texte de présentation

Londres 1892. Une femme est sauvagement assassinée dans le quartier pauvre de Whitechapel. Désemparée par l'inefficacité de la police, la mère de la victime engage Sidney Grice, le plus célèbre détective privé de Londres. D'une intelligence acérée, pointilleux et exigeant, l'homme est d'une efficacité redoutable. Il pense que le "sexe faible" n'a pas sa place dans un cabinet de détective, mais il fait tout de même appel à March Middleton, une jeune femme excentrique un peu trop portée sur le gin, pour l'assister dans cette affaire. L'irrésistible duo mène l'enquête et découvre que le mystérieux meurtre n'était que le premier d'une sinistre série. Dans un Londres où planent des ombres terrifiantes, le danger rôde à chaque coin de rue…
Original, avec un humour so british : un duo de détectives dans le Londres victorien.

En complément


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Livre papier

Éditeur : City
Date de parution : octobre 2016
Couverture : brochée
Format : 11 cm x 18 cm
Pagination : 408 pages
ISBN : 978-2-8246-0857-0

Livre numérique

Éditeur : City
Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub –– ePagine : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub

Outlander. Tome 8 : À l'encre de mon coeur – Partie 2

À l'encre de mon coeur
Autrice : Diana Gabaldon
Traduction : Philippe Safavi

Texte de présentation

1778. Dans la foulée de la bataille de Monmouth, Claire et Jamie doivent déterminer leur prochaine destination. Resteront-ils à Philadelphie, où Fergus, le fils adoptif de Jamie, possède toujours son imprimerie, ou se hasarderont-ils à revenir à Fraser's Ridge, en Caroline ? Jamie souhaite en outre se réconcilier avec William, qui ne veut rien savoir de son père biologique et qui a choisi la cause loyaliste. Brianna tentera elle aussi de retisser la toile familiale en partant à la recherche de son mari, Roger, qui a regagné le passé. L'amour et la famille triompheront-ils dans cette quête entre l'Amérique révolutionnaire et l'Écosse ?

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : J'ai lu
Date de parution : octobre 2016
Couverture : brochée
Format : 13 cm x 19 cm
Pagination : 796 pages
ISBN : 978-2-2901-3334-7

Livre numérique

Éditeur : J'ai lu
Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub ou PDF –– ePagine : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub ou PDF

Yusuf, prince des Spahis

Yusuf, prince des Spahis
Auteur : Jean Busson

Texte de présentation

Quelle vie extraordinaire que celle de Yusuf, ce "Cheik-el-Baroud", seigneur des combats, comme l'appelait les Arabes !
Tout au long d'un XIXe siècle conquérant, les aventures de ce général de l'armée française succèdent aux prouesses du jeune mameluk dont l'origine reste mystérieuse.
En 1830, le jeune Yusuf, ancien mameluk du Bey de Tunis, intègre l'armée française d'Afrique et devient sujet de Charles X. Sa carrière est alors bien connue mais on ignore les secrets de sa jeunesse orientale. D'abord interprète, Yusuf forme bientôt une troupe de cavaliers autochtones d'une bravoure et d'une obéissance à toute épreuve. Habillés de brillants burnous rouges qui claquent au vent, les spahis étaient nés ! Et leur "Prince" mène son escadron de victoires en victoires avant de s'éteindre auréolé de gloire.
Le talent de Jean Busson nous transporte au soleil algérien et ressuscite les cavalcades héroïques de l'aventure coloniale française en Afrique... une page d'histoire exaltante !

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : Éditions du Triomphe
Date de parution : octobre 2016
Couverture : brochée
Format : 15 cm x 24 cm
Pagination : 328 pages
ISBN : 978-2843-7854-5

Les aventures de Guilhem d'Ussel, chevalier : L'évasion de Richard Coeur de Lion

L'évasion de Richard Coeur de Lion
Auteur : Jean d'Aillon

Texte de présentation

Des serfs opprimés par un seigneur violent et cruel. Une troupe de chevaliers réunis pour libérer Richard Coeur de Lion, emprisonné dans un château en Allemagne. Un bien curieux chat botté. Un crime ménager. Un retour à l'abbaye de Cluny, perturbé par des fresques qui saignent. Un loup démoniaque à combattre. Autant d'intrigues dans lesquelles Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour, se retrouve plongé entre 1193 et 1201.
Au fil de ces péripéties, on découvre que le mensonge se cache souvent derrière une apparente vérité, que l'évidence peut être un leurre, que la loyauté fait parfois défait et que la vengeance justifie bien des crimes. Guilhem, lui, aussi habile d'esprit qu'à l'épée, cherche sans relâche à faire justice.

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : J'ai lu
Date de parution : octobre 2016
Couverture : brochée
Format : 11 cm x 17,8 cm
Pagination : 564 pages
ISBN : 978-2-2901-2612-7

Livre numérique

Éditeur : Le Grand Châtelet
Format : Amazon : Kindle –– Fnac : ePub

mardi 4 octobre 2016

Usurpateurs. Tome 1 : Vindicte en Hispania Tarraconensis

Vindicte en Hispania Tarraconensis
Auteur : Marc Leconte

Texte de présentation

L'Empire romain au milieu du IIIe siècle après J.-C. Ce n'est ni son apogée ni son déclin, mais une période de troubles, où les barbares se pressent aux frontières et où les puissants multiplient les tentatives de coup d'État.
Le jeune empereur Gordien III, durant sa campagne contre l'Empire perse, découvre une poudre mystérieuse, qui explose au contact de la flamme. Les érudits l'appelleront la pulvis expugno, la poudre qui apporte la victoire. L'empereur confiera le secret de sa fabrication à deux entités capables de conserver le mystère de sa fabrication. Parmi elles, le collège de Mithra.
Cette poudre va permettre à Rome de ramener le calme à ses frontières et de se reconstruire, doucement, jusqu'à la mort suspecte du jeune Gordien III.
Hélas pour Rome, son successeur est un jeune homme des plus simples, désintéressé de la politique, peureux et avide des plaisirs terrestres. Et un tel homme à la tête de l'Empire ne manquera pas de faire naître des ambitions.
C'est dans ce contexte que trois citoyens romains, un légionnaire, un jeune prêtre de Mithra et un médecin issu d'une bonne famille se retrouvent pris dans les jeux de sénateurs et de généraux. Leur naïveté et leur engagement pour Rome les conduiront à combattre, à mentir, à juger et à tuer, sans jamais penser à fuir. Mais pour certains, l'engagement n'est peut être pas complètement dévolu à Rome…
Ce livre n'est ni un roman historique, ni un récit de fantasy. Il s'agit d'une uchronie légère, où aucun des protagonistes n'est réel, où le collège de Mithra est devenu une secte digne des Francs-Maçons, où la poudre résonne sur les champs de bataille, mais dans laquelle l'ambiance antique reste réaliste.

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : Rroyzz
Date de parution : octobre 2016
Couverture : brochée
Format : 14,8 cm x 21 cm
Pagination : 306 pages
ISBN : 978-2-3637-2060-3

La saga des Limousins. Tome 9 : Du bâtard au duc. De Val-ès-Dunes à Kiev. 1046 à 1051

La saga des Limousins 9
Auteur : Yves Aubard

Texte de présentation

Du bâtard au duc est le tome 9 de "La Saga des Limousins", il se déroule entre 1045 et 1051.
Le jeune duc Guillaume de Normandie est contesté par ses vassaux. Il devra affronter une puissante coalition, mais les rebelles ont commis une erreur, ils se sont attaqués aux descendants du seigneur de Châlus. Ces derniers vont donc batailler aux côtés de Guillaume et participer à sa grande victoire à Valès-Dunes.
Tandis que le jeune duc va chercher une épouse en Flandre, le roi Henri devra aller jusqu'à la Russie de Kiev pour trouver la sienne. Isabelle sera encore l'instigatrice de ces mariages princiers, et Brunehilde trouvera un époux en cette occasion. Adémar devient moine à Cluny et sa soeur Tibelle moniale à Rome.
Jean réunit ses enfants pour leur montrer la grande oeuvre de sa vie, encore une preuve de son génie.
Dans le neuvième volet de sa saga, Yves Aubard nous montre qu'après la mort de Lou, ses descendants restent présents sur bien des fronts. Jean va réaliser un vieux rêve qu'il avait fait avec Avicenne, un progrès décisif pour la médecine.

En complément


Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : La Geste
Date de parution : octobre 2016
Couverture : brochée
Format : 15,8 cm x 24 cm
Pagination : 320 pages
ISBN : 978-2-3674-6663-7

Livre numérique

Éditeur : La Geste
Format : Amazon : Kindle –– Decitre : ePub –– ePagine : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub

lundi 3 octobre 2016

La petite femelle

La petite femelle
Auteur : Philippe Jaenada

Texte de présentation

Au mois de novembre 1953 débute le procès retentissant de Pauline Dubuisson, accusée d'avoir tué de sang-froid son amant. Mais qui est donc cette beauté ravageuse dont la France entière réclame la tête ? Une arriviste froide et calculatrice ? Un monstre de duplicité qui a couché avec les Allemands, a été tondue, avant d'assassiner par jalousie un garçon de bonne famille ? Ou n'est-elle, au contraire, qu'une jeune fille libre qui revendique avant l'heure son émancipation et questionne la place des femmes au sein de la société ? Personne n'a jamais voulu écouter ce qu'elle avait à dire, elle que les soubresauts de l'Histoire ont pourtant broyée sans pitié.
Telle une enquête policière, La Petite Femelle retrace la quête obsessionnelle que Philippe Jaenada a menée pour rendre justice à Pauline Dubuisson en éclairant sa personnalité d'un nouveau jour. À son sujet, il a tout lu, tout écouté, soulevé toutes les pierres. Il nous livre ici un roman minutieux et passionnant, auquel, avec un sens de l'équilibre digne des meilleurs funambules, il parvient à greffer son humour irrésistible, son inimitable autodérision et ses cascades de digressions. Un récit palpitant, qui défie toutes les règles romanesques.

En complément

  • Lire un extrait de ce roman :
  • Christophe Hondelatte a abordé l'affaire Pauline Dubuisson dans le cadre de son émission radio "Hondelatte raconte" sur Europe 1. Vous pouvez réécouter cette émission en cliquant sur ce lien : "Pauline Dubuisson".

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : Points
Date de parution : octobre 2016
Couverture : brochée
Format : 11 cm x 18 cm
Pagination : 744 pages
ISBN : 978-2-7578-6040-3

Livre numérique

Éditeur : Julliard
Format : 7switch : ePub –– Amazon : Kindle –– Decitre : ePub –– ePagine : ePub –– Fnac : ePub –– Numilog : ePub

dimanche 2 octobre 2016

L'odyssée maritime de la Sainte Claire ou les aventures extraordinaires d'un jeune paysan normand

L'odyssée maritime de la Sainte Claire
Auteur : Roger Charles Houzé

Texte de présentation

Il arrive que des personnages, marqués par le destin dans leur prime jeunesse, trouvent un chemin, certes hasardeux, mais qui les conduit vers une destinée prodigieuse. Ce fut le cas de Marceau, un jeune Normand qui voulait devenir marin alors que sa famille était paysanne. À la suite d'une rencontre fortuite, il fait la connaissance d'un noble suédois qui le trouve fort bien prévenu des affaires de la mer, et va le présenter à un armateur qui le teste et l'embauche comme pilotin. C'est là que commence l'aventure : il monte tous les échelons de la hiérarchie maritime et devient le capitaine d'un navire qui est à lui seul une curiosité car particulièrement performant dans le domaine de la course. Il s'agit de la Sainte Claire qui, elle, a déjà sa propre histoire.
En Méditerranée, Marceau et son navire se frottent à des pirates singuliers qui confisquent le bateau et son équipage. Les voilà partis pour Constantinople, la mer Noire, le Don et la Volga, pour trouver un passage vers la mer Caspienne. Périlleuse aventure que Marceau supporte avec maestria, et, mission accomplie, il rentre par ses propres moyens en Normandie, traversant toute l'Europe. Là, il va lui arriver toutes sortes d'aventures, à découvrir dans ce roman historico-picaresque...

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : L'Harmattan
Date de parution : octobre 2016
Couverture : brochée
Format : 13 cm x 21 cm
Pagination : 238 pages
ISBN : 978-2-3430-7934-9

Livre numérique

Éditeur : L'Harmattan
Format : 7switch : PDF –– ePagine : PDF

Voyage au bout de la mer océane

Voyage au bout de la mer océane
Auteur : Henri Rech

Texte de présentation

Si le lecteur aime les aventures historiques, les voyages, les histoires romanesques à rebondissements, qu'il se plonge vite dans les aventures d'Aymeric de Fleury, jeune médecin français, embarqué comme chirurgien en l'année 1686 sur un galion espagnol de la flotte des Indes occidentales.
Il y découvrira la vie à bord et ses vicissitudes, les rapports aimables ou conflictuels entre les personnages qui naviguent sur ce bateau, les relations amoureuses qui se tissent et se compliquent, les paysages du nouveau monde à la fin du XVIIe siècle. Il suivra le héros de ce roman dans sa quête d'une plante aux vertus anesthésiques dans les montagnes andines, puis voguera dans la mer des Caraïbes qui, à l'époque, était le territoire de tous les dangers avec les tempêtes, les fièvres et les pirates...

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : L'Harmattan
Date de parution : octobre 2016
Couverture : brochée
Format : 13 cm x 21 cm
Pagination : 294 pages
ISBN : 978-2-3431-0009-8

Livre numérique

Éditeur : L'Harmattan
Format : Decitre : PDF –– ePagine : PDF

Un acte codé dans un registre de baptêmes en 1617 à Gannat (Allier)...

Article mis à jour le 27 décembre 2018.

Au départ, une simple recherche généalogique...

Il y a quelques semaines, j'avais décidé de partir à la recherche de mes ancêtres auvergnats. Pour cela, direction les archives numérisées des Archives Départementales de l'Allier où je me suis plongée dans les registres d'état civil puis paroissiaux de diverses communes de l'Allier.

Quelques semaines plus tard, j'avais réussi à remonter mon arbre généalogique jusqu'au début du XVIIe siècle. La recherche devenant plus difficile, j'ai alors pris le parti de consulter intégralement le registre qui m'intéressait pour la paroisse Sainte-Croix de la commune de Gannat : le GG 16, qui couvre les baptêmes pour la période 1615-1622. Alors que je tournais virtuellement les pages une par une, mes yeux parcourant rapidement les actes, focalisés sur le nom recherché, mon regard s'est subitement arrêté sur des lignes étranges composées à la fois de lettres et de chiffres. Mais qu'est-ce donc ?!
Acte codé Archives départementales de l'Allier (Gannat)
Vue d'ensemble (© Archives Départementales de l'Allier).
Détail (© Archives Départementales de l'Allier).

Concentrée sur la recherche de mes ancêtres, j'ai alors effectué une capture d'écran, me promettant de revenir très vite sur ces lignes surprenantes et intrigantes. Ce fut chose faite ce dimanche 26 septembre.

... qui se transforme en enquête policière !

Ce jour-là, j'ouvre de nouveau le fichier, observe ces lignes étranges et en conclut qu'il s'agit d'un acte codé. Avant toute chose, je me mets à chercher des infos relatives aux actes codés sur le web, en vain (avis aux généalogistes blogueurs, ce serait super d'écrire un article sur ce sujet !). Pleine d'incertitudes, je décide alors de publier la photo sur Twitter, réseau social où les généalogistes, historiens, professeurs, etc., sont très actifs, pour savoir si je suis sur la bonne piste, c'est-à-dire est-ce que ce type d'acte est fréquent ou non dans les registres ? Je remercie au passage toutes les personnes qui ont retweeté mon message ou qui m'ont proposé des hypothèses.
Visiblement, ma photo intrigue énormément, mais personne ne semble avoir déjà vu cela ! Au départ, voici les différentes hypothèses qui se présentaient à moi, mêlant à la fois le prérequis de l'existence d'un code ou non, qui pourraient expliquer la présence de ces lignes étranges :
  • Comptes de la paroisse.
  • Registre passé entre les mains d'un écolier qui s'est amusé.
  • Essai de plume.
  • Récrimination du prêtre envers sa hiérarchie.
  • Mention d'un événement grave (meurtre, suicide, accident...).
  • Mention en lien avec le protestantisme.

Un code !

Sachant que le papier était cher à l'époque, que les registres paroissiaux n'étaient pas en accès libre, que l'illettrisme était monnaie courante et que des registres paroissiaux ont été tenus par les pasteurs entre 1559 et 1685, seule une hypothèse me semble alors tenir la route, mais elle me semble dingue... celle d'un acte codé en raison de la gravité des faits. Plusieurs indices me laissent en effet croire en l'existence d'un code. C'est alors qu'Éric, un ami informaticien, @RemiMathis, historien et conservateur à la Bibliothèque Nationale de France, et deux généalogistes, @PellePioche et @SophiePUGIN, se sont manifestés, les deux premiers me proposant un début de clé de décryptage, les autres se lançant avec moi dans le déchiffrement !

Tout en répondant aux uns et aux autres, j'ai commencé par partir du postulat que le premier mot était certainement la traduction de "Aujourd'hui" et que la lettre ou chiffre le plus fréquent correspondait à la lettre la plus utilisée de l'alphabet, le "e" en l'occurrence. Grâce à ces deux hypothèses, l'acte a été déchiffré.
Des interrogations demeurent, car nous sommes au début du XVIIe siècle et l'orthographe était parfois un peu aléatoire. En outre, certains mots ne s'écrivaient alors pas de la même manière qu'aujourd'hui et, enfin, le code n'a pas été respecté stricto sensu, certaines lettres étant parfois encodées et parfois non ! D'ailleurs, je me demande comment la personne qui a encodé cet acte s'y est prise : avait-elle un brouillon à part où était noté le code ? L'a-t-elle fait de tête ? L'inscription a-t-elle été faite dans la précipitation ou bien au calme ? En tout cas, voici le surprenant résultat obtenu :
Aujourd'huy 2eme jeun 1617 sept trouve monsieur testu more6 dedans son puis et a este enterre le 14eme jouy faict le dict jour et an que desus
J Tourrauld
Depuis, un généalogiste, Gérard Panisset, m'a soumis une nouvelle transcription de l'acte (son commentaire est visible à la fin de l'article). Celle-ci me semble plus proche de la réalité, d'une part car le délai entre la découverte du corps et son inhumation est plus courte, d'autre part parce qu'on possède ainsi le nom complet de la personne décédée comme il était coutume de l'indiquer (dans ma transcription le prénom manquait :
Aujourdhuy 11 jeun 1617 Sept trouve monsieur Lois Moret dedans son puis et aiste enterre le 14° jeun faict ledict jour et an que dessus
À la lecture des lignes déchiffrées, j'en suis restée bouche bée et très émue. Car ces quelques lignes datant de 1617 relatent un événement grave, celle d'une mort étrange...

Autre élément étrange (merci à mon cousin Xavier de me l'avoir rappelé !) : sur la page de droite, juste en vis-à-vis, en dessous des signatures d'un autre acte, on identifie une mention courte caractérisée par une encre et une écriture similaire à l'acte codé, ainsi que par une absence de signature. En outre, on identifie le mot "quatorzième" qui fait écho au "14" de l'acte codé ! Ce qui tendrait à faire penser à une note ajoutée en lien avec l'acte codé, mais inscrite en page de droite puisque l'espace manquait sur celle de gauche.
Mon cousin Xavier et @feuilledardoise (voir son commentaire) m'ont proposé chacun de leur côté une transcription très proche, que je reprends tout en y mêlant ma propre transcription :
et la quatorzieme a este
enterre vers la chache (?) auprès du logis des poules
Acte codé
Mention figurant en page de droite (© Archives Départementales de l'Allier).
Pour l'instant, impossible de définir le lieu d'inhumation. Ni la carte de Cassini ni le Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle de Frédéric Godefroy (1880-1895) [merci @feuilledardoise] ne m'ont permis d'identifier un quelconque lieu.
Toutefois, le lieu précis d'inhumation est très rarement précisé dans un acte de sépulture. Le fait que l'endroit soit ici précisé nous démontre le caractère atypique de la situation et nous permet de supposer que l'inhumation n'a pas eu lieu à l'endroit habituel (cimetière, église). Cependant, même si l'inhumation n'a pas eu lieu à l'endroit habituel, le choix du lieu n'a pas été fait au hasard ; la logique voudrait qu'il se trouve proche du cimetière ou de l'église mais, symboliquement, en dehors.

Récemment, mon cousin a émis une nouvelle hypothèse : le mot "chache" pourrait être une transcription phonétique (ou prononciation à l'ancienne) de "châsse" ou bien, par déformation, de "châssis" (dans le sens de structure). Or, en 1617, il y a bien une châsse, celle de Sainte-Procule, qui se trouve dans l'église Sainte-Croix, au niveau du grand autel (voir images plus bas, paragraphe consacré aux protagonistes). Elle ne sera déplacée qu'en 1621. Cet homme a donc peut-être été inhumé à proximité de la châsse de sainte Procule, donc de l'église Sainte-Croix dont l'ancien cimetière, détruit à la Révolution, se trouvait au nord-est de l'édifice.

[MAJ du 27 décembre 2018] Via son club de généalogie, mon cousin m'a proposé une nouvelle hypothèse : le mot "chache" pourrait se référer à la "chasse", qui correspond à une partie du terrain de jeu de paume. Et au début du XVIIe siècle, le jeu de paume est un sport très populaire. Alors cet homme a-t-il été inhumé à proximité d'un terrain de jeu de paume ? C'est tout à fait envisageable !

[MAJ du 13 juin 2020] Dans l'ouvrage Jeux, sports et divertissements au Moyen Âge et à l'Âge classique : Actes du 116e Congrès national des sociétés savantes, Section d'histoire médiévale et de philologie (Chambéry, 1991), j'ai trouvé un extrait très intéressant puisqu'il y est question du lieu où l'on jouait au jeu de paume à Gannat : l'espace était situé "contre le mur intérieur de l'enceinte de la ville, sur une place près de la porte d'Orient".

Extrait : Jeux, sports et divertissements au Moyen Âge et à l'Âge classique

Immédiatement, je me suis lancée dans des recherches sur le web, dans les livres et dans tous les registres de la paroisse Sainte-Croix de la commune de Gannat de ce début du XVIIe siècle, tout en continuant de répondre aux twittos. Tout cela pour en savoir plus sur les actes codés, le suicide au début du XVIIe siècle et sur les protagonistes de cette histoire...

Un acte codé, pourquoi ?

Un code plus ou moins complexe
L'acte codé ne semble pas très fréquent. Seule @mireillepaille4 m'a signalé en avoir déjà vu dans le registre BMS 1656-1701 de Bellenaves (Allier). Évidemment, je me suis plongée de suite dans ledit registre et j'ai découvert cet acte :
Acte partiellement codé, Bellenaves
Acte partiellement codé, Bellenaves (© Archives Départementales de l'Allier).
Il s'agit d'un acte partiellement codé et assez simple à déchiffrer puisque seuls les prénoms et noms ainsi que le mot "illégitime" sont codés et seules les voyelles sont masquées et, en outre, elles sont codées suivant leur ordre d'apparition dans l'alphabet. La seule incertitude réside sur la bonne lecture des chiffres (problème de graphie) et sur la bonne écriture des noms, mais une petite recherche généalogique devrait résoudre le problème. Cela pourrait donner cela :
Marie Desiasis fille illégitime de François et de Gilberte Girou
Ainsi, ces deux exemples montrent qu'un acte pouvait être partiellement ou intégralement codé et parfois écrit à l'envers comme nous le verrons plus loin, mais toujours pour des raisons considérées comme graves à l'époque, en l'occurrence une naissance illégitime ou bien un suicide. En effet, en cas d'accident ou de meurtre, le mort et sa famille ne risquaient rien. En revanche, il n'en allait pas de même en cas de suicide comme nous le verrons plus loin.
Bien souvent, un code simple suffisait car il ne faut pas oublier que la majorité de la population était alors illettrée ou insuffisamment instruite pour être capable de lire un acte et de repérer la présence d'une suite de mots sans aucun sens au premier abord. Alors, dans ces conditions, identifier et déchiffrer des lignes codées était quasi une mission impossible.

Un bref historique des registres paroissiaux
Ordonnance de Villers-Cotterêts
Ordonnance de Villers-Cotterêts
(Archives Nationales).
Dans cas, pourquoi enregistrer une naissance illégitime ou un décès douteux ? Ne valait-il pas mieux alors taire ces faits ?
Ce serait oublier François Ier et sa fameuse ordonnance de Villers-Cotterêts du 15 août 1539.
Même si, avant 1589, des ordonnances épiscopales avaient déjà ordonné aux prêtres de tenir des registres paroissiaux, c'est avec l'ordonnance de Villers-Cotterêts qu'ont été promulguées les premières instructions gouvernementales sur l'état civil, instaurant la création des registres paroissiaux. Au départ, seuls les baptêmes ont été enregistrés et parfois les actes de sépultures des clercs. Il s'agit alors de s'assurer de manière certaine que les candidats à un bénéfice ecclésiastique sont effectivement majeurs.

Il faut attendre l'ordonnance de Blois en 1579 (sous le règne d'Henri III) pour que les curés commencent à systématiquement enregistrer les mariages et les sépultures. Au fil du temps, divers édits fixeront les mentions obligatoires devant apparaître dans les actes dont ceux de sépultures qui nous intéressent ici. Par exemple, l'ordonnance de Saint-Germain-en-Laye de 1667 impose que l'acte indique le jour du décès et qu'il soit signé par "deux des plus proches parents ou amis qui auront assisté au convoi".

Dans tous les cas, jusqu'en 1667, ces registres n'ont été tenus qu'en un seul exemplaire dans la grande majorité des cas et souvent conservés par le curé dans leurs sacristies et non déposés chaque année au greffe du bailliage ou de la sénéchaussée comme le prévoyait l'ordonnance de Villers-Cotterêts. Le code Louis de 1667 impose la tenue d'une double collection de registres (dont un exemplaire doit être déposé au greffe du juge royal) et cherche à uniformiser la tenue des registres. Jusqu'à la Révolution, ce sont donc les curés qui sont légalement chargés d'enregistrer baptêmes, mariages et sépultures (BMS) sur ces registres dits registres paroissiaux.

Du courage et de la prudence...
Ainsi, en 1617, il était encore possible de dissimuler un suicide sans trop de difficulté puisque les registres étaient encore tenus en un seul exemplaire et conservés par le curé de la paroisse.
En outre, ce rapide historique des registres paroissiaux nous permet de supposer que les registres de sépultures existaient en 1617 à Gannat. Toutefois, le premier registre des sépultures numérisé pour la paroisse Sainte-Croix de Gannat date de 1626. Soit les registres antérieurs n'ont pas été numérisés, soit ils ont disparu, soit ils n'ont jamais existé. Il faut que je me renseigne auprès des Archives Départementales de l'Allier sur ce point, mais j'aurais tendance à penser que ce registre de sépultures existe ou a probablement existé, car s'il n'avait jamais existé pour la paroisse Sainte-Croix, "J Tourrauld" n'aurait eu aucun intérêt à mentionner un fait aussi grave dans un registre de baptêmes, il l'aurait tout simplement passé sous silence. Simple erreur ou volonté délibérée, "J Tourrauld" a enregistré cet acte de décès et de sépulture dans un registre de baptêmes. Vu les circonstances, je pense plutôt qu'il s'est probablement retrouvé face à l'obligation de mentionner l'événement et qu'il a préféré jouer la prudence en enregistrant l'acte dans un autre registre que celui approprié et à une date antérieure, comme nous le verrons plus loin, afin de mieux le camoufler et protéger ainsi le suicidé et sa famille.

Mais cela ne suffisait pas. Le registre était certes conservé en un seul exemplaire dans la sacristie, mais encore fallait-il qu'aucune personne lettrée n'eût subitement besoin de consulter le registre à une date antérieure... d'où l'utilisation d'un code laissant apparaître quelques lettres pouvant induire en erreur une personne qui passe très vite sur les actes.

Le suicide, un crime contre Dieu...
Au Moyen Âge, le terme "suicide" n'existait pas ; on employait alors l'expression "meurtre de soi-même"... Meurtre, tout est dit dans ce mot : justice civile et justice ecclésiastique considèrent alors le suicide comme un crime abominable, une insulte envers Dieu, une victoire du Diable. Aussi les répercussions sur le mort et sa famille étaient considérables : confiscations des biens du suicidé, châtiment public infligé au corps du suicidé (cadavre traîné sur la claie, pendu par les pieds, brûlé ou jeté à la voirie) et privation de sépulture chrétienne. Parfois, les juges pouvaient faire preuve d'indulgence en fonction des circonstances (folie, par exemple) et de la situation familiale.
Les exemples de tourments infligés aux corps des suicidés sont nombreux, je ne vous en citerai que trois, issus du livre de Georges Minois (voir bibliographie) :
  • Une ordonnance de la municipalité de Lille, du XIIIe siècle, prévoit que "le cadavre [du suicidé] soit traîné jusqu'à la potence puis pendu s'il s'agit d'un homme, brûlé si c'est une femme".
  • "À Metz, le cadavre est sorti de la maison par un orifice creusé sous le seuil : on l'enferme dans un tonneau qu'on jette au fleuve, avec un écriteau demandant de le laisser dériver".
  • "Dans certaines régions d'Allemagne, le cadavre, traîné sur la claie, est pendu enchaîné et laissé à pourrir sur place. Le plus souvent, le corps est en position inversée, traîné et pendu la tête en bas."
La pendaison, la noyade et la précipitation sont les moyens les plus couramment utilisés pour se suicider. Sous l'Ancien Régime, les mentions de morts accidentelles, notamment par noyade, sont assez fréquentes dans les actes paroissiaux, même si, dans bien des cas, il reste souvent impossible d'établir la part de vérité : accident ou suicide ? En effet, se noyer dans la rivière n'est pas forcément un suicide, car peu de gens savaient nager à l'époque et certaines activités ou certains métiers se pratiquaient au bord de la rivière. En revanche, la mention de noyade dans un puits est alors couramment utilisée pour camoufler un suicide. Et parfois avec la complicité du curé. Georges Minois cite l'exemple au XVIIIe siècle d'un suicide maquillé en assassinat par la famille, laquelle "persuade le curé de Saint-Sulpice-de-Vallains de procéder à l'inhumation comme s'il s'agissait d'un accident, ou plutôt d'un assassinat." Dans ce cas précis, l'enquête a révélé "que les parents, ayant trouvé le corps [de Jean-François Battais] à la maison, l'ont frappé à coups de levier et de bâton pour faire croire à un meurtre, puis sont allés le rependre dans les bois"... Georges Minois n'indique pas ce qu'il est advenu de la famille et du curé complice...

À partir du XVIe siècle, les humanistes se mettent à réfléchir sur l'héritage des Anciens qui leur offre une tout autre image de la mort volontaire (Lucrèce, Caton d'Utique, Sénèque...). Parallèlement, face à la répression judiciaire et religieuse, la communauté rurale commence à s'opposer au fait que ces actes publics jettent l'opprobre sur des familles entières par la faute d'un des leurs et que la confiscation des biens réduise les héritiers innocents à la pauvreté. Les progrès de l'individualisme à partir de la Renaissance contribuent à personnaliser les responsabilités morales et à rejeter les châtiments collectifs. Cependant, pour les catholiques comme pour les luthériens, les calvinistes et les anglicans, le suicide reste un acte diabolique et le pire de tous les péchés. Mais ce sujet est de plus en plus abordé à travers la littérature, le théâtre, la philosophie, l'histoire et l'art... jusqu'au fameux "Être ou ne pas être" d'Hamlet en 1600.

Au XVIIe siècle, en pleine réforme religieuse, protestantisme et réforme catholique mènent en fait le même combat, celui d'une reprise en main de la culture, destinée à redonner des fondements stables aux sociétés européennes ébranlées par les doutes, les expériences et les hypothèses de la Renaissance. Face à cette fermeté, l'attitude des juristes est plus souple, car beaucoup plus sensibles à l'évolution des sciences, de la philosophie et des moeurs. Même si le principe de condamnation du meurtre de soi-même est maintenu, les juristes tendent à exclure de toute sanction pénale les cas de suicide dus à une affection psycho-physiologique et abandonnent l'explication diabolique. Georges Minois donne un exemple flagrant qui s'est déroulé en 1664, rapporté par le jurisconsulte Desmaisons :
"Une paysanne des terres du chapitre d'Auxerre se suicide ; sa famille fait croire à l'accident et obtient du juge la permission d'inhumer dans un coin du cimetière. Les chanoines, soupçonnant l'irrégularité, portent l'affaire devant l'official de la justice épiscopale, « pour avoir lieu de s'emparer du bien de cette femme au préjudice de six enfants mineurs qu'elle laissait », explique Desmaisons. L'official déclare le cimetière pollué et lance la procédure de condamnation. Le chapitre proclame pour sa part qu'il compatit à la misère des enfants, mais qu'un suicide est un suicide et ne doit jamais être toléré. La famille fait appel devant le Parlement, qui lui donne raison."
Cependant, jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, l'attitude répressive domine, qui entretient la peur du suicide dans les campagnes. Mais ce phénomène est différemment appréhendé à partir de la seconde moitié du siècle : les formulations judiciaires – telles que le "meurtre de soi-même" – s'estompent alors pour faire place au néologisme "suicide", venu d'Angleterre.
La répression – quand elle a lieu – connaît un recul à partir de la seconde moitié du siècle. Dominique Godineau (voir bibliographie) insiste sur la "décorporalisation" de la peine : le corps des suicidés n'est plus supplicié dans la rue, la confiscation des biens est réduite au strict minimum et l'essentiel du châtiment se focalise sur la damnation mémorielle.
Cette évolution trouve un premier achèvement sous la Révolution lorsque le suicide est dépénalisé de façon "silencieuse". C'est par l'adoption du Code pénal (1791), supprimant l'Ordonnance criminelle, que le suicide n'est plus considéré comme un crime. Et le Directoire réaffirme dans le Code des délits et des peines (1795) que la mort éteint toute poursuite.

Les protagonistes et la date

Cet acte de 1617 indique deux noms : "monsieur Lois Moret" et J. Tourrauld.

Monsieur Lois Moret
Initialement, ma première hypothèse se basait sur cette transcription : "monsieur Teslu", avec des variantes possibles : Teslu ? Testu ? Leslu ? Lestu ? J'avais alors commencé à parcourir les registres antérieurs et postérieurs à l'événement de cette paroisse et je n'avais trouvé que la mention de personnes s'appelant Testu, parfois écrit avec des variantes comme cela était souvent le cas alors. Aucune trace de Teslu, Leslu ou Lestu.
Suite au message de Gérard Panisset, il est fort probable qu'il s'agisse en réalité de "monsieur Lois Moret". Le prénom Loïs est dérivé du prénom Louis. Loïs est donc apparenté à l'illustre prénom royal, mais ce prénom ne semble se répandre qu'à partir du XVe siècle. Je n'en sais pour l'instant pas davantage sur cet homme.

Deuxième interrogation : pourquoi l'appeler "monsieur" alors que les actes citent habituellement le prénom et le nom de la personne considérée ? Mystère !

J. Tourrauld
Si l'on suit scrupuleusement le code, on obtient la signature DLUARRUOT J. Quel nom ! Mais si l'on regarde les autres actes du registre pour l'année 1617, on remarque que la plupart des actes étaient signés "Tourrauld" ou "Tourraud" comme le montre cette photo :
Signature "Tourrauld" ou "Tourraud"
(© Archives Départementales de l'Allier).
Ainsi, l'homme qui a écrit cet acte crypté a signé en codant son nom à l'envers, preuve qu'il prenait certainement de gros risques pour agir ainsi.
Qui était ce J. Tourrauld qui signait la plupart des actes mais pas tous ? Il ne pouvait pas être le curé de la paroisse Sainte-Croix, puisqu'il s'appelait Étienne Ronchaud.
Liste des curés de Gannat
Liste des curés de Gannat (© segalou, Geneanet).

En faisant quelques recherches plus approfondies, j'ai fini par trouver notre J. Tourrauld mentionné dans deux ouvrages et à plusieurs reprises :
Ces deux ouvrages peuvent être téléchargés gratuitement, le premier sur Gallica, le second sur Google Livres. Ils relatent tous deux une procession qui a eu lieu le 2 mai 1621 de l'église Sainte-Croix à la chapelle de Sainte-Procule et à laquelle participèrent toutes les personnalités religieuses de la ville et même de la région, dont notre J. Tourrauld !
Son nom n'est pas toujours orthographié de la même manière, et ceci au sein même de l'ouvrage, mais cette pratique était courante à l'époque : Jean Tourreaud, Jean Touraud, Jean Tourraud... L'homme qui a codé l'acte était donc un prêtre de la paroisse Sainte-Croix de Gannat !
Livre Histoire de sainte Procule et de son culte
Page 210 de Histoire de sainte Procule et de son culte.
Livre Tablettes historiques de l'Auvergne
Page 174 de Tablettes historiques de l'Auvergne.

La date
Autre zone d'ombre, le mois du décès et de la sépulture. La transcription de l'acte n'est pas très claire pour moi ; je m'interroge notamment sur la présence de ce "sept" après la mention 1617. L'emplacement de ce mot et la présence de points entre les mots de la première ligne, tous en relation avec la date, me donnent à penser qu'il s'agit de l'abréviation de "septembre" sauf que je n'ai jamais vu cette abréviation dans les actes et qu'habituellement on utilise plutôt l'abréviation "7bre", mais bien plus tard. Pourtant il serait étonnant que le prêtre ait omis de mentionner le mois...
@CyrilleGirard85 émet l'hypothèse selon laquelle "Jeun" = "Juin" et "sept trouve" = "s'est trouve", qui me semble plausible et à laquelle j'aurais tendance à me rallier ! Mon cousin Xavier émet la même hypothèse d'ailleurs... Mais le mystère demeure puisque l'écriture de ce même mot est ensuite différente : "J258" / "Jouy". Cependant, je me souviens avoir vu il n'y a pas très longtemps un acte ou le "n" ressemblait énormément à un "y" et, dès lors, on pourrait avoir ""Joun"... on ne serait plus très loin de "Juin".
En tout cas, l'acte est placé entre un acte du 17 janvier 1617 et un acte du 25 janvier 1617, donc aucun rapport avec les informations données par l'acte qui se situe un 11 pour le décès et un 14 pour l'enterrement. Après vérification, le registre comporte plusieurs pages où l'acte aurait pu tout aussi bien être inscrit, mais le prêtre l'a volontairement noté là. Pourquoi ? Le fait de placer cet acte ainsi en tout début d'année lui a peut-être permis de le dissimuler davantage puisque l'année s'était déjà bien écoulée (si l'hypothèse de "juin" tient la route...).


Conclusion

Au début du XVIIe siècle, le suicide était encore considéré comme un acte abominable et les conséquences sur le suicidé et sa famille étaient considérables. Aussi, en 1617, le prêtre Jean Tourraud a-t-il pris tous les risques pour épargner ce monsieur Lois Moret et sa famille. En codant cet acte, en le plaçant dans un autre registre que celui prévu et à une autre date, ce prêtre plein de courage et d'humanité a permis à monsieur Moret de recevoir une sépulture chrétienne et a évité à sa famille l'opprobre et la misère.

Je ne suis ni historienne ni généalogiste, mais j'ai essayé de m'appuyer le plus possible sur les faits. Cependant, cet article pourra bien entendu être remanié si des découvertes sont réalisées par la suite ou si des historiens ou des généalogistes m'apportent des précisions. Je remercie tous les twittos qui ont relayé mon tweet ou apporté des hypothèses et, en particulier, @PellePioche et @SophiePUGIN.

En tout cas, cette découverte m'a vraiment émue et me confirme s'il en était besoin que la généalogie réserve souvent de sacrées surprises et nous permet de vraiment vivre l'histoire au plus près de nos ancêtres...

Sources :
  • Archives Départementales de l'Allier.
  • Georges Minois, Histoire du suicide. La société occidentale face à la mort volontaire, Fayard, 1995.
  • Jean-Claude Schmitt, "Le Suicide au Moyen Âge", Annales, Économie, Sociétés, Civilisations, volume 31, numéro 1, pages 3-28, 1976.
  • Philippe Ariès, L'Homme devant la mort, Seuil, 1977.
  • Dominique Godineau, S'abréger les jours. Le suicide en France au XVIIIe siècle, Armand Colin, 2012.
  • Armelle Mestre, Suicide et société rurale. La mort volontaire au XVIIIe siècle en Eure et en Eure-et-Loir, 2013 (thèse École des Chartes).
  • Les actes insolites des registres d'état civil (site web)
  • Feuilles d'ardoise (blog généalogique) : "X comme CODE SECRET ou les baptêmes codés des enfants illégitimes"

Eglise Sainte-Croix de Gannat
Église Sainte-Croix en 1915, Gannat (©depoissy, Geneanet).

samedi 1 octobre 2016

L'ermite du Paradis

L'ermite du Paradis
Auteur : Jean Guilaine

Texte de présentation

À sa mort, parvenu au Paradis, un archéologue se trouve face à face avec Ato, un homme ayant vécu vers 2500/2400 avant notre ère. Un dialogue amical se noue. L'archéologue s'imagine que son nouveau compagnon a mené une vie misérable. Il a tout faux ! Ato lui narre alors les mille et une péripéties de son existence aventureuse. À la demande d'un chef ibérique, il a erré aux quatre coins de la Méditerranée à la recherche – sans cesse compromise – d'ivoire oriental. Devenant ainsi malgré lui le chroniqueur émouvant des civilisations fort diverses auxquelles son destin l'a confronté...
L'odyssée de cet Ulysse préhistorique sera riche en rebondissements. Un récit captivant !

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : Totem
Date de parution : octobre 2016
Couverture : brochée
Format : 13 cm x 20 cm
Pagination : 316 pages
ISBN : 978-2-9557-3483-4

Mycènes. Tome 2 : Sous le glaive dorien

 Sous le glaive dorien
Auteur : Jean Léo

Texte de présentation

Avec ce deuxième tome de la saga des Atrides, Jean Léo fait revivre la fabuleuse civilisation mycénienne.
Citadelle de Mycènes 1200 ans avant notre ère : la menace se précise ; pour la troisième fois les redoutables guerriers doriens tentent de conquérir les forteresses achéennes. La guerre fait rage. De retour de la guerre de Troie les princes achéens sont confrontés à des usurpateurs. Affaiblis par la guerre en Asie, ils voient fondre sur eux la menace dorienne, plus prégnante que jamais. La civilisation mycénienne, puissante et raffinée, se voit menacée de disparaître. Les princes achéens divisés et rivaux pourront-ils empêcher ce désastre ?
Jean Léo, dans ce beau roman historique redonne vie aux scènes de guerre et de chasse de cette époque oubliée, aux coutumes et aux mœurs, à l'organisation de la vie palatiale, aux mythes qui ont fondé notre civilisation.

Caractéristiques techniques

Livre papier

Éditeur : Hugues de Queyssac
Date de parution : octobre 2016
Couverture : brochée
Format : 15,1 cm x 23 cm
Pagination : 392 pages
ISBN : 978-2-3687-4115-3